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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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Autoportrait

         Qui étais-je vraiment? /

Ballet d'oiseaux

          au bord de la mer  

Impossible livre

      Mots

    déploiement géométrique, sonore, temporel

Les mots/"Sons" dessus dessous?/Où (hou!hou!) sont les sons?/Sur les ondes/Tout se jouait entre deux mots qui se fuyaient/Ecrits déchirés/Les mots me manquent/Mots à profusion/Fond et forme/L'art de combiner les sons/Passerelles de mots/Sous le couvert des mots /Ma voix résonne dans le désert!/C (Qu) antique/Mots creusés-creusets /Mots interdits /Mots /                       

       Motifs

     Leitmotiv/    

         Ombres

     Point de rencontre /Aboli bibelot /Portrait/  

         Images

     Images découpées/La dernière image de lui/ Autoportrait /  

          la lettre i

     Démolition/DESPERADO/Eperdument/  

           immense

     Un océan à traverser/Plans sur la comète, rêverie géante.../  

            improvisations

     Nécessité fait loi?/ Chevauchée fantastique/  

             invisibles frontières  

     Moi et/ou moi/Acrostiche/Du trajet au destin (tragédie?)/Elle ourlait le bord des précipices.../Incertains rivages/L'usine/Couloirs du temps/  

          itinéraires

     Rose des vents/Prendre le large/

29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 00:04

Entre ce pneu crevé et ce tonneau rouillé, là l'entrée, et là les fenêtres. Je dessinais à grands traits. J'avais délimité un périmètre sur le sol. Dans l'espace, j'imaginais des lignes verticales. La caravane serait installée ICI, nous aurions le droit, personne ne songerait à nous déloger. Je faisais le tour du propriétaire. A l'adresse de mes interlocuteurs, je retournais les questions. Où? Pourquoi? Quand? Comment? Comment les empêcher de s'intéresser à notre emplacement?

Faire le vide pour occuper seule le terrain était mon obsession. Les autres constituaient une foule menaçante qu'il fallait que je réussisse à maintenir à distance. Avec laquelle j'étais obligée de ruser. Derrière les planches des palissades, je jouais assez bien ma partition de cache-cache. Aux curieux, je répondais que j'attendais. Toute seule? Non. J'étais accompagnée de mon clown, j'avais l'air gaie. Je n'avais pas envie de faire pitié. Je me tenais droite comme un I. J'attendais mon père, ma mère, mes frères et mes soeurs. Ma mère piquait à la machine, j'attendais sa sortie de l'atelier. Là-bas, pas très loin d'ici. Derrière un portail métallique noir, au-dessus duquel était inscrit, en lettres majuscules blanches, une sorte de titre: CONFECTION. Je l'attendais car nous ferions la route ensemble, jusqu'à la maison. Mon père rentrerait plus tard, de l'usine ou d'un spectacle. Il était homme à tout faire, homme de talent. Mon frère jouait quelque part non loin d'ici, au gendarme et au voleur. Je pouvais compter sur lui, il était de taille à me défendre. Quand j'étais prise, pour raconter mon histoire, on me demandait de dessiner une vraie maison. Celle que j'avais eue ou la nouvelle que j'aimerais. Les deux dessins se ressemblaient. Je n'oubliais pas le soleil dans un coin du ciel bleu, ni la fumée qui sortait de la cheminée les soirs d'hiver. Je montrais tout, dehors aussi bien que dedans. La rue avec les passants et la machine à coudre qui attirait la clientèle. Mes personnages riaient. L'avenir ne paraissait pas leur poser de problème.

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 00:04

J'étais montée dans un compartiment dont les portes étaient encore ouvertes devant moi. Je suivais une gamine de mon âge qui accompagnait une femme. Je m'étais assise en face d'elles. La gamine avait l'air gentille, je lui avais souri. Elle m'avait répondu en avançant vers moi son sachet de bonbons. Je me penchais déjà pour attraper une papillote flamboyante. La femme m'avait giflée sans le vouloir en écartant la gamine avec son bras. Elle avait murmuré des mots à son oreille. Je les avais regardées, blotties l'une contre l'autre. Leurs yeux fuyaient sur les côtés. Je les trouvais jolies, leur peau était rose. Je ne pouvais pas me regarder en face mais je voyais bien que le bout de mes ongles était noir. La rame avait pris de la vitesse. Elle s'emballait, nous plongeait dans un trou noir. Les gens se laissaient ballotter. Je n'étais pas un colis ordinaire, je me demandais si la femme allait me signaler. J'imaginais la casquette du contrôleur chargé de m'accueillir sur les quais inondés de lumière de la nouvelle station où le métro s'arrêterait brutalement en freinant au dernier moment. J'avais pris peur. J'avais bondi vers les portes coulissantes. Je m'étais glissée comme une couleuvre à travers la fente de leurs battants à peine entrouverts. Je m'étais immédiatement fondue dans la foule. La rame était repartie après un coup de klaxon en emportant mon amie de quelques secondes. Passagère clandestine, débarquée je ne savais où, j'avais alors cherché tristement la direction Strasbourg-Saint-Denis. Je me faufilais comme si de rien n'était entre les voyageurs. J'essayais de me faire passer pour quelqu'un de leur famille. Je choisissais les moins pressés pour marcher tranquillement à leurs côtés. Juste un peu derrière, légèrement décalée, prête à détaler.

 

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 23:04

 

Je recherchais, comme les autres voyageurs, les correspondances qui m'arrangeaient. Comment rejoindre Chemin Vert ou Sentier, les lieux de mon ancienne liberté? Comment éviter Bastille? Près de Nation existait Rue des Boulets. Nous n'avions rien pu faire contre les catapultes!

