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  • : le vent qui souffle
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  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 00:04

C'est précisément la montée d'une prétention scientifique qui va conduire les économistes du XIXème siècle à donner à la rationalité un contenu plus explicite. Ils marchent en cela sur les traces d'un grand pionnier, Anne-Robert-Jacques Turgot (1727-1781), qui fut notamment ministre de Louis XVI. En 1769 déjà, Turgot pose les bases d'une théorie du fameux homo oeconomicus, cet agent sans passions, sans humeurs et sans contraintes sociales qui cherche à optimiser l'emploi des diverses ressources disponibles en vue de son propre bien-être.

 

A la fin du XIXème siècle, le mariage de l'utilitarisme de Jeremy Bentham (1789) - actualisé par John Stuart Mill (1848) - et de l'économie néo-classique de Léon Walras et Vilfredo Pareto va, pour longtemps, installer la vision désormais dominante d'une rationalité économique forte: tous les choix économiques résultent d'un calcul de maximisation de l'utilité sous contrainte. La dimension idéologique du programme de recherche économique se fond alors dans sa dimension scientifique.

 

A partir de là, l'économie orthodoxe ne cessera d'accroître le champ d'application de la rationalité forte. En 1944, prolongeant les travaux de Bernoulli (1738), John von Neumann et Oskar Morgenstern étendent le modèle du choix rationnel aux choix en univers incertain, en substituant la maximisation de l'espérance d'utilité à la maximisation de l'utilité.

 

En 1957, Anthony Downs fonde une Analyse économique de la démocratie qui explique les phénomènes politiques par les comportements rationnels d'électeurs et d'hommes politiques maximisant leur utilité individuelle. Peu après, Gary Becker pose les bases d'une extension de la logique du calcul rationnel à tous les domaines du comportement humain jusqu'alors considérés comme extra-économiques: le mariage, la fécondité, la religion, la criminalité...

 

En 1961, John Muth émet l'hypothèse des anticipations rationnelles, qui sera reprise dans les années 1970 par la nouvelle macroéconomie classique. Pour la nouvelle macroéconomie dominante, les individus sont, en moyenne, capables de faire des prévisions correctes parce qu'ils utilisent toute l'information disponible et connaissent parfaitement les mécanismes à l'oeuvre dans l'économie. 

 

Ainsi, de l'intuition initiale d'une quête raisonnée de l'intérêt personnel, on est passé au postulat d'une rationalité cognitive, instrumentale, individuelle et collective, absolument parfaite. Quel que soit le problème considéré, les individus sont toujours en mesure d'identifier et de réaliser effectivement le meilleur résultat possible à la fois pour eux-mêmes et pour la collectivité!

 

Devant ce qui ressemble fort à un authentique délire rationaliste, les détracteurs de la science économique ont beau jeu de faire valoir que, dans le monde réel, les individus se trompent et que la libre poursuite des intérêts personnels dans les économies de marché produit aussi de gigantesques ratages, un gaspillage catastrophique des ressources non reproductibles, l'essor d'une économie criminelle, des drames sociaux, des crises à répétition, etc.

 

  Jacques Généreux, Les Vraies lois de l'économie, Seuil, p. 209-212

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 00:04

La Fable des abeilles de Mandeville (1717) ouvre le siècle des Lumières en affirmant que les vices privés font les vertus publiques; la Richesse des nations d'Adam Smith (1776) le clôture par la métaphore de la "main invisible" qui semble guider les choix économiques purement égoïstes vers des solutions bénéfiques à la collectivité.

 

Dans la Théorie des sentiments moraux (1769), Adam Smith avait déjà esquissé une morale de l'intérêt. Il pense que la quête de l'intérêt, stimulée par le développement de la société marchande, est au fond une bonne chose car elle canalise et ordonne une énergie qui pourrait s'investir dans des passions violentes sources de désordre personnel et social. Le slogan de cette morale pourrait être: "Faites du commerce, pas la guerre!".

