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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 17:08

L'homme est à nouveau assis en face de moi. Vêtu comme les autres fois d'un costume sombre de bonne coupe mais d'une élégance vieillote, il triture, signe exceptionnel de nervosité chez cet homme froid dont j'évite le regard d'acier, un chapeau de feutre posé sur ses genoux. A sa droite, sur la banquette, un livre épais aux tranches noircies que dépassent des marque-page, la couverture est cachée par un papier kraft sans étiquette. A ses pieds, une mallette de métal blanc. Rangée à l'emplacement prévu au-dessus de la banquette, je reconnais aussi sa valise de cuir marron qui porte la griffe d'une ancienne marque de maroquinerie.

Au début, je pensais que le hasard... Puis j'ai eu le sentiment qu'il me précédait dans les endroits où je me rendais comme s'il devinait mes intentions. Pour déjouer les siennes, je m'étais mise à le suivre mais aujourd'hui, dans ce train-là, dans ce compartiment-là, non...

Je suis montée sans arrière-pensée, nonchalamment, presque libérée... J'avais décidé de ne plus accorder d'importance à cet homme et de fait, j'avais cessé de le rencontrer depuis plusieurs semaines. Or, une fois de plus, là, devant moi, avec ce regard perçant que je suis incapable de soutenir?...

 

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Published by Le vent qui souffle - dans séquences
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L'Oeil qui court 04/04/2012 14:54

Nous sommes seuls dans le compartiment. Le regard perçant de l’homme acquiert plus de densité dans cet espace confiné, sans témoin. Sa présence inattendue prend une profondeur étrange. Elle me
devient progressivement insoutenable.
J’ai gardé mon manteau. Je me lève. Prends mon sac à main. Me dirige vers le wagon restaurant à la recherche de société pour me protéger de ce tête à tête.
Je repère une petite table. Un homme y est installé. Je vois son dos large. Il porte un chapeau qui ne manque pas d’allure. Un charme vieillot, rassurant. Je contourne la table, m’apprête à saluer
aimablement mon vis-à-vis.
C’est l’homme. Il m’a précédé. Comment a-t-il fait ? J’ai pris le seul chemin qui mène au wagon restaurant. Dans un train, il n’y a guère le choix. Comment se déplace-t-il ? Que me veut-il ?
Je me dirige précipitamment vers le comptoir.
« Vous avez quelque chose de fort. Le garçon fait un signe de la tête vers une bouteille que je n’identifie pas. Je fais un signe affirmatif. Il me sert un petit verre. J’y trempe les lèvres. C’est
fort. Vraiment fort. J’y retourne. Tousse. Crache. Et termine le breuvage qui me brûle langue, œsophage et estomac. Je m’approche d’une autre table, cherchant toujours une compagnie qui me protège
de l’homme.
J’y suis à peine assise qu’il s’installe en face de moi.
« Monsieur, vous m’importunez vivement. »
Je me retourne, cherche du regard la place qu’il occupait auparavant. Le dos large au chapeau de charme y est installé.

Le vent qui souffle 08/04/2012 16:19



Démultiplication de l'angoisse et de l'étrangeté...