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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 23:04

*Roman, Alice Ferney, éditions Actes Sud, 1997

 

Et maintenant, elles se tiennent debout face aux policiers, le ventre en avant, cambrées, comme s'il y avait en elles quelque chose de flamboyant et de victorieux, quelque chose de fatal et d'irrémédiable, contre quoi ils ne peuvent rien avec leurs lois, leur mépris, leurs poursuites et leurs procédures. Au milieu des uniformes raides et propres, leurs jupes, que l'arrondi du ventre fait remonter par devant, semblent des chiffons usagés que la poussière aurait blanchis. Enveloppée dans ces couleurs passées, leur beauté farouche est un peu perdue. Les policiers sont venus procéder à l'expulsion. Il y a parmi eux une femme. Expulser des mères, cela doit lui être impossible: elle reste en retrait, à regarder ses pieds, la chose la plus neutre en ce lieu extravagant. Les hommes portent sur la cuisse l'étui de leur revolver, de l'autre côté la matraque, et sur le visage l'obéissance qui assure qu'ils se serviraient de tout, si tout devenait nécessaire. Ils poussent les Gitans vers les camions. Les femmes traînent et se lamentent, une plainte continue qui devient un fond sonore naturel. Ils les harcèlent pour les faire avancer. Chaque fois que l'un d'eux touche l'une d'elles, elle se dégage avec un de ces gestes outragés qu'elles ont, parce que rien ne leur appartient que l'orgueil de ne pas mêler leur coeur aux autres. Parfois, l'une ou l'autre pousse un cri immense qui arrête la marche, un sursaut de colère contre les actions viles, contre celle qu'ils sont occupés à mener, au nom de la ville qui n'a jamais connu les Gitans. Les enfants sont dans les jupes et les ventres. De temps à autre, elles passent une main sur leurs cheveux. Lorsqu'un policier vient à sourire à un enfant (ce qui se produit plusieurs fois), la mère écarte aussitôt l'enfant de ce regard, le tire plus près d'elle. Et alors ce qu'elle pense est clair pour tout le monde... 

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Published by Le vent qui souffle - dans droits humains
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