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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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         Qui étais-je vraiment? /

Ballet d'oiseaux

          au bord de la mer  

Impossible livre

      Mots

    déploiement géométrique, sonore, temporel

Les mots/"Sons" dessus dessous?/Où (hou!hou!) sont les sons?/Sur les ondes/Tout se jouait entre deux mots qui se fuyaient/Ecrits déchirés/Les mots me manquent/Mots à profusion/Fond et forme/L'art de combiner les sons/Passerelles de mots/Sous le couvert des mots /Ma voix résonne dans le désert!/C (Qu) antique/Mots creusés-creusets /Mots interdits /Mots /                       

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          la lettre i

     Démolition/DESPERADO/Eperdument/  

           immense

     Un océan à traverser/Plans sur la comète, rêverie géante.../  

            improvisations

     Nécessité fait loi?/ Chevauchée fantastique/  

             invisibles frontières  

     Moi et/ou moi/Acrostiche/Du trajet au destin (tragédie?)/Elle ourlait le bord des précipices.../Incertains rivages/L'usine/Couloirs du temps/  

          itinéraires

     Rose des vents/Prendre le large/

21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 12:29

 

       Les grues du chantier de la démolition avaient fait dévier les familles de la bonne trajectoire. Elles avaient été dispersées dans des lieux aux noms vagues. Centre, Pension, Foyer ou Gîte. Il arrivait qu'on appelle Minima "la Gitane" ou, de façon plus anonyme, "Machine".

 

       Elle serrait souvent au fond de sa poche un carré de tissu que sa mère avait cousu pour elle au temps de la machine. L'étoffe bleue, ourlée de fil rouge, formait le fond d'une sorte de cadre. A l'intérieur, la piqueuse avait dessiné une maison. La toiture était épaisse, les murs s'enracinaient dans le sol. Tout en haut de la porte, sa mère avait brodé le prénom qui lui conférait son identité.

 

       Elle transportait d'autres trésors dans un sac en bandoulière qui suscitait la curiosité. Des adultes en faisaient l'inventaire pour tenter de recomposer son parcours. Ils remplissaient des fiches et mettaient des croix dans des cases. Leurs doigts insensibles touchaient au plus intime de sa véritable histoire. Elle entendait des déformations inouïes : "bric-à-brac" pour le fil continué de son errance, "poubelle" pour les plus beaux de ses souvenirs, les plus belles de ses espérances ! Elle était étonnée par les prouesses de leur imagination. Etonnée mais aussi inquiète car leurs constructions aberrantes avaient un pouvoir d'agencement sur sa vie. Ils retournaient son sac, qui devenait un cas. Elle trouvait que ses interlocuteurs se donnaient beaucoup de mal pour rendre son cas difficile. A la fin des fins, ils disposaient de casiers judiciaires pour les plus difficiles. Elle redoutait le moment où, rattrapée par une suite d'événements plus malencontreux les uns que les autres, elle serait placée dans un de leurs casiers !

 

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Published by Le vent qui souffle - dans Gavroche des mers
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