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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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Ballet d'oiseaux

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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 23:04
Le Jokari

 Le Jokari a été publié en juin 2015 par La Chambre d'échos sous le titre Le joueur initial

___________

 

Extrait

 

   

     Je donnais l’impulsion. J’étais à l’origine de cet élancement dans l’espace-temps. L’index en appui sur l’instrument qui permettait cette projection de moi-même, j’essayais de donner à mon poignet la souplesse et la force nécessaires pour une telle parabole. Il fallait que je fixe déjà à peu près le point que je souhaitais atteindre avant même de connaître la trajectoire. Je m’élançais dans l’inconnu en choisissant avec soin les champs d’atterrissage. La petite balle du Jokari devait éviter de casser les vitres ou de toquer contre les portes. La craie contre l’ardoise ou la plume sur le cahier devaient enrouler des lettres formant des suites de mots formulant des phrases alignées dans le bon sens jusqu’à l’aboutissement du texte. Si j’étais le point fixe de la parabole, je me trouvais aussi sur son parcours à des endroits parfois inattendus. Sujet et/ou objet de l’action/observation. J’avais une imagination élastique. Il suffisait d’un rien pour que démarre la machinerie du rêve. Je me fabriquais des histoires que les livres de l’école m’incitaient à transcrire sur un support. Sur la terre battue de la rue, pour me reposer du Jokari, je pouvais tracer avec un clou les lignes d’une marelle. Entre l’enfer et le paradis, il y avait de la place pour l’amusement. Les idées ne prenaient forme que dans l’incertitude. Nos jeux d’enfants commençaient toujours par « Et si… ». Et si j’étais le Petit Poucet ? Et si tu étais le bandit et moi le shérif ? On me trouvait des airs de garçon manqué. J’avais certes des dispositions pour les jeux de garçons, mais c’était sans doute plutôt parce que je portais les vieux habits recyclés de mon frère. Ma véritable identité se retrouvait coincée entre cette apparence garçonnière et une sensibilité à fleur de peau, entre l’attrait exercé par le monde extérieur et l’obligation intériorisée de ne pas sortir des limites qui s’imposaient aux filles. Je lançais des ballons d’essai qui n’étaient pas tous une réussite. Quand mon père me renvoyait la balle, hélas, c’était pour me déjuger. Si je ne pouvais pas faire ceci ou cela parce que j’étais trop petite, ce n’était pas grave puisque je grandirais. Mais en être empêchée pour la seule raison d’être une fille était injuste.

 

     Le jeu, précisément, permettait de changer de position, de champ d’attribution. Quand je jouais au Jokari, je sortais de ma nonchalance, je sautais, je virevoltais, j’étais ici et là-bas, multiple, rapide et bondissante, étonnante d’adresse même si je restais déconcertante d’imprécision, rouge de plaisir, propulsée, emportée, parfois encore arrêtée dans mon élan, découragée, enroulée sur moi-même, mais aussi prête à me détendre comme un élastique, souple, légère, agile, impossible à reconnaître. Le Jokari autorisait cette métamorphose. Je retrouvais le même plaisir dans mes jeux d’écriture. Et si ?... Pour raconter une histoire, j’émettais une hypothèse. Je me faisais aussi une idée de la conclusion que je souhaitais lui donner. Entre les deux, je suivais le fil élastique de mon imagination. Je me concentrais sur mes pensées comme sur la petite balle du Jokari. Je constatais qu’elles aussi pouvaient rebondir ou rester coincées par un obstacle. Mieux que dans la vie réelle, je trouvais des solutions inédites qui me permettaient de m’en sortir. Mais il arrivait aussi que je reste comme noyée au milieu de mes phrases. Je n’aimais pas cette sensation d’enfoncement sur du sable mouillé, que j’avais expérimentée lorsque mes parents m’avaient fait découvrir la mer. Le miroitement des vagues à l’infini m’avait inquiétée. Le sol sur lequel je réussissais à me tenir debout depuis si peu de temps se dérobait sous mes pas, se creusait sous le poids pourtant léger de mon corps. Je me découvrais dans l’incapacité de rejoindre ma mère qui me faisait signe pour que je la rejoigne au milieu des vagues. Immobile et comme tétanisée, je me laissais enfermer dans le piège du sable mouvant qui aspirait mes pieds. J’étais devenue une statue de sel qui ne pouvait répondre aux appels des vivants qui agitaient les bras au loin. Je ne sais pourquoi cette expérience angoissante s’est révélée fondatrice, comme si tout au long de ma vie j’avais réitéré les conditions d’une paralysie intérieure. Mon père était venu me dégager d’un coup sec, comme plus tard le fils du boulanger devant l’étendue dérisoire de la flaque. De dérobades en sidération, je risquais ainsi d’abandonner à d’autres le fil conducteur de ma vie. Quand je saisissais la raquette du Jokari, je me faisais l’effet de prendre en main mon existence. Celle-ci était faite d’alternances contrastées entre la passivité et l’action. Qui étais-je vraiment ? Je préférais évidemment ressentir le sentiment euphorique d’avoir prise sur les éléments en me battant comme je le faisais contre la petite balle du Jokari. Mais à d'autres moments je ne pouvais éliminer de ma tête, pour l’avoir ressentie avec force à l’orée de ma vie, la sensation traumatisante de ne plus pouvoir agir, d’être privée de tout moyen d’action parce que l’ennemi est invisible, fourbe, diabolique et tout-puissant.

