Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
  • Contact

Recherche

Autoportrait

         Qui étais-je vraiment? /

Ballet d'oiseaux

          au bord de la mer  

Impossible livre

      Mots

    déploiement géométrique, sonore, temporel

Les mots/"Sons" dessus dessous?/Où (hou!hou!) sont les sons?/Sur les ondes/Tout se jouait entre deux mots qui se fuyaient/Ecrits déchirés/Les mots me manquent/Mots à profusion/Fond et forme/L'art de combiner les sons/Passerelles de mots/Sous le couvert des mots /Ma voix résonne dans le désert!/C (Qu) antique/Mots creusés-creusets /Mots interdits /Mots /                       

       Motifs

     Leitmotiv/    

         Ombres

     Point de rencontre /Aboli bibelot /Portrait/  

         Images

     Images découpées/La dernière image de lui/ Autoportrait /  

          la lettre i

     Démolition/DESPERADO/Eperdument/  

           immense

     Un océan à traverser/Plans sur la comète, rêverie géante.../  

            improvisations

     Nécessité fait loi?/ Chevauchée fantastique/  

             invisibles frontières  

     Moi et/ou moi/Acrostiche/Du trajet au destin (tragédie?)/Elle ourlait le bord des précipices.../Incertains rivages/L'usine/Couloirs du temps/  

          itinéraires

     Rose des vents/Prendre le large/

14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 23:04

   À l'occasion des vases communicants du mois de juin, Isabelle et moi nous étions spontanément répondu à chaque texte écrit par l'une ou l'autre sur le thème choisi, et, de fil en aiguille, avons découvert à la fin de cet échange que nous avions créé ensemble un texte homogène à quatre mains.


   Isabelle m'a proposé il y a quelques semaines de renouveler cette expérience d'écriture-correspondance sur le thème de l'été, de nos étés passés et des images qu'ils faisaient surgir en nous. J'ai accepté, comme la première fois, avec enthousiasme.

      

     Nous avons décidé de mettre en ligne un à un, sur une période de 19 jours, les 19 textes écrits, dans l'ordre de leur écriture.

 

--------------------    

 

 

       Il arrive que ce soit le dernier jour de l'été. Je me souviens du dernier jour de l'été, qui coïncide avec le dernier jour des vacances, avant mon entrée en terminale. Il faisait si beau, si purement beau que nous aurions pu nous croire au milieu des vacances, aussi loin du départ que du retour, au milieu du gué de l'été, si la lumière n'avait pas décliné si vite. Je me souviens de tous les détails de cette journée, je me souviens être allée nager sous un ciel parfaitement bleu, je me souviens de la lumière de la fin de l'après-midi, du thé qui fumait dans la tasse de porcelaine blanche, de la conversation tranquille que nous avions, de la terrasse où les lauriers roses étaient en pleine floraison encore, je me souviens que les arbres frémissaient dans le vent, les feuilles ne tombaient pas encore, on aurait encore pu se croire dans l'enfance, on aurait pu se croire dans l'été, le linge séchait au vent, nous sommes allées le décrocher avant la nuit et sa rosée, je me souviens de cette dernière fois où j'ai commencé une année dans la maison de mon enfance, je ne savais pas que je partirais l'année suivante, alors pourquoi cette dernière rentrée s'est-elle inscrite dans mon esprit avec une telle précision, pourquoi s'est-elle incisée en moi et comment se fait-il que je pourrais en restituer la lumière avec une précision photographique ? Je n'en ai pas la moindre idée. Les choses ensuite ont suivi leur cours, mais je savais, dans ce jour inchangé de l'été, que c'en était fini, que quelque chose basculait, qui ne reviendrait pas. Les paroles étaient presque les mêmes que d'habitude,  je ne sentais aucune inquiétude, mais seulement une tristesse sourde, je savais que c'était un autre étirement du temps qui commençait, qu'il s'en suivrait une course épuisante dont je ne savais rien, sinon qu'elle m'attendait, je savais que pendant quelque temps les choses sembleraient intactes mais que ce ne serait qu'une illusion et qu'en fait déjà tout avait changé. Je ne me trompais pas. C'était le dernier jour de mes étés immenses.

 

 

Eté(s)

 

 


Partager cet article

Repost 0
Published by Le vent qui souffle - dans été(s)
commenter cet article

commentaires