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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 00:00
 (nouveau site)
 Memorandum des mesures du quinquennat de François Hollande
mai 2012  
  • Moratoire sur la construction de l'aéroport Notre-Dame des Landes, à Nantes (maire: Jean-Marc Ayrault, nommé premier ministre le 15/05).
  • Baisse de 30% du salaire du président de la République et des ministres.
  • Limitation de la rémunération des patrons d'entreprises publiques à 20 fois le plus bas salaire de l'entreprise.
  • Rétablissement de l'ancien barême de l'impôt sur la fortune [FH a déclaré posséder un patrimoine personnel, immobilier, de 1,117 million d'euros].
  • Formation d'un gouvernement paritaire le 16/05 (première fois en France: 17 hommes/17 femmes).  
  • Réception du nouveau président de la République, à l'Hôtel de Ville de Paris, trop somptueuse et monarchique (trônes!).

juin 2012

  • Mélange des genres vie publique/vie privée: tweet de Valérie Trierweiler, le 12 juin, contre Ségolène Royal, candidate aux législatives à La Rochelle. 
  • Augmentation dérisoire du salaire minimum (SMIC): 22€ mensuels, soit 2% dont 1,4% pour compenser l'inflation... 

 

juillet 2012

  • Rodomontades inefficaces du ministre du redressement productif à propos de la crise de l'industrie automobile française.
  • L'augmentation annoncée du bonus en faveur des véhicules propres n'est pas en phase avec la production française (report à 2013 de la commercialisation de Zoe, la voiture électrique de Renault...).

 

août 2012

  • Suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires. 
  • Poursuite du démantèlement des campements de Roms, sans solution de relogement, par le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. 

 

octobre 2012

  • Expulsion manu militari des opposants au projet d'aéroport Notre-Dame-des-Landes. 
  • Construction de l'EPR de Flamanville: le débat sur l'avenir énergétique de la France n'a pas eu lieu. L'accord d'EELV avec le PS a rendu inaudible la campagne présidentielle d'Eva Joly et la participation des Verts au gouvernement s'avère inefficace dans les domaines où leur apport devrait être déterminant.   
  • Remboursement à 100% de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) pour toutes les femmes.
  • Gratuité de la contraception pour les mineures de 15 à 18 ans.

 

novembre 2012

 

décembre 2012 

  • conclusion d'un mauvais accord avec Mittal pour le site de Florange.
  • Gouffre financier de l'EPR de Flamanville, dont le coût, initialement de 3 milliards, vient encore d'être revu à la hausse pour se situer désormais à 9 milliards d'euros. Où sont passés les Verts

 

janvier 2013 

  • abrogation du délit de solidarité qui avait été voté par la précédente majorité le 20/12/2011. 
  • intervention armée au Mali à la demande du gouvernement malien pour lutter contre les terroristes intégristes.  

 

mai 2013

  •  vote de la loi permettant aux couples homosexuels de se marier.

 

octobre 2013

  • affaire Leonarda: ou la cruauté zélée d'un ministre de l'Intérieur qui n'hésite pas à expulser une famille vivant en France depuis plusieurs années et dont la situation aurait été régularisée quelques mois seulement plus tard... Cette affaire survient après la stigmatisation des Roms par Manuel Valls qui a déclaré le 24 septembre que ceux-ci sont incapables de s'intégrer! De fait, Manuel Valls s'acharne contre les Roms depuis août 2012, avec l'appui du premier ministre et du président de la République.   
  • reculs systématiques du gouvernement à chaque protestation du Medef: taxe Tobin, taxe sur l'excédent brut d'exploitation, etc...

 

novembre 2013 

  • recul sur l'écotaxe à la suite des manifestations bretonnes organisées par les bonnets rouges. 

 

décembre 2013

  • suppression du délit de racolage passif votée par l'Assemblée Nationale le 4 décembre 2013, et pénalisation du client (1.500€).
  • intervention française en Centrafrique pour éviter un massacre (cf Rwanda).

 

janvier 2014

  • les masques tombent: François Hollande fait une sorte de discours de politique générale (18 mois après son accession au pouvoir!) clairement libéral lors de sa conférence de presse du 14 janvier... 
  • FH s'abrite derrière le clivage vie privée/vie publique pour éviter de répondre aux questions des journalistes au sujet de sa liaison avec Julie Gayet; mais pourquoi donc a-t-il lui-même intronisé Valérie Trierweiler première dame de France? En mai 2012, il aurait pu faire évoluer la démocratie française et le statut des femmes en supprimant la fonction attribuée par l'usage à la personne qui vit avec le chef de l'Etat. 
  • vote d'une loi sur le non-cumul des mandats (mise en oeuvre en 2017).
  • entrée de l'Etat au capital de Peugeot.
  • trois fois je dans le communiqué de François Hollande sur sa rupture avec Valérie Trierweiler: ego surdimensionné du chef de l'Etat (cf moi, président!!!)...
  • pari raté (inversion de la courbe du chômage à la fin de l'année 2013) ou engagement non tenu de François Hollande: le chômage a augmenté d'environ 6% sur toute l'année 2013.

