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  • : le vent qui souffle
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  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 13:14

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 00:04
La garde des sceaux, Christiane Taubira, a annoncé, jeudi 23  octobre 2014, à l’Hôtel de ville de Paris, à l’occasion d’une soirée d’hommage et de la projection du film L’Honneur des gueules noires, de Jean-Luc Raynaud, consacré à la grande grève de 1948, que le gouvernement déposera un amendement au projet de loi de finances pour 2015 reconnaissant le  » caractère discriminatoire et abusif «  de leur licenciement.

 

Très beau film documentaire diffusé par france3.fr      link

  L'honneur des gueules noires

 

arton37170.jpgUn documentaire de Jean-Luc Raynaud
Une coproduction : Arturo Mio, France Télévisions et CRAAV Nord Pas-de-Calais, avec la participation du CNC et de la Procirep

"Cette bataille a été le plus long tunnel qu'ils aient jamais creusé, contre l'oubli de ce que fut la grande aventure charbonnière de ce pays... "

11 Mars 2011. La cour d'appel de Versailles a finalement donné raison à 17 mineurs de fond, reconnaissant ainsi le caractère discriminatoire de leurs licenciements par les Charbonnages de France en 1948 ! Parce qu'ils avaient osé faire grève 56 jours durant pour protester contre la suppression de leur statut. Ils étaient syndicalistes, anciens résistants ou sympathisants communistes.

L'odyssée de cette réparation morale va durer 63 ans. C'est une décision unique qui récompense un combat collectif, syndical, politique, social et juridique parmi les plus longs de l'histoire. Une longue bataille contre l'oubli, contre un déshonneur que les mineurs bannis ont caché à leurs enfants presque toute leur vie.

Et cependant, coup de Grisou, le 17 Mai 2011 : les Charbonnages de France annoncent qu'ils se pourvoient en cassation. Ils contestent la portée symbolique du litige, alors qu'ils n'ont plus la moindre existence industrielle et que leur décision relève de la Tutelle du Ministère de l'Industrie [Christine lagarde en 2011, qui aujourd'hui?!...].

 

Tout est donc à refaire, encore une fois, pour ces hommes, ces femmes et leur descendance, alors que leur vie, pour la plupart, touche à sa fin.

Les héros du film sont les mineurs survivants, les veuves des disparus ou leurs enfants qui ont hérité ou repris ce combat. Ils partagent le récit de leur histoire avec ceux qui les ont soutenus pendant toutes ces années de lutte, un magnifique collectif d'avocats autour de Tiennot Grumbach, l'avocat des salariés et des victimes. Ceux-ci témoignent avec émotion des liens créés avec les mineurs dans ce long combat contre l'injustice. 

 

 

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 00:04

 

"Carnets de route". Reportage.     

 

par Jean-Paul MARI, journaliste au Nouvel Obs - 28 novembre 2013

 

Calais, son casino, sa plage. Et son port noyé sous une pluie drue et glaciale qui vous transperce, portée par un vent du Nord infernal. Qu’est-ce que je fais ici ? La même chose qu’à Lampedusa en Sicile, son soleil, sa plage et sa mer turquoise. Je cours après les immigrés clandestins érythréens qui rêvent de passer en Angleterre, d’atteindre les falaises de Douvres, dernière étape avant Londres, sa pluie, son smog et ses "Fish and Ships". Soleil ou pluie, les émigrés se foutent de la météo, ils veulent un avenir, et d’abord du travail. Ne plus survivre, mais gagner de quoi vivre décemment et de payer le prix du passage à leurs proches, une mère, une femme, un jeune frère, prisonnier de la dictature à Asmara, d’un camp au Soudan ou d’une prison de l’enfer de Libye.

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Les quais de Calais sont le dernier obstacle avant le but. Ici, pour l’instant, on dégouline et les baskets font à chaque pas un bruit d’éponge enrhumée. Devant, il y a la Manche, trente kilomètres d’eau glaciale. Impossible, sans papiers, de monter dans un ferry. À moins de nager vers le quai pour éviter les contrôles, de monter à bord clandestinement ou de se cacher dans un camion qui embarque. Dieu qu’il fait froid sur ces quais ! Et eux qui dorment dans un squat, sous une tente détrempée, enroulée dans une couverture humide et se réveillent avec une seule idée en tête : passer.

Moi, je suis venu ici sur les traces d’un noyé. Mourir dans le port de Calais, la nuit, à cent mètres du quai, à deux pas du but et à des milliers de kilomètres de son point de départ, c’est absurde. Je cherche les traces d’un mort et j’ai rencontré les autres, ses semblables, ses frères, que la mort n’arrête pas. Alors, je cours sur le port noyé par la pluie assassine, pour repérer le bon camion, le bon ferry, le trou dans les barbelés et la faille - rare - dans la forteresse.

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Parfois on souffle au buffet de la gare, là où se retrouvent tous ces gens de passage. Tiens ! Lui, grand gaillard, survêtement de plastique, et teint gris des noirs affamés. Érythréen bien sûr. Accepte un sandwich, parle anglais, bon sourire. Lampedusa ? Bien sûr. Comment s’est passée la traversée ? "Quelques petits problèmes..." On insiste. Il raconte. Tesfaï faisait partie des passagers de la barque qui a pris feu et coulé en pleine nuit au large de Lampedusa : 366 morts. Lui a nagé quatre heures dans l’eau sombre. Un survivant, miraculé, qui parle de "petits problèmes"... ces hommes sont sidérants. À peine repêché, il s’est échappé et a pris le chemin du Nord. L’Angleterre, c'est en face.

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Il pleut de plus en plus fort. Le port devient noir, les quais sont déserts, les rues se vident, Calais fait la gueule. Un homme arrive en laissant derrière une coulée de boue. Encore un Érythréen. La quarantaine, un blouson de nylon sur le dos, un keffieh autour du cou, pas vraiment l’allure d’un gamin qui cherche à traverser. Lui aussi a le teint pâle. Mais c’est à force de vivre dans l’hiver suédois où il a trouvé refuge dix ans plus tôt. Samiel a des papiers, une maison, un travail, une femme et des enfants. Que fait-il dans cette galère de Calais ? Il cherche.

