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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 23:04

    À l'occasion des vases communicants du mois de juin, Isabelle et moi nous étions spontanément répondu à chaque texte écrit par l'une ou l'autre sur le thème choisi, et, de fil en aiguille, avons découvert à la fin de cet échange que nous avions créé ensemble un texte homogène à quatre mains.


   Isabelle m'a proposé il y a quelques semaines de renouveler cette expérience d'écriture-correspondance sur le thème de l'été, de nos étés passés et des images qu'ils faisaient surgir en nous. J'ai accepté, comme la première fois, avec enthousiasme.

      

     Nous avons décidé de mettre en ligne un à un, sur une période de 19 jours, les 19 textes écrits, dans l'ordre de leur écriture.


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Ô mortels après-midi où je me sentais annihilée par l'ennui ! Appréhension de l'été revenant et de la réitération de ces plages de temps désertiques qui extirpaient de moi toute joie possible… Chaque année, les grandes vacances me ramenaient cruellement au camp de vacances *. Je ne pouvais pas y échapper. Du moins m'en étais-je convaincue après avoir essayé vainement de communiquer aux adultes mon désarroi proche de l'angoisse, à l'idée de me laisser enfermer dans cette sorte de prison. Chaque jour, je devais me rendre sur le lieu de rassemblement des enfants du quartier pour y passer l'après-midi, pendant que nos parents travaillaient. De hauts murs entouraient la cour où des gamins piaillaient. Je me tenais à l'écart, sur le seuil de l'une des portes fermées qui donnaient sur l'intérieur d'un bâtiment, rencognée dans mes pensées pendant des heures interminables. Je levais le nez vers le ciel et ses lignes de fuite, et mes rêveries tâchaient d'occuper le temps. D'une certaine façon, même ainsi, apparemment inactive, j'apprenais la vie. Je faisais l'expérience de l'isolement au milieu de la foule. J'observais mes semblables, agités et querelleurs. Je ne cherchais pas à les rejoindre car il aurait fallu que je me batte. J'aurais pourtant aimé, moi aussi, me laisser griser par l'envolée des balançoires que les enfants se disputaient ! J'éprouvais les mêmes désirs, je ne différais, semblait-t-il, que sur ce point essentiel, le refus de me battre (ce trait de ma personnalité m'a valu bien des déboires, non seulement l'été quand j'étais enfant, mais aussi dans ma vie d'adulte et en toutes saisons…). Je sortais de mon marasme pour le goûter car la municipalité nous offrait une brioche, du chocolat et de la bière. Ce moment de réconfort annonçait la fin toute proche, au moins pour ce jour-là, de mon supplice quotidien. La lourde porte qui séparait de la rue la cour du camp de vacances allait bientôt s'ouvrir toute grande et je m’empresserais de la franchir avec un début de joie renaissante et tremblante...


 

*les centres aérés ou de loisirs en sont l'équivalent actuel.

 


Eté(s)

 

 

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Published by Le vent qui souffle - dans été(s)
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