 

mars 2014

  • grave défaite électorale du parti socialiste aux élections municipales des 23 et 30 mars: perte de 155 villes de plus de 9.000 habitants.
  • allocution de François Hollande enregistrée et diffusée le lundi 31 mars vers 20H: il dit avoir compris les Français mais nomme premier ministre Manuel Valls qui suscite le rejet de l'électorat de gauche pour son "blairisme" (très faible score aux primaires socialistes de 2011) et sa stigmatisation des Roms (il fait l'objet de poursuites judiciaires à la Cour européenne...). Les institutions françaises manquent de transparence démocratique: les socialistes qui avaient dénoncé le coup d'état permanent à l'époque du général De Gaulle le réitèrent sans vergogne et sans retenue quand ils sont au pouvoir... 
  • les Verts refusent de participer au nouveau gouvernement, mais pourquoi diantre ont-ils tenu à participer au premier et avaient-ils renoncé à faire campagne contre le nucléaire en 2011-2012?
  • Ségolène Royal est nommée ministre d'Etat de la transition écologique et de l'énergie: son expérience en Poitou-Charente, ses convictions sociales-écologiques et sa pugnacité rendent cette nomination cohérente, pourvu qu'elle ait les moyens de sa politique: cf MEDIAPART...  

 

juin 2014

  • Ségolène Royal, qui avait porté, en 2006-2007, les idées et le projet d'une politique alternative sociale, écologique et participative, s'aligne déjà sur les positions désastreuses du président de la République et de ses gouvernements successifs, en se soumettant aux lobbys du nucléaire: il n'est plus question de fermer Fessenheim, la capacité nucléaire sera maintenue à son niveau actuel, et les déchets hautement radioactifs seront enterrés malgré les risques incalculables que cela comporte et l'opposition déclarée d'une partie de la population.       

 

juillet 2014

  • Pas un mot de François Hollande sur les victimes palestiniennes au moment de l'attaque israélienne à Gaza.
  • Interdiction de manifestations pro-palestiniennes à Paris par le gouvernement Valls.
  • La France et l'Europe se trompent de combat: la guerre froide est terminée, l'Union soviétique n'existe plus;la Russie pourrait étre une alliée au Moyen-Orient, notamment en Irak contre les djihadistes.

 

août 2014

  • Les ambitions se dessinent et les plans se mettent en place pour 2017: après Cécile Duflot et son livre ravageur contre François Hollande, c'est Montebourg qui prend ostensiblement ses distances. Le premier gouvernement de Manuel Valls aura à peine duré 4 ou 5 mois et n'aura pas survécu à l'été.
  • Le gouvernement Valls_2 ne cherche même plus à sauver les appparences. Le nouveau ministre de l'économie est un ancien banquier qui brandit déjà le chiffon rouge des 35H ... L'ennemi de F. Hollande n'est évidemment pas la finance, mais le salariat! 
  • En réalité, au-delà des hommes (ou femmes?...) et des péripéties, il y a une réelle continuité à la tête de l'Etat depuis le choix de François Mitterand d'une Europe libérale, et la nomination de Jacques Delors à la tête de l'Union européenne... François Hollande n'est après tout qu'un ancien bébé Delors!

 

septembre 2014

  • Faut-il évoquer l'épisode Rebsamen? Pour le ministre du travail, le problème n'est pas le chômage, mais les chômeurs!!!... 
  • L'indignation suscitée par les propos du ministre du travail n'a pas eu le temps de vraiment s'exprimer que déjà brûle un autre feu avec la publication du livre de Valérie Trierweiler, "Merci pour ce moment"... (Quand vie privée et vie publique ne devaient plus rimer ensemble, quand devait être mis fin à la peopolisation au plus haut sommet de l'Etat...)
  • François Hollande ne rassemble plus que 13% d'opinions favorables...
  • Premières frappes aériennes françaises en Irak dans le cadre de la coalition internationale contre les terroristes de l'Etat islamique, mais pourquoi s'interdire des frappes contre l'Etat islamique en Syrie?
  • Elections sénatoriales: le parti socialiste perd la majorité.

 

octobre 2014

  • Gel du salaire des fonctionnaires jusqu'en 2017!
  • Abandon par Ségolène Royal de la taxe écologique sur les poids lourds sous la pression des bonnets rouges bretons, et remplacement par une ponction de 2 centimes/litre sur le prix du carburant consommé par les voitures particulières.
  • Recul sur le nucléaire: le plafonnement à 50% prévu dans la loi de transition écologique est un tour de passe-passe qui entérine en fait le statu quo; les autres énergies monteront en puissance, le parc nucléaire sera maintenu à son niveau actuel.
  • Souveraineté de la France? François Hollande a tenté de cacher puis de minimiser une lettre de recadrage de la Commission européenne à propos de la loi de finance pour le budget de 2015.
  • La garde des sceaux, Christiane Taubira, a annoncé, jeudi 23  octobre, à l’Hôtel de ville de Paris, à l’occasion d’une soirée d’hommage et de la projection du film L’Honneur des gueules noires, de Jean-Luc Raynaud, consacré à la grande grève de 1948, que le gouvernement déposera un amendement au projet de loi de finances pour 2015 reconnaissant le  » caractère discriminatoire et abusif «  de leur licenciement. 
  • Violence policière à l'encontre de Rémi Fraisse(21 ans) au Testet à l'occasion d'une manifestation contre le barrage de Sivens; les autorités de l'Etat attendent 2 jours avant de formuler un sentiment de compassion envers la victime et sa famille; le ministre de l'Intérieur Bernard Caseneuve se refuse à parler de bavure et à se remettre en cause alors qu'il est établi que la mort a été provoquée par un tir de grenades offensives...