Depuis deux ans, chaque fois qu’il a une semaine de congés et un peu d’argent, il prend le train de Stockholm vers Calais. Lui aussi traîne sur les quais, dans les squats lépreux ou les camps de tentes détrempées. Et il pose toujours la même question en montrant une photo écornée : "Mon frère. Un grand gaillard d’Asmara. A disparu ici. Cela ne vous dit rien ? Regardez encore, s’il vous plaît." Deux ans ! Il a tout essayé, les clandestins, les flics, les hôpitaux, la morgue... rien. Il n’a plus d’argent, va bientôt repartir : "Je reviendrai".


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On pointe le nez hors de la gare. La pluie ne faiblit pas. Rendez-vous avec Roby, un ami du noyé. Il est en retard. Arrive enfin, en jean, chemise ouverte sur un tee-shirt blanc, gelé, épuisé, affamé mais avec son sourire d’ado aux lèvres. Hier soir, il a essayé de passer en se glissant dans un camion sur le parking du port. Les policiers et leur chien l’ont reniflé. Il a passé la nuit au poste avant d’être libéré au petit matin. Ses trois copains n’ont pas été repérés dans le poids-lourd qui a démarré à l’heure et roulé... vers la Belgique. Ils reviendront, dans un jour ou deux, à pied ou en stop. Tout est à refaire.

Roby va chercher de quoi manger et dormir un peu. Et vers minuit, il repartira vers le port, son parking, ses quais, l’eau glacée de la manche et les grands bateaux qui voguent vers l’Angleterre. Il pleut à nouveau très fort, le vent devient fou, la nuit va bientôt tomber. Je claque des dents. Cette fois, la météo n’y est pour rien. Ces gosses me font froid dans le dos.

 

Jean-Paul Mari     link

 

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 18:21

    Intervention de Jean-Pierre Chevènement, dans le cadre du débat sur la situation en Syrie au Sénat, le 04 septembre 2013.

 

 

Monsieur le Ministre,

Les circonstances nous donnent un peu de temps pour la réflexion. Sachons utiliser ce répit pour éviter des décisions précipitées qui pourraient s’avérer funestes. J’ai eu l’occasion à plusieurs reprises de vous exprimer ainsi qu’au Président de la République ma préoccupation, et cela dès juin 2012, quant à la définition de notre politique vis-à-vis de la Syrie. Je n’exprime pas ma seule préoccupation. Elle est aussi celle de Robert Hue et de plusieurs sénateurs du groupe Rassemblement Démocratique Social et Européen (RDSE). En fait nous avons hérité de cette orientation politique. Quand vous êtes arrivé au Quai d’Orsay, notre ambassade à Damas avait déjà été fermée.

De même l’exigence, avant toute transition, du départ d’Assad, déclaré assassin de son peuple, affaiblissait toute démarche de négociation visant à faire pression sur le régime de Damas.

En réalité, c’est la nature même de la guerre engagée en Syrie qui faisait et fait encore problème aujourd’hui. C’est une guerre civile et plus que cela une féroce guerre interconfessionnelle. Assad, dictateur brutal, défend les prérogatives d’une minorité, celle des Alaouites qu’il sait soutenus par d’autres minorités, chrétiennes par exemple mais aussi par une fraction de la majorité sunnite qui a longtemps bénéficié de la stabilité des courants d’affaires.


L’expression « Assad doit partir ! » sous-estimait à l’évidence les appuis dont il disposait. La seule issue de cette guerre civile barbare est une issue négociée entre les deux camps.

Les Sunnites ou du moins une majorité d’entre eux veulent l’effacement des Alaouites. Ils doutent d’y réussir par la force. Ils comptent sur l’intervention extérieure, à l’exemple de ce qui s’est passé en Libye. Mais comparaison n’est pas raison.

La résolution 1973 sur la Libye a été prise grâce à l’abstention de la Russie et de la Chine. Cette résolution a été évidemment interprétée dans le sens d’un changement de régime. Je me suis moi-même abstenu quand le gouvernement a demandé, le 12 juillet 2011, l’autorisation de prolonger l’intervention de nos forces. Le résultat est là : si l’opération militaire a été brillamment conduite, Kadhafi a été assassiné. Les milices tribales et le plus souvent islamistes se sont rendues maîtresses du terrain. Le port de Derna est aux mains d’Al Quaïda, le Mali a été déstabilisé. Sans l’intervention de la France dans le cadre des résolutions de l’ONU que j’ai soutenue fortement, le Mali serait devenu aujourd’hui un sanctuaire de l’islamisme radical, dominé par des groupes terroristes djihadistes. Enfin, par l’interprétation qui a été faite en Libye de la résolution 1973, la notion de responsabilité de protéger a été passablement discréditée aux yeux de la Russie, de la Chine, mais aussi de la plupart des pays émergents qui refusent la notion d’ingérence, elle-même proscrite par la Charte des Nations Unies. L’occidentalisme peut se camoufler en droit de l’hommisme. Celui-ci ignore ou, de manière plus perverse, veut occulter les réalités et les choix politiques.


Or, la France doit d’autant plus se placer sur le terrain du droit international qu’elle est elle-même l’un des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU. C’est son intérêt. Pour être une puissance repère, comme l’ont souhaité le Président de la République et vous-même, dans votre brillante intervention en conclusion de la Conférence des Ambassadeurs, la France ne doit pas s’affranchir du Droit. Or, le droit d’ingérence n’existe pas au regard de la Charte des Nations Unies. La mise en œuvre de la responsabilité de protéger, énoncée par l’Assemblée Générale des Nations Unies dans son document final de 2005, souligne que cette responsabilité incombe d’abord à chaque Etat et à défaut à la communauté internationale, je cite : « par une action collective résolue, par l’entremise du Conseil de Sécurité, conformément à la Charte, notamment son chapitre VII. Voilà ce que dit le droit.

Des frappes aériennes sur la Syrie ne pourraient ainsi s’effectuer qu’en dehors du cadre de la légalité internationale. Vous invoquez la légitimité et même vous essayez d’invoquer une autre source de droit en vous référant à la convention ancienne et aujourd’hui dépassée de 1925 interdisant l’utilisation, en temps de guerre, des armes chimiques dont la Syrie et pour cause – elle était alors sous mandat français – n’était pas partie prenante. Quant à la Convention plus récente sur l’interdiction des armes chimiques signée à Paris le 13 janvier 1993, vous savez pertinemment que ni la Syrie ni l’Egypte ne l’ont signée, le négociateur égyptien de l’époque, M. Amr Moussa, ayant alors expliqué que son pays y adhérerait quand les armes de destruction massive, nucléaires, bactériologiques et chimiques auraient été éliminées du Proche-Orient, la détention d’une telle arme contribuant, selon lui, à un équilibre de dissuasion régional. La Conférence d’examen du Traité de Non Prolifération (TNP) de mai 2010 vise la création d’un Moyen-Orient dénucléarisé. C’est dans ce cadre général qu’il faut agir pour préserver dans cette région les équilibres de sécurité.

