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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 11:15

   À l'occasion des vases communicants du mois de juin, Isabelle et moi nous étions spontanément répondu à chaque texte écrit par l'une ou l'autre sur le thème choisi, et, de fil en aiguille, avons découvert à la fin de cet échange que nous avions créé ensemble un texte homogène à quatre mains.


   Isabelle m'a proposé il y a quelques semaines de renouveler cette expérience d'écriture-correspondance sur le thème de l'été, de nos étés passés et des images qu'ils faisaient surgir en nous. J'ai accepté, comme la première fois, avec enthousiasme.

      

     Nous avons décidé de mettre en ligne un à un, sur une période de 19 jours, les 19 textes écrits, dans l'ordre de leur écriture.

 

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       Une pièce de la maison était presque condamnée, au rez-de-chaussée, et plongée dans la pénombre ce qui avait pour effet, au bas de l'escalier, d'ouvrir, pour ceux qui, comme moi, devaient s'abstenir d'y entrer et surtout de faire du bruit en passant, un gouffre noir et immobile. La double consigne m'avait été signifiée assez doucement, et j'avais mal compris qu'on me précise de ne pas y entrer, tant l'odeur de médicament et de désinfectant qui s'en échappait suffisait à me l'interdire. De rares personnes y entraient. Et il n'en sortait aucun bruit, à part, de temps à autre, des gémissements que des décennies après j'entendrai chaque fois que je repenserai à cet été.


       Cela dura un certain temps. On fit livrer un autre matelas pour celle qui reposait dans la pénombre. Cet été-là, le téléphone sonnait peu. Et je disposais d'une liberté presque sans limites, qui m'étonnait mais à laquelle je trouvais des emplois inattendus et inespérés, à condition que je ne fasse pas de bruit et que je sois rentrée pour les heures des repas, que je connaissais intuitivement. On ne me posait presque pas de questions sur les endroits  où j'étais allée, et je croisais souvent la voiture bleue du médecin, que j'évitais sans savoir pourquoi, mais j'avais cru que cette information m'éclairait sur la situation à la maison, jusqu'à ce que je constate qu'il venait tous les jours, en début de soirée, sans doute après avoir fini sa journée.


       Cela dura encore. Je redoutais, plus que tout, l'odeur de médicaments qui flottait et s'échappait de cette pièce et qui me semblait être celle de la mort dont j'ignorais qu'elle se produirait ; elle finissait par se répandre dans toute la maison, et il me semblait qu'elle s'accentuait, qu'elle imprégnait mes vêtements, mes cheveux, et je partais aussi loin que possible dans le soleil de l'été, mais l'odeur imprégnait les draps du lit, les oreillers, il me semblait qu'elle venait jusque dans les rêves, et puis un jour on me proposa d'aller embrasser la femme qui gisait dans cette pièce, et, peu de temps après, tout cela cessa.


       Ce jour-là, on fit tendre devant la porte de la maison un dais noir en velours, sous lequel je n'osais pas passer. Il s'en suivit des cérémonies que je ne comprenais pas. Je ne comprenais rien à ces gestes. J'avais simplement l'impression que le gouffre noir qui s'était ouvert en bas de l'escalier était là même dans le soleil.

 

 

Eté(s)

 


 

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Published by Le vent qui souffle - dans été(s)
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