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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 23:04

      15. Eté(s)

 à quatre mains avec Isabelle 

 


       La fête de la ville qui clôturait l'été se faisait annoncer par un souffle de gaieté et différentes métamorphoses qui bousculaient agréablement nos habitudes. Les signes avant-coureurs observés à l'occasion d'une course ou d'une promenade signifiaient pour moi la fin du camp de vacances, et le retour du cycle scolaire qui en était la contrepartie ne pouvait pas gâcher (au contraire, puisque l'école me procurait des plaisirs interdits pendant l'été) la joie débordante que j'éprouvais de voir enfin mon supplice quotidien arriver à son terme.

 

     Après la cérémonie qui avait lieu devant l'Hôtel de ville, au cours de laquelle tous les enfants qui avaient passé l’été dans les camps de vacances recevaient un pull-over en récompense de leur assiduité, je me sentais enfin délivrée et libre comme l'air. Les préparatifs de la fête s'accordaient à mon état d'esprit et je ne ratais pas une occasion de me rendre en ville pour m'imprégner de l'atmosphère joyeusement fébrile. Des affiches annonçaient le programme, les commerçants décoraient leur devanture et distribuaient parfois des bons d'entrée à différentes manifestations, les ouvriers de la mairie installaient les chapiteaux et des guirlandes de lumières, les forains arrivaient et commençaient à s'installer. Les festivités proprement dites débuteraient le vendredi soir et dureraient jusqu'au lundi après-midi. La fête foraine que nous appelions ducasse s'étalerait sur une quinzaine de jours.

 

     La fin de l'été était réellement pour moi l'une des plus belles périodes de l'année. Fidèle à mon tempérament, j'observais et je ressentais plutôt que je ne participais. J'aimais voir mon père sourire et même rire en apercevant les grosses têtes pendant le défilé des chars et des formations musicales. On se demandait qui pouvait être caché sous l'énorme visage de carton-pâte qui nous interpellait avec familiarité comme un vieil ami moqueur en nous jetant des confettis à la figure. Ah, les confettis! Comme j'aurais aimé en avoir à ma disposition à foison et pouvoir les jeter moi aussi à profusion, sans les économiser, pour riposter à mes agresseurs joyeux et pacifiques!

 

     Mais tout était toujours trop cher pour mes parents, même les paquets de confettis vendus sur les stands de la fête. Heureusement, tout le reste, à part les consommations dans les cafés et les tours de manège, était gratuit. Nous pouvions flâner autant que nous voulions le soir, après le défilé, au contact de la foule très dense qui s'adonnait à une gigantesque bataille de confettis pendant presque toute la nuit, et peu importait de ne pas en avoir soi-même, les confettis pleuvaient de toutes façons de tous les côtés. La foule était bon enfant et par la suite, je n'ai pas immédiatement compris pourquoi ou en quoi elle pouvait être détestable. J'aimais l'impression d'être insérée dans ce grand corps chaleureux en ressentant la présence des autres serrés contre moi...

 

 

Eté(s)

 

 


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Published by Le vent qui souffle - dans été(s)
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