A l’heure actuelle, deux Etats ont signé mais n’ont pas ratifié la Convention d’interdiction des armes chimiques : la Birmanie et Israël, et six autres demeurent en dehors : Angola – Corée du Nord – Egypte – Somalie – Soudan du Sud – Syrie.

Vous évoquez la notion de crime contre l’humanité mais j’observe que le statut de Rome, portant création de la Cour Pénale Internationale (CPI), définit celui-ci très largement dans son article 7, mais ne mentionne pas spécifiquement l’utilisation d’armes chimiques. Dans la logique morale où vous vous placez, qui ne faut-il pas punir ? Les utilisateurs de bombes à fragmentation, de bombes au napalm, les pays qui refusent de signer les conventions d’interdiction des armes chimiques, bactériologiques, nucléaires, ceux qui n’ont pas ratifié le traité d’interdiction des essais nucléaires, ceux qui répriment par balles leur opposition ? La liste serait longue des Etats qu’il faudrait punir.

Aussi bien est-on sûr à 100 % de l’origine des frappes ? Or, n’ont été produits jusqu’à présent, au dire même de nos autorités, que des « faisceaux d’indices ». Exerçons le doute méthodique cher à Descartes. L’hypothèse qu’un groupe extrémiste comme le Front Al Nosra alimenté par des fournitures d’armes extérieures ou par des stocks qu’il aurait pu détourner, ait pu perpétrer ce crime abject pour entraîner une intervention occidentale n’a pas été sérieusement examinée. Or, chacun sait que les déclarations du Président Obama d’août 2012 faisant de l’utilisation d’armes chimiques la ligne rouge légitimant une intervention militaire, ont provoqué depuis lors une surenchère d’accusations parmi les groupes d’opposition et leurs relais. Nous savons depuis les guerres yougoslaves que des populations d’un des belligérants peuvent être choisies comme cibles pour justifier une intervention extérieure. Dans une guerre intercommunautaire féroce comme celle-là, nous ne pouvons pas avoir un degré absolu de certitude. Aussi bien on ne discerne pas clairement quel eût été l’intérêt du régime syrien qui avait pris le dessus par des moyens conventionnels, d’ailleurs tout aussi barbares.

Ainsi la morale remplace le droit. Ce n’est pas un progrès car seul le droit protège tandis que la morale d’où procède la sanction est à l’appréciation des plus forts. La France doit être le soldat du Droit. L’esprit de défense n’a rien à gagner à ce que la France confectionne un droit à sa mesure, en marge du droit international reconnu par l’ONU.


J’en viens maintenant au fond politique de cette affaire. Quels sont nos objectifs politiques ?

L’opposition syrienne démocratique est divisée. La guerre l’a marginalisée au profit de groupes extrémistes. Le cours des révolutions arabes en Tunisie et plus encore en Egypte doit nous rendre prudents. Le premier acte ne pouvait que recueillir notre sympathie. Le second acte a vu l’islamisme politique prendre le pas sur les revendications démocratiques initiales et tendre à la confiscation du pouvoir. Des minorités de plus en plus importantes se sont senties menacées. En Egypte, l’armée a interrompu le processus, avec d’ailleurs – je le note - le soutien de l’Arabie Saoudite. Est-ce là notre référence ? Quelle cohérence y a-t-il entre notre combat justifié au Mali contre les groupes djihadistes armés et la complaisance dont nous ferions preuve à l’égard de ces mêmes groupes dans la guerre civile qui déchire la Syrie ? La France doit soutenir partout non pas l’islamisme politique mais la démocratie, au Mali, au Niger, en Libye, en Tunisie, en Egypte, en Syrie, en Arabie Saoudite, au Qatar, à Bahreïn, dans le respect du principe de non ingérence, bien sûr, et sous le contrôle du Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU).

Quel effet des frappes américaines et françaises, même brèves et limitées, auront-elles ? D’ores et déjà la menace des frappes a fait se gonfler le flot des réfugiés aux frontières du Liban et de la Jordanie. On ne pourra pas éviter les dommages collatéraux, surtout si les stocks d’armes chimiques sont visés. Que se passera-t-il le jour d’après ?

D’autres frappes ? Sur la Syrie ? Il serait terriblement imprudent de cibler l’arsenal chimique syrien. Ou sur l’Iran ? Un engrenage incontrôlable risque de se mettre en marche. Encore une fois restons fidèles à Descartes et traitons séparément des dossiers dont la solution doit rester distincte : la Syrie, la Palestine, l’Iran. La « fabrication d’un ennemi » est chose facile. Elle sert rarement la cause de la paix.

Le rôle de la France doit être de faire pression pour que l’opposition syrienne désigne ses représentants à la Conférence de Genève II et que celle-ci puisse se réunir dans les prochaines semaines. Cette négociation peut se faire par des rencontres bilatérales dans les couloirs du G20, à Saint-Pétersbourg, mais le G20 n’a pas vocation à remplacer le CSNU. C’est dans le cadre de celui-ci que nous pouvons obtenir une trêve dans la guerre civile et un compromis qui préserve autant que possible l’unité de la Syrie. La balkanisation de la Syrie serait, comme nous le voyons aujourd’hui en Irak, la source de malheurs encore plus grands. Des frappes militaires risquent non de faciliter un compromis mais de reporter aux calendes la négociation nécessaire.

Il faut mettre un peu de cohérence dans notre politique :

C’est une facilité de crier « Munich ». C’est du même niveau que Guy Mollet assimilant Nasser à Hitler. Ce n’est pas digne des républicains que nous devrions être.

Le bilan des ingérences passées – Irak, Kosovo, Libye – n’est pas reluisant. Sachons tirer les leçons de l’expérience.

