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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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Ballet d'oiseaux

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Impossible livre

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    déploiement géométrique, sonore, temporel

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     Rose des vents/Prendre le large/

25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 11:33

Le dossier d'une chaise brisé net, un carreau manquant à la double porte vitrée de la salle de séjour, un rectangle plus clair sur le papier peint au-dessus du bahut à l'emplacement d'un cadre, tout n'était pas toujours réparé, ou réparable. Les stigmates s'accumulaient. Avec eux le découragement, l'insécurité, l'effroi peut-être devant la force répétitive des assauts, suintaient de chaque meurtrissure du mobilier ou du corps même du logement, papier arraché, peinture étoilée d'éclats noirs, raccords qui témoignaient à la fois d'une volonté de contenir la montée du sinistre, et de son échec. Au-delà des blessures visibles, une sensation intense de vide donnait le vertige, criait la souffrance. Les objets familiers, utilitaires ou décoratifs, qui font l'âme d'une maison, souvenirs, cadeaux, bibelots de toutes sortes et de toutes provenances, que l'on expose avec soin et plus ou moins de goût sur les murs, les étagères, les dessus de cheminées, de tables, de commodes, consoles, meubles divers, avaient presque totalement disparu, et ceux qui avaient résisté aux précédents cataclysmes semblaient attendre passivement, comme les quelques raccords de peinture et de papier qui avaient pansé les premières plaies, la prochaine lame de fond, le prochain raz-de-marée qui les emporterait, projetés, fracassés contre les parois déjà couvertes de contusions de l'appartement, qui avait perdu sa fonction de refuge. L'enfant avait pâli, s'était immobilisée devant l'entrée, raide, le visage contracté, le regard dur, dressant l'obstacle de sa petite personne pétrifiée entre la porte et le reste du monde, comme pour faire barrage au spectacle lugubre qu'elle découvrait à nouveau comme si c'était la première fois, l'empêcher d'être vrai, contenir sa réalité - pénétrer complètement dans l'appartement, ce serait l'accréditer - repousser la nudité brutale des choses, fermer les yeux sur ce cauchemar, introduire ses parents pacifiés dans son rêve intérieur... Elle restait clouée sur le seuil, comme à la limite, à la frontière entre deux mondes aux forces contraires qui s'annihilaient en l'empêchant de bouger. La porte, en quelques secondes, avait été ouverte et refermée sur une scène qui n'était que la répétition de scènes antérieures et de scènes à venir, se contenant les unes les autres comme des images reflétées à l'infini par quelque jeu de miroirs... Des secondes corrosives comme des gouttes d'acide, qui avaient réussi à transpercer la verrière protectrice de la vitrine aux souvenirs. Mais sa voisine Monique, le dos contre la porte, lui faisait face en souriant, l'air de rien...

 

 

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Published by Le vent qui souffle - dans l'avenir improbable
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