      

 

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 23:04

     Je ne joue plus au Jokari. Du moins, en vrai. Car dans ma tête, je n’ai jamais cessé. Ce jeu est propice à la méditation. Il apprend à rebondir dans la vie, à suivre le fil de ses idées, à calculer les trajectoires. Il a une force imaginante qui propulse dans l’univers des comètes et du ciel étoilé. La dynamique des rêves qu’il inspire projette les pensées vers l’horizon rendu possible d’un paradis imaginé-imaginaire. Les non-souvenirs deviennent des souvenirs. Ainsi, les rires dont je ne me souviens pas se déversent en cascades sur les collines de mon enfance resituée, restituée, dans une histoire heureuse. Notre famille pique-nique sur les rives verdoyantes d’une vie réinventée. Nous sommes identiques, mais dans nos yeux affleurent les reflets d’une source qui s’est ouverte à l’intérieur de nous-mêmes. Aux scènes antérieures embrumées par le souci se superposent les moments heureux d’une vie dont la trajectoire n’a pas été entravée. L’impulsion donnée au départ n’a été que légèrement modifiée. La pression des doigts sur la raquette, l’orientation du poignet, la volonté du Joueur initial ont orienté la balle de notre destin au-delà de toute espérance. Mes non-souvenirs deviennent de vrais souvenirs. Mon père et ma mère s’amusaient avec moi, ils avaient le temps, ils étaient détendus. Nous marchions ensemble sous le soleil tamisé par la douceur du vent entre les arbres qui bruissaient de murmures attendris. Nos pas faisaient crisser les premières feuilles caduques de la fin de l’été. Mon frère ramassait de petites hélices qu’il faisait tournoyer dans l’air. J’étais attentive aux sensations que je ressentais. Le chant modulé des oiseaux inscrivait ses notes légères dans mon paysage mental. Je n’étais pas tombée dans le cours d’eau qui longeait la grande allée de tilleuls. La fraîcheur de l’eau épousait celle de l’ombre. La barque de mes rêves glissait sur les rives. Je me laissais étonner, l’inquiétude pointait. Tout ce bonheur était-il possible ? La réponse était évidente, puisque nous étions en train de le vivre...

 

LE JOKARI

 

 


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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 23:04

        Mon goût pour la lecture et sans doute aussi pour l’écriture venait à n’en pas douter des longs après-midis dominicaux passés chez ma grand-mère paternelle. Après sa mort, mon père avait rapporté chez nous ses piles de journaux. Plusieurs années après, je les lisais encore. Chroniques, éditoriaux, articles de fond, reportages, enquêtes, feuilletons, prédictions, l’ensemble formait une sorte d’almanach complexe qui me donnait accès à des savoirs hétéroclites qui n’étaient pas censés concerner ma vie d’enfant. Mes fouilles répétées dans ce millefeuille appétissant avaient fini par dégager le socle d’une sorte de sagesse composite qui me donnait des airs d’adulte. La pâte à papier des journaux se modelait entre mes mains curieuses en objets de réflexion qui, de rebond en rebond, m’attiraient aux limites des questions possibles. Les imprimés apportaient leur lot de réponses que ma conscience toute neuve confrontait à mon peu d’expérience. Je me faisais une idée du bien et du mal à propos de sujets qui me conféraient une longueur d’avance sur l’existence. C’était comme si j’apprenais la vie dans les coulisses.


       Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir rêvé ma vie. D’être le personnage d’un roman analogue à ceux que lisait ma grand-mère autrefois. Qui suis-je sinon le souvenir de moi-même ? Que sommes-nous sinon des reflets fugaces aperçus parfois dans le tryptique d’un miroir ? Voici donc qu’approche le point final de cette méditation commencée dans les vapeurs d’une bière oubliée. L’élasticité de ma mémoire m’a conduite de rebond en rebond sur la trajectoire de ma prime jeunesse, dans les rues de A.

 

      J’ai parcouru les rues de cette ville pendant une quinzaine d’années, de 1955 à 1970 environ. Je n’y reviendrais jamais plus après 1980, l’année de la mort de mon père. Non seulement j’avais été incapable de me représenter, enfant, ce passé si proche où la ville avait été rasée, au début de la première guerre mondiale, mais je n’avais pas soupçonné la disparition si rapide de mes parents qui incarnaient alors pour moi la permanence (le décès de ma mère date de 1974). Maintenant que je suis sereine, (presque) complètement sereine, je peux me souvenir de A.. Peut-être même y retournerai-je un jour prochain, pour fermer une boucle, avant de clore l’orbe de mon parcours sur la terre. Ou peut-être que non. Non, je n’irai pas confronter le mythe de mes souvenirs à la réalité physique d’une ville et d’une vie qui ne sont plus miennes. L’élasticité de la mémoire vécue irait se rompre contre les arêtes vives d’un présent où je n’ai plus ma place. La vraie vie est dans la force du lien qui tisse la complexité de l’expérience. Parcourir, aujourd’hui, les rues de cette ville serait anecdotique. Elle n’abrite plus mes rêves et plus personne ne m’y attend. Pire, je risque de trouver là-bas un désert. Dans d’autres villes qu’il m’arrive de traverser à l’occasion d’un voyage, mon regard neuf s’accroche aux formes, lignes épurées de l’architecture contemporaine ou volutes des villes anciennes, pour les faire chanter et m’enchanter. Je les laisse me soulever et m’inspirer. Elles me racontent, à leur façon, une histoire en apesanteur. Là-bas comme ici, je ne ferais que passer, mais là-bas, le passé serait pesant, ici, je me repose dans les oasis de ma mémoire...  

 

LE JOKARI

 

 


 

 


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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 23:04

Mes phrases se superposaient et se raturaient en dessinant une sorte de portrait flou de moi-même à cet instant de l’écriture. Je prenais du recul pour observer tantôt avec satisfaction, tantôt avec inquiétude, l’enchevêtrement de consonnes et de voyelles qui s’enroulaient les unes sur les autres pour composer la partition de mes rêves. Les mots avaient un visage qui m’était plus ou moins familier. Parfois (souvent), j’avais affaire à de parfaits inconnus. Le dictionnaire m’en donnait une définition qui m’obligeait à chercher à comprendre le sens des mots de la définition elle-même. Les mots se renvoyaient la balle et venaient rebondir sur le terrain de ma propre expérience, où j’évaluais in fine leurs possibilités...

 

LE JOKARI

 

 


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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 23:04

    Le premier sujet de l’année avait porté sur l’automne. Il fallait évoquer les impressions ressenties le matin sur le trajet qui menait au collège. Je ne regrettais pas la fin de l’été car je m’étais ennuyée. Je ne regrettais pas non plus le western que je n’étais pas allée voir chez de vieux amis de mes parents qui venaient d’acquérir un poste de télévision. J’irais le dimanche suivant et je prendrais l’habitude, cette année-là, de 1963 à 1964, d’alterner les séances en noir et blanc offertes gratuitement par ces personnes âgées remplies de bienveillance à mon égard, et les séances d’écriture ouvertes à mon bon plaisir par les sujets décochés d’un revers de plume par notre professeure. Je m’étais enfoncée avec un certain plaisir dans le brouillon-brouillard de la rédaction à rendre le lendemain. Je jouais à cache-cache avec le voile blanc-gris de la pluie. Les petites gouttes tapotaient les vitres en face de moi puis s’écoulaient lentement contre elles en dessinant de petites chaînes transparentes qui concentraient la lumière. Je leur abandonnais le trésor de mes rêveries...