 

Rosana tournait le dos à la gare de l'Est. Je regardais avec elle dans la direction de la Seine. Quelques bateaux de papier que j'avais lancés jadis au fil de l'eau continuaient peut-être à voguer vers le grand large! Monter dans une rame, ne pas me faire prendre, oser descendre entre le Palais de Justice, l'Hôtel-Dieu et Notre-Dame, était un projet d'une grande envergure... Je pouvais préférer Montparnasse, qui souhaitait la Bienvenüe. Changer à République, me laisser guider par le parfum des Lilas. M'arrêter à Belleville, m'installer sur la Place des Fêtes. Continuer de guetter tout ce qui arrivait de la station Bonne-Nouvelle...

 

 

 

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 10:32

Nous ne valions pas cher, nous risquions de disparaître de la circulation pour un oui ou pour un non. Le monde fonctionnait selon ce principe binaire primaire, qui déclenchait en moi le mécanisme de la peur à chaque fois que je voyais Rosana se laisser bousculer/basculer. Comme elle, je n'aimais pas me bagarrer. Je préférais m'effacer dans son ombre ou m'isoler dans le terrain vague à l'ombre de moi-même. Je reconstituais sans cesse, feu rouge, feu vert, la scène de l'ogre qui soufflait sur nous comme sur des fétus de paille. Cette volonté aveugle (?) était inscrite dans les contes sous le nom de méchanceté. Elle avait son équivalent salutaire sous le nom de bonté. Les dangers n'avaient pas d'importance puisque le conte finirait bien...

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 10:16

Des hurlements de sirènes précédaient les éclairs de gyrophares qui recherchaient les hors-la-loi dans les rues voisines. Des rais de lumière crue pénétraient dans mon antre à travers les fentes de la palissade. Les rayons tournants déplaçaient un faisceau de rayures noires formées par l'ombre des planches. Je me trouvais dans une sorte de cage mais personne ne le savait. Les projecteurs de la police passaient à côté du DESPERADO...

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 23:04

Etait-ce cette femme à la démarche furtive qui venait de sortir d'une fabrique? Elle s'éloignait de dos. Une mèche brune dépassait de son foulard. Elle ne portait pas son sac en bandoulière. Je courais. J'arrivais à sa hauteur. Etait-ce elle? Elle avait baissé la tête. Je la dépassais. Me reconnaissait-elle? Je me retournais brusquement, la tête haute, droite comme un i . Elle passait. Elle me croisait. Elle m'avait vue, gentil sourire. Je lui avais fait penser à une autre gamine. Ce n'était ni elle ni moi, je me demandais si nous serions capables de toujours nous reconnaître. Je recommençais. Cette fois, n'était-ce pas elle? Cette silhouette de femme alourdie qui avançait lentement dans ma direction, tirée vers le sol par le poids de son sac. Je ne bougeais plus. Je m'efforçais de ressembler à un point de mire. Sortirait-elle rapidement de sa songerie? Elle hésiterait, s'arrêterait. Elle se remettrait à marcher d'un pas vif, de plus en plus impatient. Elle courrait, elle trébucherait. Je partirais comme une flèche me planter dans son coeur. Entre ses bras tendus si longtemps attendus...

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 10:12

Le soleil de l'été revenu découpait mon ombre sur le sol sans aucune bavure. J'essayais de la saisir, de suivre du doigt son contour. Quand je m'approchais des planches, mon double était cisaillé par les fentes. L'angle de la palissade au sol le pliait en deux. Je m'éloignais vers le centre du terrain pour le/me voir en entier. A midi, je n'étais qu'un gribouillis. Les rayons du soleil déclinant me faisaient grandir. Il existait un moment de la journée où mon double sur le sol arrivait à ma taille. Je pouvais me contempler dans les moindres détails. Puis il s'étirait démesurément, pour atteindre les confins de la nuit. Je ressemblais alors à la gamine qui attendait de dos un paquebot sur la photo de l'embarcadère...

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 10:16

Derrière les palissades du terrain vague, je revoyais les bribes de scènes que me renvoyaient les constellations quand je les regardais comme autrefois, le dos contre la terre. Mes souvenirs étaient minuscules mais, projetés par les astres, ils étaient agrandis. Un soldat ou un brigand qui ne nous voulait pas de mal portait son fusil en bandoulière au-dessus d'un manteau. Je m'amusais à faire comme lui avec une arme simulacre qui faisait fuir les ennemis. Les corps massifs des hommes se retournaient d'une seule pièce pour surveiller les arrières de notre colonie. Les femmes calmaient les enfants en chantant. Les myrtilles cueillies au flanc des montagnes étaient un avant-goût de nos futurs festins. Le destin nous était favorable, nous le lisions dans les étoiles...

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 10:34

Par beau temps, je dormais à la belle étoile. Les flammes des feux de camp s'arrêtaient de danser. Elles s'écroulaient sur une ombre rouge braise. Une immense lune pleine s'élevait dans la nuit. L'étoile polaire, non loin, clignotait. La Voie Lactée déroulait son tapis blanc, les astres prenaient place, les stars étincelaient. Dos contre terre, j'admirais la chorégraphie du ciel. Je voyais apparaître la grande et la petite ourse, je cherchais un chariot. Sur les routes, je me souvenais des cahots quand je me laissais transporter. Nous étions chassés par la guerre ou la misère mais nous allions de l'avant. Nous serions accueillis dans un pays de cocagne, son nom était ELDORADO...

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 23:03

Rosana faisait des projets en l'air auxquels je m'accrochais, c'était comme si nous vivions en suspension dans le vide...

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