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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 00:04

 

La photographie n'était que le reflet arbitraire d'un instant arraché à la fosse béante du temps, et ne livrerait pas d'autre secret que cette fixité étrange et ce témoignage troublant d'une vie abolie mais qui avait existé. Ce n'était qu'une trace, aussi bouleversante que les empreintes de mains retrouvées dans les grottes préhistoriques. Elle continuerait pourtant, avec déraison, parce que cette vie retournée au néant continuait de l'émouvoir, à scruter la profondeur de ce regard, à suivre le mouvement de ces lèvres qui essaient avec peine d'esquisser un sourire, à interroger ce front trop grand sous les cheveux relevés, à examiner cette broche dorée qui rehausse le corsage sombre, à s'émerveiller devant le col de dentelle fine fabriqué par des mains délicates. Sa mémoire avait conservé des milliers d'images plus récentes, en mouvement comme dans un film. Ces images-là, douloureuses, s'enfonçaient peu à peu dans les couches inférieures de la conscience, accompagnées d'une sorte de sentinelle chargée de les veiller, de les protéger contre l'oubli définitif, mais aussi et peut-être surtout d'empêcher la souffrance d'une remontée à l'air libre... Une sorte de filtre magique ne laissait passer que les formes simplifiées ou mythiques du souvenir. Il n'était pas impossible de croire que ces formes pourraient revivre de la même façon que les vestiges d'une civilisation disparue, avec le recul et la passion des archéologues, la passion préservant l'émotion, le recul faisant barrage à la douleur. Il devenait possible également de croire que ces empreintes de vie laissées par une morte rétabliraient un passage avec elle, la "encore vivante". Et tous ces signes, il fallait désormais les déchiffrer, les décrypter, les interpréter comme des indices sur son propre destin, contenu dans la forme ronde de ce petit miroir de poche, cruellement figé et glacé côté pile, insaisissable comme l'eau courante, imprévisible, inquiétant, effrayant comme un torrent dévastateur, côté face.

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Published by Le vent qui souffle - dans l'avenir improbable
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