 

LE JOKARI

 

 

 

 

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 23:04

Le langage écrit me réconciliait avec le monde. J’aimais les phrases pour les accords qu’elles créaient entre la beauté et la bonté. Les cours de Français me libéraient de mes tensions comme le Jokari. La rédaction à faire à la maison tombait tous les quinze jours. Elle m’apparaissait comme un pensum au moment d’inscrire le sujet dans le cahier de texte, ensuite je l’oubliais jusqu’au dimanche après-midi qui précédait la remise des copies. J’étais en classe de cinquième. La jeune professeure avait perçu mon goût de l’écriture. Encouragée, je tenais à lui faire plaisir et à déjouer les  mauvais augures qui m’avaient prédit des déboires scolaires. Un dimanche après-midi sur deux, je prenais donc rendez-vous avec moi-même. La difficulté du sujet s’atténuait au fur et à mesure que je l’apprivoisais. Je plongeais dans le dictionnaire. Je confrontais chaque mot du sujet aux définitions qu’il proposait. Je passais ainsi sans doute plus de temps à m’imprégner du vocabulaire qu’à rédiger le texte de la rédaction à rendre le lendemain. Assez vite, j’oubliais l’objectif à proprement parler de mon travail, la production d’un texte, pour n’en percevoir que l’aspect gratuit qui me comblait. Je ressentais les sensations, je revivais les émotions que le sujet m’inspirait. Leur traduction en mots devenait un défi personnel.

 

LE JOKARI

 

 


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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 23:04

Au milieu de la route en terre battue, quand je ramassais la balle en caoutchouc, je la serrais entre mes mains comme une petite boule chaude de bonheur. Dans le creux de mes paumes, elle semblait palpiter comme un oiseau. J’écoutais ainsi le cœur battant du langage. Son rythme binaire assurait le tempo d’une musique chatoyante, dont j’apprenais à discerner les multiples reflets. Je prononçais les sons en silence, avec ou sans accent. Ma diction intérieure se mettait en harmonie avec le nuancier de la palette des mots du dictionnaire. L’écrit était une musique de sons et de sens. Ré, si ? ré, si ? Récit de mes silences et de mes doutes, récits de mes bonheurs fragiles.

 

LE JOKARI

 

 

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 23:04

L’expérience naissante m’apprenait à combiner l’exercice de la volonté pour viser juste et l’abandon confiant au mouvement de l’inspiration, à son déroulé tranquille. J’apprenais la maîtrise du geste. Le continent de l’écrit m’offrait l’océan de ses paysages. L’immensité qui me faisait peur était ponctuée par la balle-bille de mon stylo-Jokari. Le fil-élastique de ma vie se glissait entre les lignes méridiennes et parallèles du Globe. Il pouvait se casser. Je coupais les bouts fragilisés et tâchais de nouer solidement les deux brins résiduels. Les vieux marins savaient naviguer sur des embarcations de fortune.

 

ENFANCE

 

 


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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 00:04

Je faisais de mes mots un bouquet que je lançais contre l’adversité. Les tiges de mes phrases réunies en faisceaux dessinaient sur la page un horizon de silence où se taire faisait accéder à la lecture intérieure d’un mystère. Le dictionnaire contenait en germe toutes les phrases possibles. Il était le terreau de tous les écrits à venir. J’éprouvais pour lui une sorte de dévotion religieuse. Il était devenu le sol où je prenais appui pour faire rebondir les histoires que j’écrivais.

 

ENFANCE

 

 


 

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 00:04

De moi-même, avec les seuls mots dont je disposais oralement, je ne serais jamais allée aussi loin, je n’aurais pas tenu mon phrasé aussi longtemps. Le déroulé de mes pensées sur la page leur donnait une cohérence dont je ne me savais pas capable. Comme avec le Jokari, j’avais envie de viser encore plus loin, encore plus fort. J’avais envie de parvenir à cet endroit du langage et de la mémoire où il est possible de se rassembler, de relier les parties ou les éléments dispersés de soi-même.

 

ENFANCE

 

 


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