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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 23:04

   À l'occasion des vases communicants du mois de juin, Isabelle et moi nous étions spontanément répondu à chaque texte écrit par l'une ou l'autre sur le thème choisi, et, de fil en aiguille, avons découvert à la fin de cet échange que nous avions créé ensemble un texte homogène à quatre mains.


   Isabelle m'a proposé il y a quelques semaines de renouveler cette expérience d'écriture-correspondance sur le thème de l'été, de nos étés passés et des images qu'ils faisaient surgir en nous. J'ai accepté, comme la première fois, avec enthousiasme.

      

     Nous avons décidé de mettre en ligne un à un, sur une période de 19 jours, les 19 textes écrits, dans l'ordre de leur écriture.

 

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       L'année de mes treize ans, je fus enfin dispensée de camp de vacances, et c'est avec un sentiment de liberté inouïe que j'entamai le trésor de ces longues journées ensoleillées qui allaient s'écouler, au moins au début de l'été, en me donnant le sentiment qu'elles seraient éternelles... Je me rendais chaque après-midi chez une amie qui habitait dans un bourg voisin, à environ cinq ou six kilomètres de chez moi. Je partais à pied et souvent son père m'évitait la fin du parcours en venant à ma rencontre en voiture. Je goûtais de tout mon être cette liberté nouvelle. Je respirais l'air goulûment à chaque fois que je refermais la porte de la maison pour m'élancer vers l'après-midi de rêve qui m'attendait chez mon amie. Je redécouvrais un itinéraire que je n'avais plus l'habitude de suivre et qui me ramenait en m'enchantant vers les contrées où j'avais vécu pendant ma prime enfance, comme ce Proust dont j'avais déjà étudié un ou deux textes en classe de cinquième et qui oscillait d'un côté ou de l'autre de sa vie au gré de ses promenades... Je me sentais enfin en phase avec le monde et capable d'admirer le moindre rayon du soleil, la plus petite fleur des champs. Chez mon amie, je découvrais l'aisance d'une grande maison lumineuse et accueillante, des jeux en grand nombre qui m'avaient parfois fait envie dans les vitrines des magasins, et le Tour de France à la télévision. Je me suis passionnée pour les héros de la grande boucle, et, curieusement, je m'aperçois que les strates de ma mémoire s'interpénètrent, car je m'étais allée à penser, avant d'avoir le réflexe méthodique de vérifier, que notre enthousiasme avait été endeuillé, cet été-là, par la mort de Tom Simpson... L'après-midi se poursuivait par un goûter joyeux mais bientôt, je pensais au chemin du retour. En marchant vite, il me fallait plus d'une heure pour rentrer chez moi. Mon amie essayait de me retenir. Un soir, alors que nous nous étions laissé absorber par nos jeux et que le temps s'était dangereusement écoulé au risque de provoquer les foudres de mon père, elle m'avait proposé de me prêter son vélo. Je n'en possédais pas mais je savais me tenir sur une selle. Elle me suivit en courant sur la petite route de campagne qui descendait vers la nationale que je devais emprunter. La pente accélérait la vitesse du vélo. Sans doute grisée ou par manque d'habitude, je n'ai pas freiné à temps. Le vélo a dérapé sur des gravillons. Je me suis relevée avec le poignet gauche cassé...

 

 

Eté(s)

 

 


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Published by Le vent qui souffle - dans été(s)
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