 

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après les 7 et 11 janvier 2015

 

     François Hollande bénéficie d'un nouvel état de grâce après les massacres de Charlie hebdo et de l'hypercaher. Les Français ont redécouvert leur attachement aux valeurs de la République et se sont montrés profondément soudés au cours de manifestations spontanées et dans l'organisation de marches républicaines. Le peuple souverain s'est levé pour manifester sa volonté de liberté inaliénable. Or, la devise républicaine repose sur trois piliers: "Liberté", mais aussi "Egalité" et "Fraternité". François Hollande comprendra-t-il qu'il doit changer la feuille de route gouvernementale?

 

     Il semble que s'ouvre une nouvelle ère. Le président de la banque centrale européenne, Mario Draghi, a fait savoir le 22 janvier que celle-ci rachèterait désormais de la dette à hauteur de 1.000 milliards d'euros. Le dimanche 25 janvier, le peuple grec a porté SYRIZA au pouvoir. La baisse de l'euro, qui desserre l'économie, et la volonté des peuples européens d'en finir avec la politique déflationniste anti-sociale de leurs dirigeants laissent augurer une nouvelle ère pour l'EUROPE. La plus vieille démocratie européenne vient de montrer que celle-ci ne peut pas exister contre les peuples. 

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février 2015

 

  • François Hollande et Angela Merkel prennent l'initiative d'engager des négociations avec Vladimir Poutine au sujet de l'Ukraine, qui aboutissent aux accords de Minsk II et au cessez-le-feu du 15 février.

 

mars 2015

 

  • Généralisation du tiers payant médical pour améliorer l’accès aux soins.
  • Mise en oeuvre de la parité hommes/femmes aux élections départementales.

 

juin 2015

 

     Les naufrages répétés de migrants en Méditerranée ont suscité une émotion de façade chez les dirigeants, qui se refusent à prendre les mesures nécessaires pour accueillir les réfugiés politiques, économiques ou climatiques, et les victimes des guerres. François Hollande et Manuel Valls ont ainsi repoussé implacablement manu militari les réfugiés qui tentaient de franchir la frontière franco-italienne à Vintimille.

     En 2014, la France n’a délivré que 500 visas au titre de l’asile à des Syriens et prévoit de n’en délivrer à nouveau que 500 en 2015.

 

5 juillet 2015

 

     Le NON au nouveau plan d’austérité voulu par l’Eurogroupe a été voté à une large majorité (61,31%) par le peuple grec à l’issue du referendum proposé par le premier ministre Alexis Tsipras, qui est sorti vainqueur de la consultation. Au cours des négociations qui se sont déroulées de janvier à juin, la voix de la France ne s’est pas distinguée de celle de ses partenaires, tous plus inflexibles les uns que les autres. François Hollande sera-t-il capable dans les jours qui viennent d’infléchir la décision de l’Eurogroupe en faveur d’un assouplissement de la dette grecque et du maintien de la Grèce dans la zone euro?

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 23:04

 

     Au lendemain de la défaite électorale sans précédent du parti socialiste aux municipales de mars 2014, le président de la République Francois Hollande, tel le général De Gaulle à Alger, avait affirmé qu'il comprenait les Français et que, pour leur faire plaisir, il avait décidé de remplacer, au poste de premier ministre, son ami Jean-Marc Ayrault par un adversaire qui était son presque-ennemi, Manuel Valls.

 

     Les représentants du peuple de droite paraissaient assez satisfaits, tandis que l'ensemble du peuple de gauche suffoquait d'indignation. Comment? Celui qui chassait les Roms et poursuivait de sa cruauté les pestiférés, celui qui avait été classé dernier de la classe socialiste par les électeurs de la primaire à l'élection présidentielle, cet homme-là était choisi pour conduire le redressement politique de la France?

 

     Ou bien François Hollande n'avait vraiment rien compris et son affligeante surdité aurait dû lui valoir un arrêt de travail, ou bien il se moquait complètement du monde sans craindre de faire preuve de sadisme envers tous ceux à qui il avait promis le changement, ou de masochisme envers lui-même puisque sa côté de popularité, proche de zéro, risquait de descendre sous le niveau de la mer...

 

     Or, François Hollande n'était pas réellement sourd, quoique... Il n'éprouvait pas non plus assez de haine envers autrui comme envers lui-même pour être à ce point sado ou maso... Il y avait une autre explication, plus historique ou plus philosophique, qui faisait de François Hollande un descendant du Prince de Machiavel et un contempteur des Lumières... Si François Hollande aimait bien les gens, braves électeurs, braves électrices qui lui faisaient la bise sur les marchés, notamment à Tulle, il détestait le Peuple, cette entité collective qu'il n'était pas loin d'assimiler à une bête féroce.

 

     Dans une petite séquence de télévision intimiste destinée à cerner la personnalité du candidat et diffusée peu de temps avant l'élection présidentielle de mai 2012, il avait confié à son intervieweur que le Peuple était ingrat, qu'il pouvait être dangereux, impulsif, trop passionné et passionnel, bref, qu'il n'était pas rationnel.

 

     Comment, dans ces conditions, lui faire confiance, se laisser guider par ses desiderata, croire qu'il était possible de bâtir avec Lui un véritable Contrat social? Parlez, braves gens (comme dit la chanson, paroles, paroles!), moi, président, je ferai semblant de vous écouter, je vous flatterai du verbe et parfois même, sur les places, de la main et de la bise, mais je n'en penserai pas moins et je n'en ferai qu'à ma tête.

