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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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Ballet d'oiseaux

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 00:04

Entre ce pneu crevé et ce tonneau rouillé, là l'entrée, et là les fenêtres. Je dessinais à grands traits. J'avais délimité un périmètre sur le sol. Dans l'espace, j'imaginais des lignes verticales. La caravane serait installée ICI, nous aurions le droit, personne ne songerait à nous déloger. Je faisais le tour du propriétaire. A l'adresse de mes interlocuteurs, je retournais les questions. Où? Pourquoi? Quand? Comment? Comment les empêcher de s'intéresser à notre emplacement?

Faire le vide pour occuper seule le terrain était mon obsession. Les autres constituaient une foule menaçante qu'il fallait que je réussisse à maintenir à distance. Avec laquelle j'étais obligée de ruser. Derrière les planches des palissades, je jouais assez bien ma partition de cache-cache. Aux curieux, je répondais que j'attendais. Toute seule? Non. J'étais accompagnée de mon clown, j'avais l'air gaie. Je n'avais pas envie de faire pitié. Je me tenais droite comme un I. J'attendais mon père, ma mère, mes frères et mes soeurs. Ma mère piquait à la machine, j'attendais sa sortie de l'atelier. Là-bas, pas très loin d'ici. Derrière un portail métallique noir, au-dessus duquel était inscrit, en lettres majuscules blanches, une sorte de titre: CONFECTION. Je l'attendais car nous ferions la route ensemble, jusqu'à la maison. Mon père rentrerait plus tard, de l'usine ou d'un spectacle. Il était homme à tout faire, homme de talent. Mon frère jouait quelque part non loin d'ici, au gendarme et au voleur. Je pouvais compter sur lui, il était de taille à me défendre. Quand j'étais prise, pour raconter mon histoire, on me demandait de dessiner une vraie maison. Celle que j'avais eue ou la nouvelle que j'aimerais. Les deux dessins se ressemblaient. Je n'oubliais pas le soleil dans un coin du ciel bleu, ni la fumée qui sortait de la cheminée les soirs d'hiver. Je montrais tout, dehors aussi bien que dedans. La rue avec les passants et la machine à coudre qui attirait la clientèle. Mes personnages riaient. L'avenir ne paraissait pas leur poser de problème.

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Published by Le vent qui souffle - dans vies parallèles ou coeurs de cibles
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