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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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         Qui étais-je vraiment? /

Ballet d'oiseaux

          au bord de la mer  

Impossible livre

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Les mots/"Sons" dessus dessous?/Où (hou!hou!) sont les sons?/Sur les ondes/Tout se jouait entre deux mots qui se fuyaient/Ecrits déchirés/Les mots me manquent/Mots à profusion/Fond et forme/L'art de combiner les sons/Passerelles de mots/Sous le couvert des mots /Ma voix résonne dans le désert!/C (Qu) antique/Mots creusés-creusets /Mots interdits /Mots /                       

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          la lettre i

     Démolition/DESPERADO/Eperdument/  

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     Un océan à traverser/Plans sur la comète, rêverie géante.../  

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     Nécessité fait loi?/ Chevauchée fantastique/  

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     Moi et/ou moi/Acrostiche/Du trajet au destin (tragédie?)/Elle ourlait le bord des précipices.../Incertains rivages/L'usine/Couloirs du temps/  

          itinéraires

     Rose des vents/Prendre le large/

5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 00:04

Il y avait deux librairies-papeteries dont l'une était plus achalandée, mieux éclairée que l'autre. On achetait les fournitures d'école dans la moins chère. Mon père aimait regarder leurs vitrines, et moi aussi. Il souriait devant le personnage de Spirou dessiné en grand sur un album. Ma mère préférait s'arrêter longuement devant un magasin de tricots où elle achetait parfois des pelotes de laine. Je l'avais déjà accompagnée, et je me souvenais d'un mannequin grand comme mon frère qui nous souriait près du comptoir. L'atmosphère feutrée de cette boutique me plaisait pour la douceur que diffusaient les vêtements exposés et leur palette de couleurs insoupçonnées. Nous passions plus rapidement devant l'échoppe du cordonnier. Mon père rafistolait lui-même les semelles de nos chaussures, et pour mon entrée à la grande école, il avait cousu un cartable en utilisant une grosse machine à coudre de l'usine où il travaillait. Des rideaux métalliques étaient souvent baissés devant les vitrines, mais il était possible de voir entre leurs mailles. C'était comme un spectacle, ou une intrusion. On apercevait parfois une silhouette en activité dans l'espace pourtant fermé du magasin. La libraire vérifiait ses comptes derrière la machine à calculer de son comptoir. L'épicier déplaçait des cageots. La bouchère nettoyait les étals. De la boulangerie émanait toujours une bonne odeur de pain croustillant. Mais il fallait rentrer à la maison, et quitter cet aspect souriant de la vie. Nous reprenions le chemin austère qui nous conduisait chez nous.

 

 

 

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Published by Le vent qui souffle - dans ma gorgée de bière
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commentaires

Isabelle Pariente-Butterlin 06/11/2013 06:58


Vous avez la grâce de faire ressurgir nos souvenirs de vos phrases … 

Le vent qui souffle 06/11/2013 12:27



Mille mercis, Isabelle.


Aux bords des mondes, votre écriture confère à nos souvenirs personnels, jusqu'à l'incandescence, une dimension paradigmatique universelle.