 

     Car MOI, je sais. MOI PRÉSIDENT, je saurai (contrairement à vous, peuple ignorant et inculte, mais ça je le dis in petto car devant vous je me montre patelin), je saurai qu'il faut obéir aux banquiers de Goldmann Sachs, à Mario Draghi, à tous les financiers du monde entier, aux marchands, aux puissants, aux rentiers, aux spéculateurs et aux voleurs.

 

     Car MOI, ancien bébé Delors, je ne vois pas du tout que l'Europe des marchés est devenue un grand bazar dans lequel le vote démocratique est un obstacle gênant pour la bonne (!) marche des affaires, et une jungle pour les citoyen-ne-s  privé-e-s de ressources pour vivre. Croyez-moi, votez pour moi, et tout ira bien dans le meilleur des mondes possibles! N'est-il pas vrai?

 

     Les Français élisent en guise de président un roi qui, le temps de son mandat, a tous les pouvoirs. Il ne rend de véritable compte à personne. Il est libre de se laisser conseiller par qui lui semble bon et de décider tout seul ce qu'il veut. Il serait temps que le Peuple des Lumières reprenne la main en modifiant la Constitution. N'est-il pas vrai?


 

 

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 11:19

  Le péché originel

 

L'été était pluvieux, en ce mois d'août 2007, et le ciel gris ne laissait présager rien de bon. Mais qui se serait alarmé d'une information financière qui ne semblait concerner que les banquiers? La Société Générale reprochait à BNP Paribas d'avoir suspendu trois de ses fonds investis partiellement en actifs immobiliers américains. BNP Paribas le prenait de haut en rétorquant que ses clients lui en sauraient gré car,ainsi, elle les protégeait. Il était question de crise de confiance interbancaire. Sans doute fallait-il être économiste pour saisir à ce moment-là toute la gravité de la situation. Citoyenne lambda, je m'intéressais à la politique, mais la technicité de la sphère économique m'échappait.

 

L'annonce avait fait l'effet d'une douche froide sur les marchés européens. Les banques avaient brièvement interrompu toutes leurs opérations de prêts, provoquant une hausse spectaculaire des taux d'intérêt. L'information principale diffusée alors sur les ondes avait été la réaction immédiate et salutaire de la Banque centrale européenne qui, de concert, je crois, avec la Fed américaine, avait injecté dans le circuit financier un montant record de liquidités, de l'ordre de la centaine de milliards d'euros, soit davantage que le 11 septembre 2001. La crainte d'une propagation de la crise était vive.

 

 

Boucs émissaires

 

Cinq ans plus tard, nous en étions toujours au même point... Plus exactement, nous n'avions cessé de tourner en rond, à qui allait refiler à l'autre le mistigri de la crise financière... Les Grecs devaient payer pour tous les autres peuples, sauf que... Derrière la crise grecque se profilait la crise espagnole, qui ne faisait elle-même que révéler la crise politique de la zone euro. L'Italie apparaissait comme le prochain pays à faire tomber. Mais alors, qui pouvait croire que la France resterait épargnée? Et l'éclatement de la zone euro ne provoquerait-il pas une récession mondiale? Les considérations générales sur les grands équilibres économiques avaient tendance à masquer les effets concrets de la pauvreté galopante sur la vie quotidienne des gens. Comme la moitié de la population des pays riches s'en tirait encore à peu près bien, l'autre moitié pouvait attendre.

 

Après les élections de 2012, les plans sociaux, en France, s'étaient multipliés. Les patrons réclamaient une réduction du coût du travail. J'avais relu le livre fondateur d'Adam Smith. Constatant les conditions de vie effroyables des ouvriers dans les manufactures qu'il avait visitées, il n'avait pas pour autant revu sa copie. Pour lui, l'économie était une belle mécanique newtonienne, et tout allait bien dans le meilleur des mondes sur lequel veillait la main invisible du marché...   

 

 

Rassasier le moloch

 

Et Mario Draghi arriva. Par la simple annonce de sa détermination à intervenir sur les marchés pour racheter les titres de la dette souveraine des pays en difficulté, le président de la banque centrale européenne avait enrayé la nouvelle crise de défiance qui avait fait chuter les indices boursiers au début de l'été 2012. Le 6 septembre, l'annonce avait été confirmée officiellement malgré les réticences de la banque centrale allemande, tandis que, le 12 du même mois, le parlement allemand ratifiait, quant à lui, le mécanisme européen de stabilité financière (MES). En France, le président de la république, qui avait promis de renégocier le traité européen de stabilité budgétaire, faisait semblant d'avoir obtenu gain de cause grâce à un volet de mesures qui devaient relancer une croissance improbable dans une conjoncture complètement déprimée. Tout le monde avait eu chaud, et pas seulement à cause de la canicule de la fin du mois d'août.

 

Pourtant, les problèmes de fond ne faisaient toujours pas l'objet du début d'un commencement de résolution. Les scandales financiers se multipliaient (Libor, J-P Morgan...), les paradis fiscaux continuaient de prospérer et l'écosystème de la planète s'effondrait. Les taux d'intérêt exigés par les investisseurs pour l'achat de titres émanant des pays de l'Europe du Sud avaient certes baissé, mais restaient à des niveaux trop élevés qui creusaient l'écart avec l'Europe du Nord et sapaient la cohérence de la zone euro en la privant de sens.

