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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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         Qui étais-je vraiment? /

Ballet d'oiseaux

          au bord de la mer  

Impossible livre

      Mots

    déploiement géométrique, sonore, temporel

Les mots/"Sons" dessus dessous?/Où (hou!hou!) sont les sons?/Sur les ondes/Tout se jouait entre deux mots qui se fuyaient/Ecrits déchirés/Les mots me manquent/Mots à profusion/Fond et forme/L'art de combiner les sons/Passerelles de mots/Sous le couvert des mots /Ma voix résonne dans le désert!/C (Qu) antique/Mots creusés-creusets /Mots interdits /Mots /                       

       Motifs

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          la lettre i

     Démolition/DESPERADO/Eperdument/  

           immense

     Un océan à traverser/Plans sur la comète, rêverie géante.../  

            improvisations

     Nécessité fait loi?/ Chevauchée fantastique/  

             invisibles frontières  

     Moi et/ou moi/Acrostiche/Du trajet au destin (tragédie?)/Elle ourlait le bord des précipices.../Incertains rivages/L'usine/Couloirs du temps/  

          itinéraires

     Rose des vents/Prendre le large/

18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 00:04

     Nous répétions la même séquence des dizaines ou des centaines de fois. Combien de milliers de va-et-vient, de trajets identiques, de coutures superposées dans les cartons où les pièces achevées s'empilaient, aurions-nous la chance de pouvoir continuer encore à faire ensemble si la balance ne penchait pas du mauvais côté ? Mes parents travaillaient tous les deux dans le textile. Mon père était tisseur dans une usine, ma mère mécanicienne à domicile. Elle travaillait surtout le soir, après le repas, et parfois, trop rarement, quand elle acceptait mon aide maladroite, au lieu de me coucher, j’assistais à sa séance de couture. Pour voir clair, elle allumait une petite lampe fixée au-dessus du pied-de-biche. Je regardais avec une certaine crainte le trou minuscule par lequel l’aiguille automatique faisait entrer et sortir le fil à toute vitesse. Mon cœur s’emballait en même temps que le moteur de la machine quand je l’entendais rugir. Ma mère était une virtuose. Je suivais avec admiration les mouvements de ses mains qui poussaient sous l’aiguille les deux parties faufilées du tissu, s’écartaient au bon moment, revenaient, faisaient faire un virage à la pièce assemblée, continuaient la trajectoire jusqu’à la jonction finale, celle où j’intervenais en coupant le fil, juste après le nœud qui devait empêcher la couture de s’effilocher. Elle était payée à la pièce et plus elle en assemblait, plus elle recevait d’argent, mais, disait-elle, « les journées n’ont que vingt-quatre heures ». Aussi me semblait-il qu’elle tirait sur le temps comme sur un élastique, pour en tester sans doute le point de rupture ?…      ENFANCE

 

 

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Published by Le vent qui souffle - dans jokari
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