 

L'essentiel est de comprendre qu'Adam Smith énonce moins une loi scientifique déterministe - associant des choix individuels égoïstes à des bienfaits collectifs - qu'il n'exprime l'espoir d'une transformation morale engendrée par l'essor des relations et de la sympathie entre les hommes.

 

Comme le montre par ailleurs Benoît Prévost ("Adam Smith: vers la fin d'un malentendu", L'Economie politique, n°3, 1er trimestre 2001, p. 101-112), la métaphore de la "main invisible" exprime davantage la foi dans la réalisation d'un projet divin à l'oeuvre dans l'histoire - qui préfigure l'idéalisme hégélien - qu'une prétention scientifique à démontrer comment la recherche de l'intérêt privé engendre mécaniquement l'intérêt général. 

 

Jacques Généreux, Les Vraies lois de l'économie, Seuil, p. 208-209 

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 00:04

Comme le suggère Bernard Walliser (in L'Economie cognitive, Odile Jacob, 2000), on peut distinguer deux moments de la rationalité: un moment "cognitif" (la phase de collecte et de traitement des informations à partir desquelles seront prises les décisions) et un moment "instrumental" (la phase où l'on choisit les actions supposées adaptées aux objectifs poursuivis).

 

Notons bien, dès lors, qu'une parfaite rationalité instrumentale est compatible avec des résultats médiocres ou catastrophiques si les informations disponibles et/ou leur traitement sont imparfaits. Le meilleur des moteurs s'encrasse et finit par s'arrêter net si on ne lui offre pas le bon carburant.

 

Aussi doit-on distinguer une rationalité forte et une rationalité limitée. La rationalité forte (ou parfaite) suppose des individus ayant un accès parfait aux informations adéquates, une capacité de calcul et de traitement des informations optimale, au point que, dans la phase instrumentale, ils prennent les meilleures décisions, celles qui maximisent le résultat obtenu compte tenu des moyens disponibles.

 

A l'opposé, une rationalité limitée implique des acteurs incapables d'identifier et de choisir le "meilleur" résultat et qui s'efforcent seulement de prendre de "bonnes" décisions, c'est-à-dire d'effectuer des choix raisonnables compte tenu de ce qu'ils savent ou croient et qui leur procurent un mieux à défaut du mieux.  

 

On peut aussi distinguer une rationalité substantielle qui concerne les résultats effectifs des choix (sont-ils cohérents, optimaux, efficaces, conformes aux attentes des décideurs, etc.?) et une rationalité procédurale qui concerne la méthode de choix (compte tenu des moyens disponibles et des contraintes, la procédure d'analyse et de décision est-elle la meilleure possible?). 

 

L'essentiel des difficultés et des polémiques sur ce sujet vient de ce que la tendance dominante des économistes au XXème siècle a été d'imposer une vision substantielle et forte de la rationalité parce qu'elle était nécessaire au développement d'une économie mathématique imitant la méthode des sciences physiques. 

 

Jacques Généreux, Les Vraies lois de l'économie, Seuil, p. 205-207

 

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 00:04

Les économistes sont des grands prêtres. Ils ne cherchent pas la vérité, ils la révèlent... Si les marchés parfaits n'existent pas dans le monde réel, n'est-ce pas justement la preuve qu'il nous faudrait des marchés parfaits? C'est imparable...

 

Si les hommes ne sont pas fous mais rationnels, la seule explication raisonnable à l'absence persistante des marchés de concurrence pure et parfaite, après des siècles de capitalisme de marché, serait qu'ils sont, en vérité, une pure chimère irréalisable. Blasphème inadmissible, bien sûr...

 

Et en économie, Satan a un nom: ce sont l'Etat et ses armées de politiciens et de bureaucrates qui vampirisent le monde... Il faut bien d'inflexibles grands prêtres pour défendre les dogmes salvateurs et excommunier les sataniques fossoyeurs de la libre concurrence.