 

Les techocrates de la finance avaient pris les commandes et les peuples souffraient. Il n'était pas rare à cette époque de voir se succéder sur les écrans de télé des notables prétentieux qui distillaient la bonne parole pour expliquer que les malheurs présents et à venir étaient l'offrande inéluctable due au moloch de la mondialisation présentée comme le meilleur des mondes possible. Une façon de se dédouaner en confortant la pensée unique. L'élite éclairée (?), dans l'entre soi, se gaussait de la démocratie.

 

 

Prophètes

 

Une vague spontanée d'indignation avait parcouru le monde occidental. Sur les places des capitales et devant les institutions emblématiques comme Wall Street, de grands rassemblements festifs s'étaient formés pour dénoncer les méfaits de la finance. Nouveaux prophètes, les indignés, souvent jeunes et chômeurs, avaient pensé pouvoir réveiller pacifiquement les peuples, 99% de la population manipulée et endormie par 1% de puissants! Sans arrière-pensée idéologique, ils avaient joyeusement proposé une alternative qui remettrait l'économie à sa place, moyen de servir la politique au service des gens et non fin en soi dans une course folle au profit d'une infime minorité. Mais leur parole était restée sans relais politique, et ils s'étaient essoufflés, fatigués. 

 

 

 Jours de colère 

 

L'hiver 2012 allait être particulièrement froid sur le plan économique mais bouillant sur le plan social. Les politiques de Gribouille accumulaient les mesures récessives alors que les PIB (Produit Intérieur Brut) ne cessaient de reculer. Celui de la Grèce était en chute libre depuis plusieurs années. Dans tous les pays européens, le chômage atteignait des niveaux records. Une population de mendiants essayait de survivre en recourant, s'il y en avait, aux soupes populaires des organisations humanitaires. Et les manifestations de colère ont succédé aux rassemblements festifs des jeunes gens qui "occupaient" les places. Les Autorités n'hésitaient pas à brandir leurs matraques au nom de l'ordre public, et sur les petits films tournés par les manifestants madrilènes, les internautes voyaient des filets de sang rouge couler sur le front de citoyens apparemment sans histoire autre que cette volonté de témoigner de leurs souffrances dues à la crise et au traitement de la crise par des dirigeants sourds et aveugles...

 

 

La guerre et la paix

 

Un lobbying européiste intense avait dû s'exercer au plus haut niveau auprès des instances norvégiennes habilitées à décerner le prix Nobel de la paix car il revint cette année-là à l'Union européenne, soixante-dix ans après la seconde guerre mondiale! Fallait-il que l'Europe, menacée d'éclatement, soit en danger? Le chef de l'Etat français déclarait pourtant que le pire était passé alors que la croissance mondiale était en train de s'effondrer... Un décryptage attentif de la situation permettait de penser que l'oligarchie financière aux commandes du monde était aux abois. Le fantôme du risque systémique évité de justesse en 2008 grâce aux fonds publics déversés aux banques par les Etats était réveillé par la mise en faillite de toute l'économie réelle. Signe de la panique qui s'était emparée de la planète financière, les injonctions de la directrice générale du Fonds Monétaire International en personne, Christine Lagarde, ancienne ministre française de l'économie, qui semblait découvrir que les politiques draconiennes d'austérité menées contre les peuples de l'Europe du Sud avaient enclenché une spirale déflationiste incontrôlable qui se propageait au reste du monde, comme un trou noir aspirant toutes les forces vives!   

 

 

 

Pas de pitié pour les pauvres!

 

Rien ne les arrêtait. Cynisme? Sens des réalités? Quelles réalités? Les suicides se multipliaient en Grèce et en Espagne mais Créon repoussait, comme d'habitude, Antigone. De qui, de quoi se réclamait-t-il? Où puisait-il sa légitimité? La tragédie grecque laissait l'Europe indifférente, ou presque, mais que signifiait "l'Europe"? La France, désormais perçue comme le premier des pays du sud, avait perdu sa place de leader auprès de l'Allemagne. Si la population de cette dernière avait été jusqu'à présent relativement protégée, les Grecs avaient effectué le grand saut dans la misère depuis déjà trois ans et avaient quasiment perdu leurs droits civiques puisque leur parlement ne faisait qu'entériner les décisions de la troïka composée de la Commission européenne, de la BCE et du FMI. En France, le président de la République venait de déclarer, au cours d'une conférence de presse, que le chômage, en hausse continue depuis dix-huit mois, continuerait d'augmenter au cours de l'année 2013 sans espoir de voir la courbe s'inverser avant le début de l'année 2014. C'est ce qu'il disait, c'est ce qu'il croyait, on touchait du bois! Pendant ce temps, la croissance mondiale s'affaissait et les dirigeants tournaient le dos à la transition écologique. La planète vivait sur le fil du rasoir entre la menace climatologique et la bombe toxique des CDS (Credit Default Swasps), déjà responsable de la montée des taux d'intérêt en Europe du sud et qui pouvait déclencher à tout moment une nouvelle panique financière comme celle des subprimes en 2007-2008. Bonne nouvelle (?!): après la défenestration d'une femme qui s'était jetée de son appartement à la vue des huissiers venus l'exproprier et par crainte sans doute de la tension sociale montante, les banques espagnoles avaient suspendu leurs expulsions pendant deux ans...  