Pour définir notre attitude et le sens même de notre diplomatie, pensons à servir la France et à défendre la paix. Défions-nous de l’occidentalisme. La France ne se définit pas, comme le disait M. Sarkozy, par son appartenance à la famille des nations occidentales. Elle appartient avant tout à la grande famille des nations humaines. La Révolution de 1789 visait à l’universalité. La France doit servir de pont entre toutes les nations et ne pas se couper des pays dits émergents. Le Président de la République souligne à juste titre la nécessité de préserver notre souveraineté. La souveraineté va avec l’indépendance qui est la condition de la grandeur de la France. Celle-ci n’est pas une question de taille mais de hauteur de vues.

Mais qu’en est-il, dans la situation présente, je ne dis pas de l’indépendance mais de l’autonomie même de la France ? Où sont passés nos alliés européens ?

Je souhaite de tout cœur, Monsieur le Ministre, éviter l’enlisement de la France dans une guerre qui serait contraire à ses intérêts et j’ajoute à sa vocation. Je souhaite que vous usiez de votre influence qui est grande pour contribuer à la réunion aussi rapide que possible de la Conférence de Genève II. La France vous en serait reconnaissante. Il ne faut pas effacer la brillante réussite malienne, qui nous doit aussi beaucoup, par une erreur qui, elle, serait gravissime pour l’ensemble de notre politique étrangère et pour nos intérêts dans le monde.


 

Rédigé par Jean-Pierre Chevènement le Mercredi 4 Septembre 2013 à 19:59    link 
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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 14:41

La crise grecque est en réalité une guerre qui bafoue les droits humains.

 

Panagiotis Grigoriou, historien et ethnologue, en fait une analyse sociale journalière en tenant un carnet de notes qu'il est possible de lire ici: link . 

 

  "Cette drôle de première guerre géoéconomique du 21ème siècle ne fait que commencer, on le sait désormais... mais en Grèce, nous serions en vacances... En ce mois d’août, décidément si étrange car telle est l’impression généralisée à Athènes et au-delà en ce moment, la... pluie incessante de nouvelles en tout genre, d’ailleurs plus graves que jamais, ne s’arrête, et ne s’arrêtera plus paraît-il devant les divinités de l’été grec. Anestis, cadre dans une grande maison d’édition croyait entamer ses vacances vendredi dernier, mais c’était vers 18h que la direction lui annonça son licenciement, sans préavis ni autre explication, hormis une vague allusion aux “restructurations désormais inévitables”. Anestis, son épouse et leurs deux enfants partiront peut-être pour le 15 août, “tant que c'est encore possible”.

À son travail et depuis son départ soudain, le climat n’a plus rien d’estival. Yorgos, qui vient de rentrer après un séjour de deux semaines chez ses parents sur l’île de Lefkada, ne retrouve même plus l’arrière-goût des vacances... toutes fraîches, comme toutes les autres années: “Il y aura d'autres licenciements, c'est certain. Et Anestis connaîtra certainement le sort de mon ami Fanouris qui depuis son licenciement du poste de mécanicien en chef dans une grande compagnie de location de voitures à l'aéroport, il a connu plus d'un an de chômage. Depuis peu, il vient de retrouver un travail à l’identique. Le poste est exactement le même, sauf qu’il gagne désormais 700 euros par mois en net, au lieu de 1.800 avant. Tout change. Même sur l’île il y avait comme un vent maladif, un vent qui nous rendait alors tous fous. Un très mauvais climat, beaucoup de monde, beaucoup de vacanciers déjà originaires de l’île venus de partout, y compris depuis l’étranger, beaucoup de bruit mais une consommation... de temps de crise. Certains commerçants avaient beau baisser leurs prix, ce n’était plus l’allégresse des consommateurs pourtant, ni la ruée. Il se passera quelque chose de grave en septembre ou en octobre, je le vois venir, tout le monde le voit venir”.

 

La maison d’édition d’Anestis et de Yorgos n’arrive déjà plus à se faire rembourser les ventes déjà réalisées chez ses clients chypriotes. Plus du tout même et ceci, à l’image de toutes les entreprises grecques présentes sur le marché chypriote. Chypre n’est plus un marché, la Grèce non plus d’ailleurs. Et tandis que nos jeunes découvrent désormais les campings de la crise, souvent initiés par les mouvements politiques et associatifs de tout bord, Antonis Samaras qui s’est rendu aux États-Unis en visite officielle, n’a pas pour autant pu capitaliser politiquement ce voyage. Notre presse s’en est même moqué de l’optimisme prétendument affiché par “notre”... dirigeant.



On pense même qu’Antonis Samaras ne restera guère trop longtemps aux manettes de la... “Game Boy Greece”. Il y en a même certains dessinateurs qui visualisent déjà l’évasion nocturne d’Antonis Samaras depuis “son” palais. Et pour descendre depuis son balcon du pouvoir d’après l’imaginaire du dessinateur et de la majorité du peuple grec en ce moment, il utiliserait, les drapeaux: grec, allemand et pour finir, celui de l’Union Européenne. Une telle vision collective est déjà dans... l’air comprimé du temps présent. “En cet été dense et lourd de 2013, beaucoup de gens que je rencontre, très différents les uns des autres, portent en eux ce même sentiment: qu’à travers les délais de cette crise on arrive à son compte à rebours, et que nous nous dirigeons tout droit vers ce sommet. Ce point culminant connaitrait alors plusieurs aboutissements possibles en fonction des individus et des sensibilités, sauf que tous ces aboutissements se révéleront bien dramatiques et douloureux. Mais en même temps, ils nous apporteront la délivrance”, écrit par exemple lundi 12 août Nikos Xydakis dans “Kathimerini”, un quotidien pourtant réputé mainstream. 

 

  Nikos Xydakis n’exprime pas autre chose que ce qui suggère le restant... du sens commun dans ce pays: “Trois ans et demi après les aveux de faillite avec tant de stupéfaction, trois ans et demi de sacrifices successifs imposés à la majorité des Grecs et autant d'erreurs majeures et de massacres répétés, voilà donc trois ans et demi que nous sommes en train de couler. Ce n’est plus possible. Faisons quelque chose de radical, même douloureux, mais à condition que ce naufrage cesse, car de toute évidence nous n'avons plus grand-chose à perdre. Tout le monde le dit: gens cultivés, femmes au foyer, tous ceux qui étaient économiquement encore vaillants jusqu’à hier et que maintenant n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Ils sont désormais à genoux à cause des impôts, suite aux coupes salariales. Leurs revenus alors se volatilisent, leurs conjoints et leurs enfants deviennent de chômeurs endettés. Enfin, ils risquent de se faire déposséder de leurs biens immobiliers hérités des générations précédentes, rien que sous l’effet de la crise et du si lourd fardeau des taxes et des impôts”.

