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  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 23:04

Le Monde.fr | 14.08.2012 à 10h39 • Mis à jour le 15.08.2012 à 10h50

Par Patrick Doutreligne, Fondation Abbé-Pierre

 

Roms: faisons preuve de courage et d'humanité 

 

Bien sûr que la question des minorités roms est à dimension européenne, bien sûr que cette population est une des plus rejetées de nos sociétés, bien sûr que certains comportements délinquants ou quémandeurs dans les transports en commun ou sur la voie publique sont irritants ou répréhensibles... Comment doivent réagir les autorités pour avancer sur des propositions dignes pour les personnes concernées, dignes de notre République et de ses valeurs, et respectueuses de notre histoire ?

 

La stigmatisation, la répression, l'opprobre publique qui ont été de mise ces dernières années avec en paroxysme le discours de grenoble de l'été 2010 ont montré, au-delà de leur igniminie, leur inefficacité. 

     

Nous devons sortir d'une spirale qui détermine aujourd'hui les attitudes : droits minorés ou bafoués (conditions de séjour, accès au travail...) pour les uns entraînant des réactions accentuées de rejet, d'exclusion ou pire de racisme pour les autres.

 

Le gène de voleur, d'assisté, du délinquant ou de l'illégalité systématique n'existe pas plus dans cette population que chez aucun être humain. Comment penser que des enfants roms seraient surdéterminés à des conditions de vie aussi misérables.

 

La France n'est-elle pas capable d'offrir une autre réponse, un autre regard, une autre ambition pour ce public ? La plupart de ces familles aspirent comme pour nous à un travail, à un toit, à une éducation pour leurs enfants.

 

Si la première injustice reste leurs conditions de vie dans leur pays, souvent la Roumanie et la Bulgarie, il nous est impossible de ne pas traiter correctement les quelques milliers de personnes qui ont osé partir et tenter de proposer à leurs enfants des perspectives plus sûres. Que l'on arrête de nous évoquer "le fameux appel d'air" que provoqueraient des solutions justes et humaines.

 

Serions-nous aussi cyniques que cette "ex" députée qui voulait remettre dans leurs "bateaux-épaves" ceux qui tentaient de débarquer sur l'île de Lampedusa pendant le printemps arabe ? Les décideurs politiques ou les responsables des différents partis se sont-ils un jour interrogés sur ce qu'auraient entrepris leurs parents ou eux-mêmes s'ils étaient nés dans une famille rom en Roumanie ou dans une famille en Libye ou aujourd'hui en Syrie ?

 

Il ne s'agit pas d'être des "grandes âmes", des "justes" ou des "Abbé Pierre". Il suffit d'un peu d'humanité, de courage personnel et-ou politique et d'examiner des propositions qui viseraient l'accueil et l'insertion au moins pour une partie d'entre eux.

 

Le droit nous y invite. Certes le ministre de l'intérieur est dans son rôle quand il dit que les décisions judiciaires doivent être appliquées. Certes le maire ou le président d'agglomération est dans son rôle lorsqu'il demande une évacuation d'une installation sauvage parfois dangereuse. 

 

Mais nous avons aussi un droit à l'aide sociale, à l'hébergement pour toute situation d'urgence au titre desquels d'autres responsabilités et obligations leur sont dévolues. N'a-t-on pas défendu la primauté de l'humain sur toute réglementation administrative en reconnaissant l'inconditionnalité de l'accueil dans des structures humanitaires et-ou sociales ?

 

Mais ce n'est pas suffisant. Chacun peut-il se regarder dans la glace en s'interrogeant si les lois qu'il veut à juste titre appliquer, sont respectées par lui-même ou par les élus de la nation ? Pourquoi la loi DALO imposant de proposer des solutions de logement ou d'hébergement à ceux qui sont reconnus prioritaires n'est pas respectée ? Pourquoi alors la loi sur les aires des gens de voyage sans faire d'amalgame avec les roms n'est toujours pas respectée douze ans après sa promulgation ? Pourquoi près de 50 % de communes ne respectent pas la loi SRU imposant la construction de logements sociaux ? Pourquoi des expulsions sont-elles encore exécutées sans offre de logement ou d'hébergement ?

 

Des solutions existent, telles que des terrains aménagés pour un accueil de type individuel ou collectif (mal dénommé "villages d'insertion"), pas si coûteux que certains veulent le dire, des dispositifs d'insertion expérimentés dans plusieurs communes, des places d'accueil supplémentaires créées ou réservées pour soutenir ces familles.

 

La Fondation Abbé-Pierre et le mouvement Emmaüs soutiennent et défendent plusieurs projets comme ceux de Choisy-Le-Roi, de Marseille, en Seine-Saint-Denis et quelques autres.

 

Sur le site de Choisy, le lieu a été baptisé "permis de vivre" inspiré par l'Abbé Pierre qui dans les années 1950 avait placardé ceci à l'entrée d'un camp de fortune installé en région parisienne à l'improviste, en réponse à l'administration qui lui réclamait les papiers justifiant d'un permis de construire.

 

Le "permis de vivre", plus qu'un lieu, plus qu'un programme, plus qu'un dispositif, c'est un choix de société.

 

Patrick Doutreligne, Fondation Abbé-Pierre  link

 

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Published by Le vent qui souffle - dans droits humains
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