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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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         Qui étais-je vraiment? /

Ballet d'oiseaux

          au bord de la mer  

Impossible livre

      Mots

    déploiement géométrique, sonore, temporel

Les mots/"Sons" dessus dessous?/Où (hou!hou!) sont les sons?/Sur les ondes/Tout se jouait entre deux mots qui se fuyaient/Ecrits déchirés/Les mots me manquent/Mots à profusion/Fond et forme/L'art de combiner les sons/Passerelles de mots/Sous le couvert des mots /Ma voix résonne dans le désert!/C (Qu) antique/Mots creusés-creusets /Mots interdits /Mots /                       

       Motifs

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          la lettre i

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           immense

     Un océan à traverser/Plans sur la comète, rêverie géante.../  

            improvisations

     Nécessité fait loi?/ Chevauchée fantastique/  

             invisibles frontières  

     Moi et/ou moi/Acrostiche/Du trajet au destin (tragédie?)/Elle ourlait le bord des précipices.../Incertains rivages/L'usine/Couloirs du temps/  

          itinéraires

     Rose des vents/Prendre le large/

22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 23:04

Le libraire avait jeté un coup d'oeil curieux vers cette silhouette immobile, encadrée par l'armature cintrée de l'étroite fenêtre de son échoppe, figée comme une photographie qui aurait été collée contre le panneau vitré de la devanture. Elle avait alors esquissé un geste comme un pantin dont on vient de tirer une ficelle. C'était ainsi, d'une façon mécanique, qu'elle accomplissait les tâches quotidiennes, devenues rituel salvateur, ce à quoi l'on se raccroche quand la désespérance se rapproche et tend son filet noir... Le geste peut remplacer la foi, elle réussissait encore à sauver les apparences. Pour combien de temps? Le regard du libraire devenait insupportable. Il fallait partir ou entrer dans le sanctuaire. Elle était trempée, elle avait repoussé ses cheveux longs vers l'arrière en pressant le bout des mèches pour les essorer, puis s'était essuyé le visage. Enfin, machinalement, pour se mettre à l'abri sans doute, elle était entrée, faisant tintinnabuler la clochette comme les enfants de choeur qui annoncent ainsi à l'assemblée des croyants que la célébration commence... Le vieux libraire aux allures de patriarche, revêtu d'une blouse grise comme d'autres d'une aube blanche, officiait dans son temple suivant un rituel qui consistait à gravir chacune des nombreuses échelles qui divisaient en sections ses présentoirs vaguement étiquetés. Il en tirait quelque volume à la couverture passée, aux feuillets non encore découpés, qui avait attendu là depuis un temps qui ne comptait pas le moment d'être ressuscité. Déposé sur une table vernissée, il reprenait vie sous les doigts habiles du fidèle auquel il venait d'être remis. Les pages palpitaient et prenaient leur envol, découvraient leurs caractères serrés en laissant s'échapper quelque odeur de bréviaire. Chuchotements, signes d'assentiment, l'office prenait fin. Le novice ressortait en emportant avec lui la promesse de sa métamorphose...

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Published by Le vent qui souffle - dans l'avenir improbable
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