 

C’est désormais évident, en trois ans qui se sont écoulés depuis le premier mémorandum nous avons d’abord officiellement appris que la souveraineté nationale sera indéfiniment suspendue, pour ensuite admettre à nos dépens que la faillite de l'État, entraîne la contraction de la souveraineté populaire et la paupérisation tant à travers notre sphère privée, que de notre existence sociale. In fine, elle entraîne aussi l’instabilité politique. La vaste classe moyenne, tous ces ménages qui jusque là ont été relativement épargnés de la crise, l’ont ainsi appris entre-temps. Et pour la plupart d’entre eux, leurs existences individuelles ont été à ce point brisées, qu’il ne sera plus question de vie, mais de survie. Pour tous ces gens, il n'existe plus rien à perdre ni à même à craindre. Tel serait alors ce point culminant de la crise, cette rupture, que beaucoup de Grecs se la pressentent comme imminente en cet été 2013.



À ces pensées ainsi résumées de Nikos Xydakis, se juxtaposent celles de mes amis français qui rentrent chez eux, après avoir séjourné en Grèce durant une bonne partie de l’été comme lors d’une histoire parallèle: “Je suis atterré, après sept semaines de coupure où je n'ai suivi que ce qui se passait en Grèce, de voir la propagande lénifiante qui règne ici... sur la reprise qui est à nos portes ! Autrement dit, fermez vos gueules et avalez tout ce qu'on vous prépare à la rentrée, c'est le dernier effort avant le bout du tunnel ! Le seul point positif c'est que le tabou de l'euro commence à sauter. Enfin, Frédéric Lordon s'est converti: impeccable article dans le Monde diplomatique”.En tout cas, en Grèce nous serions en avance d’une guerre, en témoignent, nos pratiques, nos mutations, et même nos suicides... existentiels ou politiques.

 

La véritable nouvelle de cette semaine grecque n’est certainement pas la dramatique mutinerie, cette émeute qui a “éclaté samedi soir dans le camp d'Amygdaleza, le principal centre de rétention grec où quelque 1 200 migrants, principalement asiatiques, sont retenus sous surveillance policière. Les détenus ont mis le feu à des matelas et leurs logements, avant de jeter des pierres et d'autres objets sur les policiers anti-émeute dépêchés sur place”, comme rapporte à juste titre certes la “grande” presse. C’est plutôt le sabordage de la radiotélévision 902. D’ailleurs sous la pression déjà depuis le reste de la gauche, que le Parti communiste, le KKE, a enfin précisé par communiqué que “la société qui vient d'acquérir la radio et la télévision du parti, la station '902', est la société A-ORIZON Media LTD, qui est une compagnie chypriote, légalement constituée d'après les règles en vigueur à Chypre”. Inutile de (ne pas) préciser que cette société serait une forme de offshore, que les véritables nouveaux propriétaires de la chaîne historique de la gauche grecque ou sinon d’une partie de celle-ci, demeurent inconnus et que le montant de la transaction n’a pas été dévoilé. Le “Quotidien des Rédacteurs”, daté du mardi 13 août, croit savoir que derrière la société chypriotes se trouverait “Nalotia Ventures”, une offshore située aux îles Vierges. Pour les symboles du moins... c’est déjà gagné. Pour le KKE au contraire, il s’agit d’abord et surtout de larmes et de l’immense douleur, étant donné sa situation financière catastrophique que personne ne conteste d’ailleurs, d’après “Rizospastis”, le quotidien du parti daté du 11 août.

 

Dans un pamphlet... tragiquement censé, publié lundi 12 août par le “Quotidien des Rédacteurs”, l’historien Petros Pizanias, estime que “le KKE n'avait aucunement le droit de vendre une fréquence publique, et ainsi la privatiser de la sorte. Qui plus est, par un montage financier, directement inspiré des pratiques du marché, et dont l'opacité n'est plus à prouver”. En outre, ces fréquences d’après Pizanias, devraient rester “à gauche”, c'est-à-dire, “leur trouver un mode opératoire, en commun avec SYRIZA par exemple”.



Ainsi, le KKE vient de prouver qu'il n'est ni plus ni moins, qu'une pseudo-structure comme les autres partis, les banques, les syndicats, pseudo-structures endettées, immorales et représentant 25% environ de la population, suivistes compris. Ce 25%, profite en effet des deux tiers des richesses du pays. Et pour ce qui est du KKE, il a décroché le rôle du défenseur des ouvriers, sauf qu’il se comporte exactement comme tous les autres capitalistes”. Alors “No futur”, comme le suggère un collage sur un mur d’Athènes, utilisant les images d’Antonis Samaras et d’Angela Merkel ?

 

Ces accusations à l’encontre du KKE sont de toute manière et déjà, très graves. Le pire est que d’après certaines rumeurs, le “gouvernement” Samaras s’apprêterait à exiger l’annulation de l’autorisation d’émettre à la radio 105,5 de SYRIZA, sous prétexte qu’il va falloir protéger les fréquences publiques des... aléas économiques que connaissent actuellement les partis politiques. Un comble, lorsqu’on sait ce qui s’est passé depuis la fermeture de la radiotélévision publique ERT, il y a déjà deux mois. Temps gros et temps très mauvais en plein été.



La semaine dernière également, des techniciens privés et “pirates”, on investi les derniers émetteurs de la libre ERT, en Thessalie notamment et en Égée du Nord. Sur l’île de Lesbos plus exactement, ce “commando” de... la gestion d’en haut et de la “reconquête” fut dirigé par un propriétaire de radio locale, “déjà condamné pour escroquerie et menaces, et ainsi bien connu sur son île pour son comportement de mafieux”, d’après le “Quotidien des Rédacteurs” daté du 12 août. Sauf que ce personnage serait opportunément proche de la Nouvelle démocratie d’Antonis Samaras. On sait alors comment et combien les mafias locales s’adaptent à celles d’Athènes, puis à celles, plus amplement... offshore.

