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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 23:04

Il m'est arrivé une chose étrange... Pendant quelques heures, j'ai perdu une partie de ma mémoire. Mais je n'ai aucun souvenir de ces quelques heures. On me l'a raconté. Quand j'ai repris conscience, j'ai douté de la pertinence des témoignages. Pas longtemps. Car les personnes qui avaient été présentes n'avaient pas l'air de rire et la façon dont je me souvenais qu'elles se comportaient dans le continuum espace-temps normal était on ne peut plus sérieuse. J'avais rétrogradé dans le passé au niveau des années 2000/2004. L'année 2013 me paraissait relever de la science-fiction. Les événements de la décennie écoulée s'étaient effacés de ma mémoire. Ce qui m'étonne le plus n'est pas tant leur disparition cognitive que l'effacement total des affects qui leur sont liés. Ainsi donc, ce qui me tient tant à coeur et dont j'ai retrouvé l'importance en même temps que la mémoire n'existait plus dans le champ de mes émotions? Comme si j'avais été égarée dans un couloir du temps sans rapport avec le monde réel qui était pourtant encore le mien au moment de la privation de mémoire. Evidemment, ce genre d'expérience pose la question de l'identité. Qui suis-je s'il peut arriver que je ne sois plus moi? J'étais dans la position d'un-e humain-e victime d'une machine à remonter le temps et coincé-e dans une portion du passé. Les autres me parlaient depuis l'avenir. Ces autres connaissaient avec exactitude la partie de mon passé qui était devenue pour moi un avenir que je pouvais certes m'efforcer d'imaginer en fonction  des désirs que je projetais à l'époque où j'avais régressé mais dont j'ignorais totalement la teneur précise. Retour vers le futur? On m'a dit aussi que je posais sans cesse les mêmes questions car j'oubliais instantanément les réponses. Un jour sans fin? L'imagination des cinéastes a peut-être reçu le coup de pouce d'un "ictus amnésique" tel que celui que j'ai subi. Le hasard veut que j'aie commencé une série de textes censés avoir été écrits en 2028. Aurais-je déjà vécu à l'horizon de cet avenir? Qu'est-ce que la prémonition? Aurais-je fait une sorte de rêve dont je ne me souviendrais pas mais qui me laisserait un vague goût de "déjà vu, déjà oublié"? Dans ces conditions, puis-je encore dire Cogito sum? Et si nous étions collectivement enfermés dans une sorte d'illusion? Il me plaît parfois d'imaginer que le couloir de temps dans lequel nous vivons débouche sur une espèce d'espace-temps paradisiaque qui dénouera un jour tous nos problèmes. Comme le petit prince de Saint-Exupéry quand il désire retourner dans sa planète, il nous faudrait pour l'atteindre abandonner sur place l'écorce de nos corps. Mais que garderions-nous alors de nous-mêmes? J'aime les contes. Je préfère oublier que ma mémoire est corporelle et qu'elle s'anéantira vraisemblablement tout entière en même temps que s'effondreront mes neurones au moment de ma mort. Mais, qui sait?...   

 

 

 

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Published by Le vent qui souffle - dans chronique
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commentaires

Isabelle Pariente-Butterlin 01/09/2013 06:48


Touchée, infiniment, je dirais bouleversée par votre expérience angoissante, et que vous racontez, me semble-t-il, avec moins d'angoisse que je n'en éprouve à la lire, mais je me trompe peut-être
et peutêtre n'avez-vous tout simplement pas fait passer l'angoisse au premier plan. Juste une remarque à votre texte époustouflant : je me pose souvent la question du rêve, et la seule réponse à
laquelle je m'en tiens et que, tant que les autres semblent faire le même rêve que moi, ce doit être la réalité. Mais c'est sans certitude.

Le vent qui souffle 01/09/2013 11:02



Merci, chère Isabelle, pour votre lecture si attentionnée. Même au prix de l'illusion, je pense qu'il nous faut aménager nos rêves pour les rendre vivables. Et ne pas oublier que l'enjeu est
toujours collectif. On ne se sauve jamais tout seul, ou si mal. Je voudrais avoir la force de vouloir rester reliée au monde quelles que soient les circonstances. Mais je ne suis pas sûre de mes
forces. Nous ne sommes sûrs de rien. Notre liberté consiste peut-être seulement à décider de la direction dans laquelle nous souhaitons marcher, et à le vouloir, même si, in fine, nous nous
révélons incapables de la suivre...