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  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 00:04

Du pain sur la planche pour les chercheurs

LE MONDE ECONOMIE | 26.11.2012 à 10h44• Mis à jour le 26.11.2012 à 14h59Par Philippe Askenazy, directeur de recherche au CNRS, Ecole d'économie de Paris

 

 

L'élection de François Hollande n'était pas de bon augure pour les chercheurs en sciences sociales : les menaces sur les niches fiscales accompagnées d'une grande réforme pour simplifier et rendre équitable l'impôt, une relance des politiques sociales et l'amélioration des services publics risquaient bien de leur retirer des sujets de recherche.

 

Leur soulagement est donc à la hauteur de ces craintes : rien de tout cela n'a été fait, ils peuvent donc continuer leur travail.

 

Les premiers rassurés ont été les juristes ou les économistes spécialistes de l'impôt, dès la loi de finances rectificative 2012 votée cet été. Les anciennes niches fiscales peuvent bien être renommées, repeintes ou redimensionnées, la plupart demeurent. Plus stimulant encore : de nouvelles apparaissent, et l'opacité de l'impôt progresse.

 

Le pacte de compétitivité est aussi une aubaine inespérée, et pas seulement pour les entreprises. Il va être en effet passionnant d'étudier les diverses stratégies d'optimisation des entreprises, le rôle de lobbies pour obtenir telle ou telle exemption sur la hausse de la TVA, etc. Dans ce domaine, le meilleur est encore à venir avec l'extension du crédit d'impôt recherche à l'innovation, une notion totalement floue. Sans compter les usines à gaz de la fiscalité écologique qui se profilent !

 

CAVALERIE BUDGÉTAIRE ÉLECTORALISTE

 

L'annonce d'une renégociation du traité "Merkozy" et d'une stratégie de croissance pour l'Europe ouvrait la perspective d'une fin de l'austérité et, potentiellement, du retour d'une certaine prospérité macroéconomique en Europe ; l'année 2013, où une cavalerie budgétaire électoraliste pointait son nez en Allemagne, offrait une possible voie de rééquilibrage de l'Europe.

 

Le "pire", pour certains chercheurs, se profilait avec une probable grande coalition (SPD-CDU) nécessairement plus conciliante vis-à-vis des anciennes cigales européennes. Les travaux des micro-économistes affairés à traquer les micro - et parfois les nano - dysfonctionnements des marchés pour en tirer d'audacieuses prescriptions "structurelles" auraient tout à coup eu moins d'utilité sociale.

 

Mais, miracle, le traité a été ratifié. Mieux, alors que rien ne l'y oblige, le gouvernement français s'est fixé l'objectif de 3 % de déficit en 2013 pour bien coordonner les politiques récessives en Europe et justifier les fameuses "réformes structurelles".

 

Les pauvres spécialistes de la pauvreté avaient aussi tremblé, et ce jusqu'à la fin septembre : l'impôt devenait plus progressif ; on augmentait les allocations de rentrée scolaire ; on donnait un mini-coup de pouce sur le smic. Ouf !

 

Avec la hausse de la TVA et la multiplication des taxes comportementales (alimentaire, environnementale) - on veut du bien aux pauvres en taxant leur consommation, n'est-ce pas ? - tout ne devrait pas s'arranger pour eux avant la fin du quinquennat.

 

PLUS FORTE PROPORTION D'ENFANTS DE MOINS DE 16 ANS

 

Imaginez le drame "scientifique" si le gouvernement avait choisi un autre usage des 20 milliards d'euros qui iront aux entreprises ! Par exemple, selon l'Unicef, la France est l'un des pays d'Europe de l'Ouest ayant la plus forte proportion d'enfants de moins de 16 ans (plus de 10 %) souffrant de privations du fait des trop faibles ressources du ou des parents.

 

Il s'agit ici de l'absence de trois repas par jour, dont au moins un avec de la viande ou du poisson (ou son équivalent végétarien), d'au moins un jouet par enfant dans le foyer, d'au moins deux paires de chaussures à la bonne taille, et d'un lieu pour faire ses devoirs.... Cette proportion passe à 46 % dans les familles où aucun adulte n'a d'emploi, plaçant ainsi la "France de l'assistanat" entre la Slovénie et la Pologne.

 

Il suffirait pourtant de 5 milliards d'euros pour mettre l'Hexagone au niveau du Royaume-Uni - soit 5,5 % d'enfants subissant des privations en 2009 (un chiffre probablement en hausse aujourd'hui du fait de la récession et de la politique de la coalition conservatrice-libérale au pouvoir).

 

Dans la fonction publique, l'enterrement de la Révision générale des politiques publiques, ou encore le recrutement de 60 000 agents dans l'éducation nationale aurait pu amener une amélioration des conditions de travail, ou du moins stopper leur dégradation. Au grand dam des chercheurs concernés par ces maux.

 

Mais entre l'austérité et le pacte de compétitivité, trouver 10 milliards d'euros et encore 10 milliards supplémentaires d'économie dans les services de l'Etat ne pourra que relancer le processus : la marche est trop grande pour que seules des coupes intelligentes soient pratiquées dans les dépenses. Deux des principaux risques psychosociaux des agents publics - l'absence de moyens pour assurer un service suffisant et équitable, l'absence d'une reconnaissance salariale minimale - vont donc fleurir à nouveau.

 

Une kyrielle de disciplines sont gagnantes : psychologie, ergonomie, économie, sociologie du travail, gestion des organisations... Le jackpot, je vous dis.

 

Philippe Askenazy, directeur de recherche au CNRS, Ecole d'économie de Paris

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Published by Le vent qui souffle - dans crise
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