 

 

Durs temps

 

"mots cris moqueries mots crise n'est plus le temps des cerises air de devant les guichets des banques air de pauvre hère avec formulaires pour les banques alimentaires et les crédits municipaux trois sous échangés contre au centime près des objets sentimentaux trop chers trop pauvre suis trop plein de maux dus au manque en miettes suis plus de dessert ni de dessertes dans le désert des espérances-désespérances déshérence des errances à coups et à cris non rien de bon rien de bon ne vient de ce vent mauvais qui souffle avec de plus en plus de violence sur les misérables gris pris au piège des injustices"  

 

 

La grande fracture

 

Sous la houlette d'Angela Merkel, l'Europe politique paraissait prendre un tournant décisif vers le fédéralisme. Les grandes banques de chaque pays de la zone euro seraient supervisées par la Banque centrale européenne. Le mécanisme de stabilité financière apporterait une aide directe aux établissements en difficulté de façon à ce que les dettes souveraines des Etats ne soient pas alourdies. Les pays créditeurs avaient fini, après de longs atermoiements, par accorder un délai supplémentaire à la Grèce en laissant courir le bruit que la dette grecque serait in finerestructurée et qu'ils renonceraient à une partie de leurs créances. Cette bonne volonté soudaine et ces éclairs de lucidité étaient sans doute le résultat des graves menaces de récession qui plombaient désormais les économies de la zone euro. Les dirigeants affichaient leur contentement et s'autogratulaient. En fait, ils négociaient a minima, juste ce qu'il fallait pour éviter un dérapage économico-financier encore plus fatal. En attendant, des centaines de milliers de personnes continuaient de sombrer dans la pauvreté ou la misère, et l'année 2013 s'annonçait socialement désastreuse...  

 

 

Quand l'élite éclairée craignait les Lumières 

 

L'élite éclairée ne pensait pas que le Peuple était un bon souverain. Elle le considérait comme un animal incontrôlable dont il fallait contenir l'énergie. Le Peuple avait détruit la Bastille, mais l'élite éclairée avait reconstruit autour de Lui une prison sans limites, sans murs, aux barreaux invisibles. Elle avançait masquée, se servait des principes républicains pour mieux les détourner. Les liens sociaux étaient brisés au nom de la Liberté individuelle, la Fraternité était sacrifiée sur son autel, le principe de l'Egalité n'était plus qu'un levier pour démultiplier la consommation de masse. Balayé, l'idéal républicain du Conseil National de la Résistance! La crise des subprimes venue des Etats-Unis n'avait pas entamé d'un iota la théorie néolibérale de dérégulation totale (totalitaire) des marchés financiers. Pour préserver leur système, les technocrates de la finance parvenaient même, dorénavant, à confisquer les manettes politiques du Pouvoir. Leur rêve: supprimer toute élection démocratique, à défaut, neutraliser les votes!   

 

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 00:04

Les situations sont complexes et les grilles de lecture traditionnelles sont incapables de rendre compte de la nouvelle donne. En Egypte, en Turquie, en Ukraine, la jeunesse des peuples se soulève contre tous les tyrans, contre toutes les formes de tyrannie ou d'obscurantisme. Le moteur est partout le même, désir de liberté, de prendre les choses en main, d'être acteur de son propre destin, de pouvoir nourrir ses rêves grâce à des conditions de vie décentes. Des partis ou des mouvements englués dans les fantasmes du XXème siècle, en Occident, ou dans les fantasmes religieux, en Orient, tentent de manipuler et de récupérer les aspirations profondes, d'essence pacifique et humaniste, de ces peuples-citoyens qui découvrent et mettent en oeuvre,dans des actions collectives, leur besoin d'en finir avec les oppressions anciennes. Car, messieurs ou mesdames les dirigeant-e-s, les peuples ne sont plus ce qu'ils étaient ou, plus exactement ce que vous avez cru qu'ils étaient et que vous croyez encore trop souvent qu'ils sont, à savoir des moutons inoffensifs ou des loups enragés. Les peuples sont constitués d'hommes et de femmes libres qui aspirent à la dignité, mais que, hélas, vous poussez parfois (souvent) à bout. Partout, les peuples se redressent et font entendre leur voix. En Algérie, la jeunesse qui étouffe sous la fin de règne de Bouteflika bouillonne. En Italie, des rassemblements de citoyens se font élire pour gérer les collectivités territoriales dans l'intérêt général. En Espagne, les jeunes s'organisent et se sentent prêts à exercer leurs responsabilités dans la gouvernance du pays. En France, c'est à Notre-Dame-des-Landes que convergent les aspirations à un monde meilleur plus démocratique. Notre-Dame-des-Landes est le nouveau terrain d'affrontement des Anciens et des Modernes. Les Anciens s'accrochent au modèle de croissance économique du siècle dernier, au risque d'affaiblir le débat démocratique, tandis que les Modernes luttent de toutes leurs forces contre la coalition politico-journalistique qui tente de rendre inaudible leur projet de vie durable pour le XXIème siècle. La dynamique à l'oeuvre est mondialement révolutionnaire. Elle n'étonne que les puissants et les passéistes. Pour la contrer, certains sont prêts à tout. Ce sont des contre-révolutionnaires qui allument le feu, des partisans de l'ordre en place qui bâillonnent les prophètes, et aussi des cyniques ou des mafieux qui tentent de rafler la mise. Nous vivons une période pleine d'espoir qui nécessite le plus grand discernement. Les responsables politiques que nous avons élus devraient apprendre plus que jamais à nous écouter, nous, les citoyen-ne-s, qui leur avons délégué notre pouvoir souverain. L'écart grandissant entre le peuple et le pouvoir qui le représente est malsain. Le mandat confié par le peuple devrait reposer sur une feuille de route précise, avec obligation de mise en oeuvre des actions définies. Le grand écart permanent entre le président de la République et le candidat qu'il a été ne devrait plus être possible. Il est temps que la France tourne définitivement le dos à la monarchie absolue.                 