 

La cause est si noble que, comme il arrive, hélas, dans toutes les religions, certains trouvent tous les moyens bons pour la défendre, y compris le mensonge, la désinformation et la trahison de leurs propres évangiles.

 

Ainsi passera-t-on sous silence les dizaines de théorèmes découverts dans les temples de l'économie orthodoxe et qui ont démontré l'impossibilité et la nocivité radicales d'une économie de marchés parfaitement concurrentiels...

 

 Jacques Généreux, Les Vraies lois de l'économie, Seuil, p. 190-191 

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 15:04

En effet, si les anticipations étaient parfaites, elles renforceraient plutôt l'efficacité des politiques publiques, à chaque fois qu'elles sont nécessaires. Las, anticipation n'est pas raison: dans le monde réel, l'insoutenable légèreté des anticipations fait parfois peser des menaces de crises systémiques qui appellent plus, et non moins, de régulation politique.

 

 Jacques Généreux, Les Vraies lois de l'économie, Seuil

Loi n°11

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 11:04

Contrairement au postulat classique actualisé par le monétarisme, la monnaie n'est pas neutre: elle a des effets réels sur l'investissement, la croissance et l'emploi et pas seulement sur les prix. La politique monétaire est donc un outil irremplaçable de régulation de l'activité. Et la rationalité des anticipations ne change rien à l'affaire.

 Jacques Généreux, Les Vraies lois de l'économie, Seuil

Loi n°10

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 23:04

Si la quête d'un Etat minimal et d'un marché maximal n'est en rien fondée sur le plan microéconomique, il en va de même sur le plan macroéconomique. Les déséquilibres macroéconomiques sont inhérents au fonctionnement réel des marchés. Et tout, dans la pratique comme dans la théorie, indique que pour corriger ces derniers, les politiques keynésiennes demeurent des outils indispensables et efficaces.

Jacques Généreux, Les Vraies lois de l'économie, Seuil

Loi n°9

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 19:58

La baisse des impôts n'est pas plus prioritaire que la baisse du prix des automobiles, puisque tous les biens privés ou publics, marchands ou non marchands, sont également créateurs de richesses, dès l'instant où ils satisfont des besoins. L'impôt n'est donc pas un prélèvement sur des richesses qui seraient créées par la seule sphère marchande: il est le prix à payer pour la création d'une richesse. Le bon niveau de l'impôt n'est donc pas le plus bas possible, mais celui que les citoyens d'une démocratie effective sont disposés à payer pour la production des services collectifs.

Jacques Généreux, Les Vraies lois de l'économie, Seuil

Loi n°8 

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 14:04

La généralisation d'une concurrence parfaite serait une catastrophe économique. Car les vertus de la concurrence ne tiennent pas seulement à la liberté des acteurs, mais aussi aux institutions et réglementations qui l'empêchent de dégénérer en guerre économique.

 

  Jacques Généreux, Les Vraies lois de l'économie, Seuil

Loi n°7

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 23:04

 

Loin d'être séparable du choix d'un système économique, la justice est le problème économique majeur et intrinsèquement lié à toute question économique. Et ce, pour deux raisons:

 

1) toute action en vue d'assurer un usage plus efficace des ressources affecte la répartition du bien-être entre les individus et soulève donc le problème de la juste répartition;

 

2) si l'efficacité d'une société se définit par l'adaptation optimale de ses moyens aux fins qu'elle poursuit, une société efficace est avant tout une société juste;

 

et s'il n'existe à ce jour aucune définition universelle et incontestée de la justice, un quasi-consensus se dégage néanmoins pour penser qu'une société juste offre une égale capacité d'exercer les libertés qui permettent aux hommes et aux femmes de mener leur vie selon leur conception.

 

Jacques Généreux, Les Vraies lois de l'économie, Seuil

Loi n°6 

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