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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 00:04

Combien de briques nettoyais-je sans les casser quand je rentrais de l'école? Etait-il bien sûr que le marteau dût se faire léger à la surface de chaque brique?... Le burin n'avait-il pas la vocation d'un ouvre-boîte?... Non, c'était plutôt comme un jeu d'écriture. Stylet contre tablette à écrire. Assise à même le sol, la brique calée entre les genoux, le marteau dans la main droite, le burin dans la gauche, je gravais des hiéroglyphes que de grands savants découvriraient un jour au pied d'une pyramide, de gauche à droite point à la ligne, les phrases défilaient sur cet écran de terre cuite, les mots creusés-creusets recevaient de moi seule leurs formes indéchiffrables, scribe anonyme devant l'éternité. La tâche me paraissait grandiose comme l'amas de ruines réunies, élevées-effondrées, dans le jardinet. Les petits coups frappés doucement redonnaient vie aux formes délivrées du vieux mortier. La brique nettoyée de son histoire ancienne recevait le baptême dans la bassine à côté. Puis, déposée-rangée sur une bâche propre, en attendant que la Parole Neuve la prenne, elle formait avec les autres, serrées en bloc compact, un monument de lourd silence...

Quand mes doigts étaient trop engourdis, les outils prévoyants leur échappaient sans histoire. Alors, je contemplais le début du grand ouvrage que j'avais entrepris, le petit cube de briques propres élevées cinq sur cinq sur le carré de la bâche, et, en comparant ce dé-jouet à la montagne de ruines qui restaient à nettoyer, je me sentais un peu, toutes proportions gardées, comme David face à Goliath...

 

Couleur sienne, éditions La Chambre d'échos.  

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Published by Le vent qui souffle - dans extraits Chambre d'échos
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commentaires

Lucien Suel 29/11/2012 13:21


J'ai bien pratiqué cette humble activité... J'aime la façon dont vous l'évoquez, l'inscrivez dans l'histoire humaine. A l'époque, on n'utilisait pas encore le mot "recyclage"

Le vent qui souffle 29/11/2012 20:18



Merci de votre lecture. Mon père récupérait de vieilles briques qu'il transportait dans une brouette et déversait dans la cour. Pour moi, c'était un jeu fantastique! Des "legos", mais en vrai!