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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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         Qui étais-je vraiment? /

Ballet d'oiseaux

          au bord de la mer  

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     Rose des vents/Prendre le large/

2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 00:04

J’avais rêvé, enfant, de souffler des bulles de savon à l’aide d’un petit instrument vendu au marché par un camelot. Je me souvenais d’une très belle journée d’été. Le soleil et le ciel avaient marié leurs couleurs bleue et dorée. Tous les gens que nous rencontrions avaient l’air gai, et moi, j’accompagnais ma mère en lui donnant la main. Au marché, il y avait beaucoup de monde, comme à une fête. Derrière leurs étals ou à même le sol, sur de grandes nappes couvertes d’objets, les marchands faisaient l’article. J’avais senti monter en moi plusieurs envies. Ballon, bonbons, illustrés, moulin à vent dont les ailes accrochées à l’extrémité d’une fine baguette souple frémissaient au moindre souffle, et ce mystérieux outillage qui permettait de recueillir de l’eau savonneuse dans un petit récipient pour former des bulles irisées qui s’élevaient lentement au-dessus de soi. Evidemment, c’était très cher pour ce que c’était, et je n’avais pas insisté auprès de ma mère. Sur le chemin du retour, j’avais eu cependant plus de mal que d’habitude à surmonter ma déception. Rien, d’ailleurs, ne m’empêchait de m’exercer en pensée à effectuer le geste de souffler des bulles. J’aimais leur forme ronde, leur brillance et leurs reflets arc-en-ciel. J’aimais leur fragilité et leur capacité à s’élever. Leur pouvoir évocateur était immense. Rondes comme une sphère céleste, transparentes et colorées, cristallisation du rêve et de la réalité, presque immatérielles, à la limite extrême entre la réalité et l’illusion, figure de ce qui pourrait être et n’advient que dans la fugacité d’un instant, image d’un essentiel entrevu mais bien vu, fenêtre entrouverte sur la beauté, douceur et bonté d’une forme qui attire le regard au-delà de la perception visuelle...

 

ENFANCE

 


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Published by Le vent qui souffle - dans jokari
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Isabelle Pariente-Butterlin 03/02/2014 09:02


Comme j'aime venir lire ici vos souvenirs d'enfance dans lesquels aussi je me reconnais, je me souviens de ces bulles de savon, de ces petits apareils que nous voulions, et de ces mots des
adultes que nous ne comprenions pas toujours. Je me demandais tant comment ils savaient que le prix était trop cher pour ce que c'était alors que moi, ça me paraissait tellement beau, et je ne
comprenais rien, encore une fois je ne comprenais rien, je n'arrivais pas à articuler mon monde au leur.

Le vent qui souffle 03/02/2014 11:46



N'est-ce pas cette incompréhension fondamentale qui nous pousse à écrire? Comme j'aime lire et relire les pages inspirées par l'enfance que vous-même écrivez aux bords des mondes!