 

L’affaire du KKE et du 902 finira, cependant très mal. Si en plus, la radio 105,5 devient une nouvelle cible, “l'essentiel” sera ainsi accompli comme on dit parfois. L’essentiel déjà, c’est que nos gauches n’ont pas réussi à faire obstacle à une seule loi du mémorandum depuis 2010. Et en 2013, cette affaire du sabordage d’une partie importante de leurs medias s’avère être de très mauvais goût, un goût bien amer. D’autant plus que la Grèce n’est pas un pays gouverné mais plutôt un territoire administré et que chaque media supposé non mainstream est plus nécessaire que jamais. Frustrations, qui s’ajoutent aux amertumes, puis aux chimères et enfin aux cauchemars. Décidément, l’été 2013 n’est plus comme les autres. 

On sait désormais que si la version du confrère Petros Pizanias se confirme, il va falloir tout réinventer et dans l’urgence. On admettra du moins que le débat public en Grèce est parfois plus en avance, qu’ailleurs en Europe. Les vielles rhétoriques ainsi que leurs préfabriqués commencent et surtout finissent, par fatiguer.



Mais pour autant, nous ne perdrons pas espoir. Certains petits nouveaux gestes en témoignent, comme cette habitude qui se généralise apparemment cet été 2013 et qui consiste à entreposer les paires de chaussures inutilisées ou pas trop usées sur les trottoirs de manière bien apparente, parfois même dans leurs boîtes, au lieu de les jeter à la poubelle. Ces... offrandes spontanées s’inscrivent ainsi à toute une... typologie néanmoins difficile à réaliser avec précision, tant les “données ethnographiques” issues du terrain s’avèrent volatiles. Je dirais qu’en tout cas, elles relèvent du nouveau zeste de la peau extérieure et toujours colorée, de note société en ce moment, amertume comprise.



Finalement, nous n’attendrions pas la rentée de septembre comme les autres années, et nous réapprenons à tirer profit du meilleur de nous-mêmes. Ainsi, nos musiques, nos poésies, ne sont pas mortes, bien au contraire. Sous les gravas du “funderisme”, les femmes et les hommes de ce pays, comme des autres pays en pareilles circonstances, n’attendent qu’à être synchronisés pour reprendre goût à la vie à travers un élan tant collectif qu’individuel. On se le dit alors en Grèce et de plus en plus souvent. Entre ouvriers, entre commerçants, scientifiques, musiciens et... chômeurs attitrés. Nous manquerions certes et hélas de synchronie, autre que ce situationnisme imposé par nos mafias nationales et... méta-cosmiques, avec l’entière complicité des pseudo-structures à toutes les échelles. Depuis le truand de Lesbos devenu agent spécial au service du para-État d’Antonis Samaras, et jusqu’au grand leurre impérial de l’Union Européenne.

 

Des fois, surtout durant les nuits pluvieuses, ma pensée voyage souvent au pays et aux années de mon enfance. Il apparaît alors le personnage mon professeur de violon. Il portait une redingote vieillie et une perruque déplumée dont nous nous en moquions. Sauf, que lorsque vers la fin de chaque leçon, ma mère pénétrait dans la pièce et que notre professeur interprétait alors à son honneur une autre mélodie, douce et pourtant grave, cela nous rendait soudainement très sérieux. Nous devinions ainsi, certes de manière imprécise, qu’au fond, la musique n’est ni passion, ni rêve, ni nostalgie ou contemplation, mais plutôt, une autre forme de justice”, écrivait notre poète Tasos Livaditis que nous connaissons aussi par certaines chansons de Mikis Theodorakis.



La revue “Métronomos”, dirigée par mon ami Thanasis Sylivos consacre son dernier numéro, justement à Tassos Livaditis (1922-1988), à ses poèmes, à sa vie, entre son exil aux îles, telles que Makronissos ou Agios Efstratios, et la mise en musique d’une partie de son œuvre.Nous pouvons être fiers des nos amis issus de la gauche culturellement pratiquante, mais je ne dirais pas autant en ce moment, pour ce qui est des nos gauches politiquement agissantes. Telle est en tout cas le sentiment largement partagé, chez qui l’esprit critique existe encore. Et ils sont nombreux.



La Grèce prépare activement son 15 août, et aux dires de madame Clio, cette vieille dame qui habite trois rues plus loin, “les gens sont partis nous laissant leurs adespotes et... même leurs animaux desposés sous les bras. J’ai toujours nourri quatre chats devant mon immeuble, ils sont douze en ce moment à miauler me réclamant de la nourriture. Une catastrophe, alors que nous comptons nos dépenses sou par sou. Vivement septembre !”  link











 

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 00:04

Les morts de la rue s’affichent !

les Morts de la Rue se sont affichés dans les rues de France en juin 2012. Parfois, on aimerait que leurs noms soient gravés pour l’éternité. Que nul n’oublie !

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 13:11

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 23:04

*Roman, Alice Ferney, éditions Actes Sud, 1997

 

Et maintenant, elles se tiennent debout face aux policiers, le ventre en avant, cambrées, comme s'il y avait en elles quelque chose de flamboyant et de victorieux, quelque chose de fatal et d'irrémédiable, contre quoi ils ne peuvent rien avec leurs lois, leur mépris, leurs poursuites et leurs procédures. Au milieu des uniformes raides et propres, leurs jupes, que l'arrondi du ventre fait remonter par devant, semblent des chiffons usagés que la poussière aurait blanchis. Enveloppée dans ces couleurs passées, leur beauté farouche est un peu perdue. Les policiers sont venus procéder à l'expulsion. Il y a parmi eux une femme. Expulser des mères, cela doit lui être impossible: elle reste en retrait, à regarder ses pieds, la chose la plus neutre en ce lieu extravagant. Les hommes portent sur la cuisse l'étui de leur revolver, de l'autre côté la matraque, et sur le visage l'obéissance qui assure qu'ils se serviraient de tout, si tout devenait nécessaire. Ils poussent les Gitans vers les camions. Les femmes traînent et se lamentent, une plainte continue qui devient un fond sonore naturel. Ils les harcèlent pour les faire avancer. Chaque fois que l'un d'eux touche l'une d'elles, elle se dégage avec un de ces gestes outragés qu'elles ont, parce que rien ne leur appartient que l'orgueil de ne pas mêler leur coeur aux autres. Parfois, l'une ou l'autre pousse un cri immense qui arrête la marche, un sursaut de colère contre les actions viles, contre celle qu'ils sont occupés à mener, au nom de la ville qui n'a jamais connu les Gitans. Les enfants sont dans les jupes et les ventres. De temps à autre, elles passent une main sur leurs cheveux. Lorsqu'un policier vient à sourire à un enfant (ce qui se produit plusieurs fois), la mère écarte aussitôt l'enfant de ce regard, le tire plus près d'elle. Et alors ce qu'elle pense est clair pour tout le monde... 

