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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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     Rose des vents/Prendre le large/

10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 23:04

   À l'occasion des vases communicants du mois de juin, Isabelle et moi nous étions spontanément répondu à chaque texte écrit par l'une ou l'autre sur le thème choisi, et, de fil en aiguille, avons découvert à la fin de cet échange que nous avions créé ensemble un texte homogène à quatre mains.


   Isabelle m'a proposé il y a quelques semaines de renouveler cette expérience d'écriture-correspondance sur le thème de l'été, de nos étés passés et des images qu'ils faisaient surgir en nous. J'ai accepté, comme la première fois, avec enthousiasme.

      

     Nous avons décidé de mettre en ligne un à un, sur une période de 19 jours, les 19 textes écrits, dans l'ordre de leur écriture.

 

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       La pluie tombe, elle ne cesse de tomber, c'est un été si froid, si pluvieux qu'il ne serait que l'ennui étiré interminablement s'il n'y avait la possibilité de tendre la main vers les livres, et d'en ouvrir un autre à peine en a-t-on terminé un. Ce temps dure depuis des jours. Il n'y a rien d'autre à faire que de prendre une couverture, et d'étirer la sieste de l'après-midi, celle à laquelle on m'obligeait il y a quelques années quand il faisait trop chaud, de l'étirer volontairement avec un thé, en allant le plus près possible des frontières du soir. Je n'ai pas quinze ans et je découvre, sans aucun recul, sans aucune distance sentimentale, sans aucune ironie, Les Souffrances du Jeune Werther. Évidemment, une fois qu'on est devenu adulte, il devient de bon ton de raconter cela avec une distance ironique, mais à ce moment-là, je n'en ai aucune. Le livre me frappe de plein fouet, et je le relis plusieurs fois de suite sans qu'il s'émousse. Il efface l'étirement du temps quelques jours, pendant quelques jours, je ne pense à rien d'autre, n'ai qu'une hâte, le retrouver, j'ai l'impression de commencer à comprendre l'âme humaine. Lorsque j'en dis quelques mots, on me répond d'une phrase qui m'ouvre  la profondeur du temps :

       — Tu verras, ce sera un plaisir différent de le relire des années plus tard, beaucoup plus tard.

 

       Évidemment je ne pouvais pas comprendre, seulement conserver cette phrase en moi, et tenter de revenir au livre dans un soir qui n'est pas encore arrivé. J'ai essayé de le reprendre il y a quelques années, et il ne me disait plus rien. J'avais cru être assez tard mais non, rien, question de temps, je le sais bien. Si les années continuent de passer, je sais qu'il m'attend, plus loin, beaucoup plus loin, et que le relire me donnera la réponse à cette phrase, dans un autre été. 

 

 

Eté(s)

 

 


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Published by Le vent qui souffle - dans été(s)
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