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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 23:04

 

     Au lendemain de la défaite électorale sans précédent du parti socialiste aux municipales de mars 2014, le président de la République Francois Hollande, tel le général De Gaulle à Alger, avait affirmé qu'il comprenait les Français et que, pour leur faire plaisir, il avait décidé de remplacer, au poste de premier ministre, son ami Jean-Marc Ayrault par un adversaire qui était son presque-ennemi, Manuel Valls.

 

     Les représentants du peuple de droite paraissaient assez satisfaits, tandis que l'ensemble du peuple de gauche suffoquait d'indignation. Comment? Celui qui chassait les Roms et poursuivait de sa cruauté les pestiférés, celui qui avait été classé dernier de la classe socialiste par les électeurs de la primaire à l'élection présidentielle, cet homme-là était choisi pour conduire le redressement politique de la France?

 

     Ou bien François Hollande n'avait vraiment rien compris et son affligeante surdité aurait dû lui valoir un arrêt de travail, ou bien il se moquait complètement du monde sans craindre de faire preuve de sadisme envers tous ceux à qui il avait promis le changement, ou de masochisme envers lui-même puisque sa côté de popularité, proche de zéro, risquait de descendre sous le niveau de la mer...

 

     Or, François Hollande n'était pas réellement sourd, quoique... Il n'éprouvait pas non plus assez de haine envers autrui comme envers lui-même pour être à ce point sado ou maso... Il y avait une autre explication, plus historique ou plus philosophique, qui faisait de François Hollande un descendant du Prince de Machiavel et un contempteur des Lumières... Si François Hollande aimait bien les gens, braves électeurs, braves électrices qui lui faisaient la bise sur les marchés, notamment à Tulle, il détestait le Peuple, cette entité collective qu'il n'était pas loin d'assimiler à une bête féroce.

 

     Dans une petite séquence de télévision intimiste destinée à cerner la personnalité du candidat et diffusée peu de temps avant l'élection présidentielle de mai 2012, il avait confié à son intervieweur que le Peuple était ingrat, qu'il pouvait être dangereux, impulsif, trop passionné et passionnel, bref, qu'il n'était pas rationnel.

 

     Comment, dans ces conditions, lui faire confiance, se laisser guider par ses desiderata, croire qu'il était possible de bâtir avec Lui un véritable Contrat social? Parlez, braves gens (comme dit la chanson, paroles, paroles!), moi, président, je ferai semblant de vous écouter, je vous flatterai du verbe et parfois même, sur les places, de la main et de la bise, mais je n'en penserai pas moins et je n'en ferai qu'à ma tête.

 

     Car MOI, je sais. MOI PRÉSIDENT, je saurai (contrairement à vous, peuple ignorant et inculte, mais ça je le dis in petto car devant vous je me montre patelin), je saurai qu'il faut obéir aux banquiers de Goldmann Sachs, à Mario Draghi, à tous les financiers du monde entier, aux marchands, aux puissants, aux rentiers, aux spéculateurs et aux voleurs.

 

     Car MOI, ancien bébé Delors, je ne vois pas du tout que l'Europe des marchés est devenue un grand bazar dans lequel le vote démocratique est un obstacle gênant pour la bonne (!) marche des affaires, et une jungle pour les citoyen-ne-s  privé-e-s de ressources pour vivre. Croyez-moi, votez pour moi, et tout ira bien dans le meilleur des mondes possibles! N'est-il pas vrai?

 

     Les Français élisent en guise de président un roi qui, le temps de son mandat, a tous les pouvoirs. Il ne rend de véritable compte à personne. Il est libre de se laisser conseiller par qui lui semble bon et de décider tout seul ce qu'il veut. Il serait temps que le Peuple des Lumières reprenne la main en modifiant la Constitution. N'est-il pas vrai?


 

 

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Published by Le vent qui souffle - dans politique
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Dominique Hasselmann 08/04/2014 09:04


La lettre envoyée récemment à FH par une centaine de députés PS demande que le Parlement retrouve son rôle dans la marche du pays.


On verra dès cet après-midi si le discours de politique générale de Manuel Valls montre qu'il l'a lue, lui aussi, et que la "royauté" dont vous parlez en a pris un coup dans la couronne.

Le vent qui souffle 09/04/2014 00:28


Pour que la royauté en prenne un coup, il faudrait changer la Constitution de la Ve République de façon à ce que le futur président soit élu sur la base d'un programme complètement défini à
l'avance qu'il serait obligé de décliner en actions une fois élu, et dont il devrait rendre compte lui-même devant le Parlement chaque mois et autant de fois que nécessaire... Il faut sans doute
une certaine marge de manœuvre pour les adaptations indispensables de l'action aux situations en temps réel, mais à la condition qu'elle soit bien cadrée et encadrée, avec obligation de s'expliquer
avant de prendre une décision et après l'avoir prise pour en évaluer l'impact ou les résultats. Dans ces conditions, il faut bien reconnaître qu'un Premier ministre ferait double emploi avec le
Président. Or, en France, nous venons de perdre deux ans, depuis mai 2012, précisément parce que le Président n'assume pas lui-même sa politique. Il est temps, plus que temps, de revoir l'équilibre
de nos institutions politiques.