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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 23:04

13. Eté(s)

à quatre mains avec Isabelle

 

     Qalatta! qalatta!


     Chaque été, nous passions une journée tout entière à la mer. Nous avions rendez-vous très tôt le matin avec d'autres familles pour prendre un car spécialement affrété, qui tressautait de toute sa carcasse avec un bruit d'enfer et dégageait une forte odeur d'essence qui me tournait le cœur.


     Tout le monde paraissait joyeux. Comme je me sentais déjà à moitié malade, ma mère me faisait prendre un comprimé qui devait m'empêcher d'avoir envie de vomir et me faisait asseoir à côté d'une fenêtre en me recommandant de regarder le paysage. J'avais sommeil, je commençais à m'endormir, mais le boucan de notre tacot qui s'était mis à rouler était tel que je rouvrais les yeux et suivais le conseil de ma mère. Mais je ne voyais rien, ou pas grand-chose. Un bout de ciel, une cheminée, le haut d'un arbre, les fils électriques, une hirondelle posée dessus.


     Les adultes racontaient des blagues ou poussaient la chansonnette. J'avais des haut-le-cœur malgré le médicament que j'avais avalé. Ma mère disait que cela passerait, que je devais penser à autre chose. Je me mettais à rêver. J'étais le conducteur et c'était moi qui commandais les mouvements du car en faisant tourner le volant. Cette occupation me conférait à mes propres yeux une grande importance et, auréolée de cette gloire, je menais tous mes gens à bon port.


     Le pied à peine posé sur le sol, les excursionnistes se réjouissaient déjà de respirer l'air de la mer. Pourtant le car, dans un dernier soubresaut au moment de s'arrêter, avait poussé un soupir déchirant qui avait dégagé une exhalaison encore plus forte de fumées d'essence et d'huile de moteur. La fébrilité s'emparait des apprentis vacanciers. Les enfants criaient "la mer, la mer"!


     Que dire de la mer? Elle se manifesta pour moi la première fois par des picotements sur le visage et dans les yeux. C'était un jour de grand vent. Le sable de la longue plage était balayé par les rafales qui projetaient les grains en tourbillons à la face des promeneurs. Mes parents avaient voulu marcher sur la jetée. Les paquets d'eau nous éclaboussaient par-dessus la digue et la force du vent nous faisait vaciller. Nous avons battu en retraite dans le havre d'un café.


     Mais il était hors de question pour mes parents d'être venus jusqu'à la mer sans en profiter. Je me souviens que j'ai marché pieds nus le long des vagues avec la sensation inquiétante de m'enfoncer dans des sables mouvants. Les rouleaux déferlaient avec un grondement de tonnerre. Je ne voulais pas lâcher la main de ma mère avec laquelle son homonyme ne me semblait avoir aucun point commun...


     D'une façon générale, le monde tel que je l'appréhendais à l'occasion de mes premières découvertes se révélait hostile et fourbe. Je n'étais pas certaine d'y avoir une place, et quand bien même, celle-ci me semblait peu sûre et mal engagée. Raison amplement suffisante pour fuir et se réfugier dans l'univers plus accueillant, agréable et coloré, des rêves...

 

 


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Published by Le vent qui souffle - dans été(s)
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commentaires

chevuoi 12/09/2014 09:35


joli texte au ton juste .)

Le vent qui souffle 12/09/2014 17:48



merci pour votre lecture attentive :))