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 16:30

| Courrier international | jeudi 13 septembre 2012     par Ruxandra Paul   | Romania Libera |  10.09.2012

 

Un rapport de l’ONU du 29 août 2012 met en garde le gouvernement français concernant les évacuations collectives, les rapatriements forcés et les expulsions des communautés Roms, qui risquent de placer des familles entières dans une situation de "grande vulnérabilité".

 

S’étant fait ainsi "tirer les oreilles", le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls, s’en prend à son tour à la Roumanie."Je veux comprendre pourquoi des politiques puissantes ne sont pas menées [en Roumanie] pour intégrer ces populations", a-t-il déclaré à Europe 1, en annonçant qu’il se rendrait sur place à la mi-septembre, accompagné du ministre délégué aux Affaires européennes, Bernard Cazeneuve.

 

Mais qu’entend donc Monsieur le ministre par de "puissantes politiques d’intégration" ? "Puissantes" comment ? Comme celles qui ont été menées à l’époque des nazis (déportations, expulsions massives et évacuations forcées), des communistes ou bien à l’époque féodale (esclavage) ? Ces politiques ne sont plus pratiquées en Roumanie et nous espérons sincèrement qu’elles ne seront plus jamais appliquées ni en Roumanie, ni en France, ni ailleurs.

 

En revanche, Messieurs les ministres peuvent prendre le modèle roumain des "puissantes politiques d’intégration" pour l’introduire en France ! Récapitulons :

 

1- La politique d’intégration la plus forte et la plus efficace est l’octroi de la citoyenneté, une pratique courante en Roumanie. Toutes les autres "politiques d’intégration" en découlent d’un point de vue législatif.

 

Les Roms sont des populations nomades, c’est l’une de leurs caractéristiques. Ceux qui se trouvaient sur le territoire de la Roumanie à l’avènement du communisme ont été contraints d’y rester et de restreindre leurs migrations aux frontières du rideau de fer pendant cinquante ans. C’était en effet "une puissante politique d’intégration" par la contrainte, et certains Roms ont perdu leur identité dans cette lutte contre le système communiste. Mais la plupart n’ont jamais renoncé à leurs traditions, et les perpétuent encore aujourd’hui.

 

Les Roms de la Roumanie contemporaine sont citoyens de l’Union européenne, et devraient donc bénéficier de la liberté de circulation et d’établissement sur le territoire de l’UE.

 

C’est loin d’être le cas : les Roms sont "la minorité la plus marginalisée en Europe", comme le souligne – entre autres – Rita Izsák, expert de l’ONU sur la question des minorités.



La solution est la citoyenneté multiple : roumaine, française, néerlandaise, etc. Ainsi, où qu’ils se trouvent en UE, ces nomades bénéficieraient d’une protection contre la discrimination, qu’elle vienne des autorités ou des populations xénophobes. En somme, la destruction des camps de Roms en France, les expulsions massives et les rapatriements collectifs forcés ne seraient plus qu’un cauchemar dont nous nous réveillerions tous ensemble.

 

2 - En ce qui concerne le marché du travail, la Roumanie ne peut guère se vanter d’élargir la liste de professions auxquelles les Roms peuvent accéder, pour la simple raison qu’il n’y a aucune restriction à cet égard. Si les Roms ont accès à tous les métiers et professions, comment élargir la liste ?

 

Malheureusement, la France offre actuellement le plus édifiant exemple d’hypocrisie, en claironnant avoir élargi la liste des métiers que les Roms peuvent exercer. L’existence même d’une liste restrictive nous renvoie au début de l’Holocauste en Roumanie, avec les listes de professions que pouvaient exercer les Juifs… 

 

Et puis comment un individu peut-il occuper un emploi stable et le conserver si sa vie se déroule dans une précarité au-delà de toute imagination, s’il ne sait pas où vont dormir ses enfants à la nuit tombée, si son abri est démoli tous les trois mois par la police française et que sa famille est obligée de déménager chaque semaine d’un hôtel social à un autre ?



3- Éviter toute idée de ghetto est une autre politique d’intégration en Roumanie. Dans les villes, dans les villages, les propriétés immobilières des Roms se trouvent aux côtés de celles des Roumains. Par comparaison, l’idée de ces "villages d’intégration" en France paraît navrante, car la ghettoïsation contribue à la marginalisation.



4- En Roumanie, l’assistance médicale des Roms se déroule dans les mêmes hôpitaux et auprès des mêmes médecins de famille que pour les Roumains. Comme tous les citoyens, ils sont inscrits dans le système national d’assurance-maladie.

 

5- Les enfants des Roms étudient dans les mêmes écoles que les Roumains, mais ils ont aussi des classes d’enseignement dans leur langue maternelle. Il y a des mesures de discrimination positive : des places dans les lycées et facultés leur sont réservées. La France pourrait reprendre cet exemple des cours en langue maternelle pour les enfants roms.



6- La préservation des traditions et des structures traditionnelles est un autre exemple que la France peut prendre sur la Roumanie. Il serait essentiel que le ministre français de l’Intérieur rencontre à Bucarest non seulement des Roumains, mais aussi les représentants des structures traditionnelles des Roms : le roi Cioabă, l’empereur Iulian, les membres du "stabor" [la "cour" de justice des Roms], les chefs des différents clans, etc.

