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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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         Qui étais-je vraiment? /

Ballet d'oiseaux

          au bord de la mer  

Impossible livre

      Mots

    déploiement géométrique, sonore, temporel

Les mots/"Sons" dessus dessous?/Où (hou!hou!) sont les sons?/Sur les ondes/Tout se jouait entre deux mots qui se fuyaient/Ecrits déchirés/Les mots me manquent/Mots à profusion/Fond et forme/L'art de combiner les sons/Passerelles de mots/Sous le couvert des mots /Ma voix résonne dans le désert!/C (Qu) antique/Mots creusés-creusets /Mots interdits /Mots /                       

       Motifs

     Leitmotiv/    

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     Point de rencontre /Aboli bibelot /Portrait/  

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     Images découpées/La dernière image de lui/ Autoportrait /  

          la lettre i

     Démolition/DESPERADO/Eperdument/  

           immense

     Un océan à traverser/Plans sur la comète, rêverie géante.../  

            improvisations

     Nécessité fait loi?/ Chevauchée fantastique/  

             invisibles frontières  

     Moi et/ou moi/Acrostiche/Du trajet au destin (tragédie?)/Elle ourlait le bord des précipices.../Incertains rivages/L'usine/Couloirs du temps/  

          itinéraires

     Rose des vents/Prendre le large/

4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 00:04

Peut-être avait-elle inventé tout cela, la chaise s'était cassée par accident, le carreau de la porte vitrée également en vertu de la loi des séries, Monique avait eu envie de changer le cadre au-dessus du bahut mais l'autre n'était pas encore prêt et son compagnon n'était pas à l'origine des dégradations sur les murs mais c'étaient les enfants avec leurs autos tamponneuses ou leurs fléchettes, de même qu'ils avaient mis en pièces le beau vase en cristal et l'assiette en porcelaine et leur mère avait protégé de leurs maladresses les autres objets fragiles en les rangeant sous clé tout au fond d'une armoire; les vociférations entendues quelquefois dans l'appartement contigu n'étaient que l'expression forte d'une exaspération passagère, l'explosion d'une colère banale, la manifestation incontrôlée d'une fatigue compréhensible, la vie somme toute avec ses changements d'humeurs et sa palette plus ou moins nuancée, plus ou moins vive, plus ou moins éclatante et tonitruante de sentiments qu'elle suscite, un ton plus haut chez certains, un ton plus bas chez les autres...

 

Erreurs d'interprétation, de décryptage, jeux trompeurs de l'identification, les sensations qu'elle avait attribuées à la petite fille avaient surgi de l'écartement de la porte comme d'une faille creusée dans son propre coeur; le ruissellement des eaux de sa mémoire s'acharnait sans relâche sur la réalité comme la pluie depuis tout à l'heure sur la verrière et ses souvenirs eux-mêmes étaient faussés, fissurés, ravinés et remodelés par sa solitude présente sur ce banc au lourd passé, la verrière qui bruissait sous les gouttes n'était qu'une protection illusoire qui déformait à la fois le ciel et la terre, le rêve et la réalité, l'espoir et son absence, ce miroir déformant se glissait partout depuis presque toujours entre la vérité de sa vie et les représentations qu'elle s'en fabriquait; elle jouait sur un plateau désert, son texte disait l'absence mais le dépouillement éclairait par défaut une multitude de personnages mi-réels, mi-fictifs, morts ou vivants, qui finissaient par encombrer la scène de leurs intrigues si entremêlées, si enchevêtrées, que l'unique comédienne, actrice solitaire et solaire, paraissait ne jamais devoir finir de reconstruire, de recomposer, de reconstituer la totalité des pièces du puzzle qui dansaient la sarabande autour de sa personne dans un désordre, une confusion indescriptible...

 

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Published by Le vent qui souffle - dans l'avenir improbable
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