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  • : le vent qui souffle
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  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 19:44

par Isabelle Pariente-Butterlin, aux bords des mondes, le 31 août 2012

 

Je me fabrique patiemment des images pour plus tard.

 

Pour quand ce sera trop tard. Pour quand tu ne m’appelleras plus constamment au point qu’écrire une phrase doit se faire en cachette ou à des horaires particuliers si je veux pouvoir la déployer dans mon esprit et sur la page en même temps, pour éviter les décalages qui rendent la respiration difficile et hachée quand on la lit. Il viendra un temps où tu n’interrompras plus le déploiement de mes phrases tous les jours et je ne suis pas pressée que ce temps vienne.

 

Tu as inséré ta présence dans mes jours. Je ne sais pas comment je ferai plus tard. Tu les bouscules, tu les places en équilibre instable et je ne veux surtout pas les ouvrir unidimensionnellement devant moi. Je n’aimerai pas revenir à cet écoulement régulier du temps.

 

C’est toi qui protestes sans relâche aux applications de crème solaire sur le visage et vis comme une injustice que je ne m’en mette pas. J’aime trop les froncements de ton front et de ton nez quand tu tends vers moi ton visage pour ne pas attendre tes protestations. C’est toi qui cours vers la mer trop froide pour moi et qu’il faut cette envie radicale d’être avec toi et de te protéger pour que j’affronte les degrés qu’il lui manque. C’est toi qui cours au loin vers les vagues, qui fends leur déroulement et qui éclates de rire en disparaissant sous l’eau en sorte que je ne peux pas faire autrement que te chercher dans les vagues et attendre de recevoir dans le regard les couleurs vives de ton maillot de bains que j’ai choisi à dessein évidemment. Il me reste encore quelques ruses que tu n’as pas découvertes.

 

Moi pour qui le monde est en somme assez flou et incertain, suis capable de te retrouver sur la plage ou dans la mer avec une parfaite précision. Je reconnais ta silhouette alors même que mon regard ne m’en dis pas assez. Je reconnais ton pas et la cadence de sa musique entre toutes les cadences possibles des pas. Je devine sous l’eau les mouvements qui sont les tiens. J’ai fini par développer un sens de toi très fin, et qui me sert plus que tous les autres dans la journée. Il traverse toutes mes pensées et toutes mes phrases, tous mes instants, même si je ne le manifeste pas.

 

Tu as déplacé la ligne de ma présence au monde, tu en as modifié les contours, et ce faisant, sans rien en savoir, sans le vouloir, avec une netteté parfaite du geste, tu m’as installée au plus près de moi ; moi non plus je n’en savais rien. C’est devenu une évidence joyeuse et aussi fragile qu’elle est forte.    link 

 

Isabelle Pariente-Butterlin, aux bords des mondes.



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Published by Le vent qui souffle - dans pris sur le net
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commentaires

Isabelle Pariente-Butterlin 13/09/2013 07:00


Merci, merci infiniment, chère Françoise, d'avoir relevé ce texte aux bords des mondes, et de lui offrir une place chez vous, dans votre écriture, dans votre monde. Je suis infiniment sensible à
la portée de ce geste.