 

Chronique de la crise

 

 

 

 

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 00:04

    Sortir du nucléaire: le débat n'aura pas lieu?

 

Et pourtant, après Fukushima, la sortie du nucléaire devait être l'un des enjeux principaux des élections à venir. "Ce sera un des dossiers les plus chauds de la campagne présidentielle, un de ceux que l'on n'attendait pas: l'avenir énergétique de la France", expliquait le journaliste Hervé Kempf, dans Le Monde du 3 juin 2011. L'accident de la centrale japonaise venait de mettre au centre de la place publique une stratégie qui paraissait posée pour des décennies.

 

Pour Stéphane Lhomme, président de l'Observatoire du nucléaire, "Sortir du nucléaire à un rythme raisonnable est... déraisonnable!" car, statistiquement, le risque de catastrophe augmente. En effet, les centrales nucléaires françaises atteignent la limite d'âge qui avait été fixée pour leur fonctionnement. Prolonger cette durée démultiplie les risques d'accident. Il faut donc arrêter tous les réacteurs avant un nouveau Fukushima qui pourrait, cette fois, être français...

 

Dans un article signé en commun (Le Monde du 13 mai 2011), les écologistes José Bové, Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly et Nicolas Hulot déclaraient qu'aujourd'hui, "il est temps que la société française s'empare de la question nucléaire". "Sil est une leçon à retenir de Fukushima, écrivaient-ils, c'est qu'on ne peut plus laisser prendre des décisions qui engagent à ce point la santé et la sécurité de tous sans un débat national aussi large et ouvert que possible."

 

Curieusement, le débat public qu'ils appelaient de leurs voeux a été remplacé par un accord entre le parti EELV (Europe-Ecologie-Les Verts) et le parti socialiste...

 

Le choix démocratique est-il reporté aux calendes grecques?       Le mur de la Hague  

 

 

 

 

Déchets nucléaires:

    Faut-il poursuivre dans la voie du retraitement des combustibles irradiés? 

 

 

 Cette question est loin de faire l'unanimité dans le monde:

 

En Suède, les combustibles ayant servi dans un réacteur nucléaire sont considérés comme des déchets et stockés définitivement en l'état. Aux États-Unis, leur entreposage est provisoire, dans l'attente d'une décision quant à leur devenir.

 

D'autres pays, en revanche, France, Grande-Bretagne, Russie, ont choisi de les retraiter. A l'origine, ce choix avait pour but la récupération du plutonium à des fins militaires. Aujourd'hui, l'objectif est de diminuer le volume des déchets tout en recyclant l'uranium et le plutonium dans des combustibles neufs.

 

Les objections au retraitement sont multiples:

 

L'opération ne présente aucun avantage économique reconnu. Elle conduit, en revanche, à l'obtention de plutonium dont le stock mondial, en augmentation constante, est déjà préoccupant.

 

Par ailleurs, la mise en oeuvre du retraitement augmente les risques nucléaires potentiels pour l'homme et son environnement et elle est elle-même génératrice de déchets.

 

Enfin, le retraitement des combustibles étrangers pose le délicat problème de la sécurité du transport du plutonium, aussi bien en termes de détournement que de pollution.

     

L'arrivée du cargo l'Akatsuki Maru, venu charger, à Cherbourg, en 1992, une tonne et demie de plutonium à destination du Japon, avait suscité de violentes protestations.

       

Les écologistes condamnent cette politique française d'offre de service nucléaire aux pays étrangers:

         

En effet, à l'usine de retraitement de La Hague [ Le mur de la Hague ], dans le Cotentin, on ne retraite pas seulement les combustibles irradiés français, mais aussi ceux de l'Allemagne et du Japon. La France fabrique même le combustible MOX allemand dans une usine située à Marcoule, dans le Gard.

     

Si les transports maritimes sont les plus spectaculaires, de nombreux transits, plus discrets mais plus nombreux, sont effectués par la route et par le rail, dans des conditions qui ne sont pas sans soulever de questions relatives à la sécurité des personnels et des populations.

 

 

 

 

 

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 23:06

On peut bien préserver tous les autres traits apparents de la civilisation, mais si l’on perd le désir et la capacité de faire progresser l’égalité, la solidarité et la convivialité entre les hommes, la plus avancée des sociétés peut sombrer dans la barbarie; telle est la leçon du xxe siècle, où l’on vit des peuples – ô combien brillants par leur culture! – s’abîmer dans l’horreur totalitaire.

 

La leçon peut se résumer ainsi : entre les êtres humains, le seul progrès qui compte vraiment, c’est le progrès social, au sens le plus large du terme, c’est-à-dire l’extension de leur capacité à faire société, à vivre bien avec autrui et tous ensemble. Sans ce dernier, le progrès des connaissances et des techniques ne protège aucune civilisation contre une régression et, pire encore, il peut servir à sa destruction.