 

Le problème des Roms n’est plus actuellement seulement un problème roumain, mais un problème européen qui tend à se mondialiser. La Roumanie a appliqué et continue d’appliquer les "puissantes politiques d’intégration" énumérées ci-dessus, mais elle n’a aucune chance de devenir un paradis pour les Roms. Le niveau de vie très bas pousse ces nomades vers des pays plus prospères. Il est tout à fait normal qu’ils préfèrent le meilleur niveau de vie. Et dans l’espace européen, on a pu constater que la nationalité roumaine à elle seule est insuffisante pour protéger de la discrimination ces éternels nomades.     link 

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 23:04

| Libération | 23 août 2012

Campements démantelés à Lille : les Roms chassés, leurs animaux relogés

22 août 2012 à 21:16
Dans le campement de fortune établi près du Grand Stade, mardi. La moitié des 30 personnes qui se sont réfugiées là sont des enfants.
Dans le campement de fortune établi près du Grand Stade, mardi. La moitié des 30 personnes qui se sont réfugiées là sont des enfants. (Photo OLIVIER TOURON. FEDEPHOTO)
 

Reportage Les personnes évacuées le 9 août vivent dans des conditions encore plus précaires qu’avant.

Par STÉPHANIE MAURICE Correspondante à Lille  
     

Ce n’est pas très loin du tout neuf Grand Stade de Lille, fierté de la maire socialiste Martine Aubry. Un bosquet au bord d’un champ, que rien n’indique à part un sentier dans les herbes. Les dix tentes qui s’y trouvent sont invisibles depuis le boulevard. Les rabats sont relevés, laissant voir les matelas aux couvertures bien tirées. Peu d’affaires personnelles : les Roms qui vivent ici depuis deux semaines n’ont eu le temps de prendre que l’essentiel. Ils ont été expulsés du campement d’Hellemmes le 9 août, à 6 heures.

 

Ils vivaient à 150 sur cette friche de 10 hectares en face de l’école d’architecture, certains depuis plus de deux ans. Les Roms imitent les cris des CRS : «Police ! Dégage, dégage !» Ils sont une trentaine, la moitié sont des enfants. Pas d’eau potable. Des toilettes sèches ont été improvisées. Des bénévoles font de leur mieux pour les aider, apportent des bouteilles d’eau minérale, des fruits, mesurent la taille des chaussures qui manquent pour deux petites filles aux pieds nus.

 

Chalets. Avant son expulsion, le groupe vivait dans les cabanes construites grâce à l’Atelier solidaire, fondé par des étudiants en architecture. «C’était en mai 2010. On organisait deux fois par an une fête sur la friche. C’était dégueulasse, on était là pour nettoyer, et c’est comme ça qu’on a rencontré les Roms qui s’étaient installés là. Ils nous ont aidés», se souvient Yann Lafolie, président de l’association. Puis arriva août 2010 et le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, durcissant la lutte contre l’immigration illégale et les expulsions massives.

 

Pour les étudiants, c’était l’occasion de mettre leurs cours en pratique en construisant six petits chalets en bois. Le projet a pris de l’ampleur. Un jardin partagé a vu le jour, avec potagers pour les habitants du quartier et les Roms. Des chèvres, des poules pondeuses, un cochon y ont été installés. «Plus aucun enfant des chalets n’allait mendier car ils étaient scolarisés, on prévoyait un atelier d’alphabétisation pour les adultes. La Fondation de France était prête à nous aider», se désole Yann Lafolie, qui voit dans l’expulsion un «gâchis».

 

Les cabanes ont été démontées par les services de la communauté urbaine de Lille, et les bêtes prises en charge par la Ligue de protection des animaux. «Eux, ils ont eu tout de suite un toit», ironise une bénévole de l’Atelier solidaire. Au contraire des familles, dont certaines avec des enfants en bas âge.

 

D’autres campements tout aussi précaires que celui qui accueille désormais le groupe sont disséminés dans la métropole lilloise, sur un terrain prêté par l’évêché ou près d’une voie ferrée. Les associations ne les connaissent pas tous : certaines familles ont choisi la discrétion en attendant que l’orage passe. Martine Aubry n’apprécie guère la situation. Certes, la «grande chef de Lille», comme l’appellent les Roms, avait demandé l’expulsion de la friche. Une décision qu’elle assume, à cause de tensions avec le voisinage. «Nous ne pouvons pas accepter que les populations autour payent le prix fort pour leur présence», a-t-elle martelé lundi. A Hellemmes, le collectif la Voie perdue, créé par un des voisins, tenait un blog recensant les nuisances. Principalement, le brûlage des câbles électriques pour récupérer le cuivre - ce qui provoque d’épaisses fumées noires - et les sonos à fond la caisse. Y avait-il urgence à agir ? L’évacuation est intervenue juste après le discours musclé du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, sur les Roms. Aubry soutient le gouvernement, le démantèlement était impératif : «Rappelons qu’un monsieur a tiré sur les Roms un soir», a-t-elle justifié. L’argument laisse sceptique le collectif Solidarité Roms, qui y voit une dramatisation inutile. Les tirs en l’air provenaient d’un pistolet d’alarme.

 

Fourrière. A en croire Martine Aubry, légèrement gênée aux entournures, son seul point de désaccord avec Valls porterait sur la manière de faire : «Cette évacuation d’urgence s’est passée dans des conditions qui ne nous satisfont pas.» La première secrétaire du PS tacle les services de l’Etat, qui n’auraient pas prévu de terrain où réinstaller les familles en dehors de la métropole lilloise. Ce qui devrait être fait dans les prochains jours, a-t-elle promis, avec aménagement minimum, sanitaires et bennes à ordures vidées régulièrement. Encore faudrait-il que les Roms puissent se loger. Les caravanes impossibles à déplacer ou celles sans papiers ont été placées à la fourrière. Avec toutes les affaires à l’intérieur.

 

La préfecture indique ne pas avoir connaissance «de difficultés concernant la reprise d’effets personnels ou papiers administratifs dans les véhicules saisis». Samir a pourtant tout perdu. Sa caravane de récup n’était pas en règle, il n’a même pas essayé de négocier sa reprise. Sa femme explique, par gestes, qu’elle n’a plus que les vêtements qu’elle porte sur elle. Ils dorment tous les trois, avec leur petite de 7 ans, dans leur voiture. Samir, bac +3 en informatique décroché en Roumanie, vit, comme tous les autres, de la ferraille, des machines à laver ramassées dans la rue. Mais il est fatigué de la France et envisage de passer en Angleterre. Via les jungles de Calais, comme les Soudanais ou les Afghans, lui qui est citoyen européen.

 

Photo Olivier Touron. Fedephoto        link 

 

           
               
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