 

Quand les humains perdent de vue la priorité qui a présidé au processus même de l’hominisation – la constitution et le renforcement de leur alliance – et s’adonnent au culte de l’accumulation et de la compétition, alors l’essor de leurs techniques n’étend plus que leur capacité à se combattre et à épuiser leur Terre. Ainsi meurent les civilisations, par la guerre ou par la destruction de leur écosystème.

Jacques Généreux, La Grande Régression, p.12

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 10:23

Durant les vingt premières années de ma vie, j’ai grandi dans un monde où le destin des enfants semblait naturellement devoir être plus heureux que celui de leurs parents ; au cours des trente suivantes, j’ai vu mourir la promesse d’un monde meilleur. En une génération, la quasi-certitude d’un progrès s’est peu à peu effacée devant l’évidence d’une régression sociale, écologique, morale et politique, la «Grande Régression» qu’il est temps de nommer et de se représenter pour pouvoir la combattre.

 

Car la première force des malades et des prédateurs qui orchestrent cette tragédie est leur capacité à présenter celle-ci comme le nouveau visage du progrès. Et leur première alliée, c’est la perméabilité des esprits stressés, trop heureux de s’accrocher à n’importe quelle fable qui fasse baisser d’un cran la pression et l’angoisse. À l’âge de la démocratie d’opinion, les réactionnaires ne peuvent se contenter de démolir l’acquis des luttes passées en faveur d’une vie meilleure pour tous; il leur faut aussi anesthésier les résistances, susciter l’adhésion ou la résignation de leurs victimes; ils doivent remporter une bataille culturelle dont l’enjeu est de nous faire aimer la décadence.

Jacques Généreux, La Grande Régression, p.9

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 23:40

| Le Monde |  Vendredi 20 juillet 2012     -  par John Berger, écrivain et critique d'art  -

 

 

Protester, c'est refuser d'être réduit à un zéro et à un silence forcé. Par conséquent, au moment même où une protestation s'exprime, si elle s'exprime, elle marque une petite victoire. Ce moment prend un caractère indélébile. Il passe, mais il a été imprimé. Une protestation n'est pas principalement un sacrifice qu'on ferait au nom d'un avenir autre, plus juste; c'est la rédemption sans conséquence du présent...

 

"La question qui se pose réellement ici, répond Arundhati, est celle-ci: qu'avons-nous fait à la démocratie? En quoi l'avons-nous transformée? Que se passe-t-il une fois qu'on a épuisé la démocratie? Quand l'a-t-on vidée de l'intérieur et de son sens? Que se passe-t-il quand chacune de ses institutions s'est métastasée en quelque chose de dangereux? A quel moment la démocratie et l'économie de marché ont-elles fusionné en un organisme prédateur dont l'imagination étroite, indigente, se limite à graviter presque entièrement autour de l'idée de maximiser le profit? Est-il possible de renverser ce processus? Une chose qui a muté peut-elle revenir à son état initial?"

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 10:12

 

        «Par haine, elle trahit»

 

        Interview Ariane Mnouchkine . Metteure en scène de théâtre.

        journal Libération - 12 juin 2012 

 

 

«Indignée. Sidérée. Non, ce n’est pas drôle. Un comportement vulgaire n’engendre pas forcément un vaudeville. C’est bien plus grave. Les rancœurs personnelles ou pathologiques de Valérie Trierweiler en visant Ségolène Royal vont bien au delà. Elles blessent non seulement la stature du Président mais aussi l’image de la gauche et donc celle de la France.

 

«J’avais déjà trouvé très inquiétant que Madame Trierweiler se vante de ne pas avoir voté au second tour de l’élection présidentielle de 2007. Ainsi elle faisait partie de ceux qui avaient laissé passer Nicolas Sarkozy.

 

«Mais voilà que du sein de l’Elysée, elle encourage un candidat soutenu par la droite. Cette droite qu’aux élections régionales Ségolène Royal a battue à deux reprises. Quelle étrange et stupéfiante alliance.

 

«Oui, j’ose le dire : par haine, elle trahit. Après tous les efforts de François Hollande et d’une partie du PS pour effacer l’affaire DSK et retrouver l’estime populaire par un comportement modeste, digne, exemplaire, oui c’est une trahison. Jean-Louis Bianco, dans sa noble colère a raison. C’est indigne.

 

«Pourquoi Ségolène Royal, qui s’imposa à elle-même le non-cumul des mandats, serait-elle "parachutée" à La Rochelle après avoir présidé la région Poitou-Charentes, pendant huit ans ?»

 

http://www.liberation.fr/politiques/2012/06/12/par-haine-elle-trahit_825878 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 10:34
par Thibault Gajdos, CNRS |Le MONDE Eco & Entreprise| Mercredi 9 mai 2012

 

Faire reculer la grande pauvreté et rendre aux plus démunis la reconnaissance sociale dont ils n'auraient jamais dû être privés constitue le moyen le plus efficace d'enrayer la progression de l'extrême droite. Cela ne sera possible qu'à la condition de tourner le dos à la stratégie adoptée depuis quinze ans, et dont le RSA est l'avatar le plus récent. L'objectif doit être d'aider les pauvres, et non de les inciter à travailler: la lutte contre le chômage relève, elle, d'une autre logique, et requiert d'autres instruments. Cela passe, nécessairement, par une revalorisation significative des minima sociaux. C'est un impératif moral et un devoir démocratique.

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