Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
  • Contact

Recherche

Autoportrait

         Qui étais-je vraiment? /

Ballet d'oiseaux

          au bord de la mer  

Impossible livre

      Mots

    déploiement géométrique, sonore, temporel

Les mots/"Sons" dessus dessous?/Où (hou!hou!) sont les sons?/Sur les ondes/Tout se jouait entre deux mots qui se fuyaient/Ecrits déchirés/Les mots me manquent/Mots à profusion/Fond et forme/L'art de combiner les sons/Passerelles de mots/Sous le couvert des mots /Ma voix résonne dans le désert!/C (Qu) antique/Mots creusés-creusets /Mots interdits /Mots /                       

       Motifs

     Leitmotiv/    

         Ombres

     Point de rencontre /Aboli bibelot /Portrait/  

         Images

     Images découpées/La dernière image de lui/ Autoportrait /  

          la lettre i

     Démolition/DESPERADO/Eperdument/  

           immense

     Un océan à traverser/Plans sur la comète, rêverie géante.../  

            improvisations

     Nécessité fait loi?/ Chevauchée fantastique/  

             invisibles frontières  

     Moi et/ou moi/Acrostiche/Du trajet au destin (tragédie?)/Elle ourlait le bord des précipices.../Incertains rivages/L'usine/Couloirs du temps/  

          itinéraires

     Rose des vents/Prendre le large/

19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 00:04

Lucien n'était plus un enfant. Il était entré dans le monde des adultes à l'âge, très exactement -  il tenait à cette précision - de onze ans et dix mois. Ses premières journées à l'usine resteraient gravées dans sa mémoire jusqu'à sa dernière heure, comme plus tard en mai quarante l'épreuve du feu. Le bruit assourdissant des métiers, le brouillard qui flottait perpétuellement dans l'atelier pour humidifier les bobines de fils, les vociférations du contremaître, les exigences jamais satisfaites des ouvriers vis-à-vis du petit bleu, les mauvaises plaisanteries, mais aussi la première cigarette offerte comme une consécration par un vétéran à l'occasion d'une pause trop rare, l'impression que la journée de travail ne finirait jamais, la soupe du soir avalée en dormant à moitié, les jambes en coton pour avoir cavalé partout aux ordres de tout le monde, la sensation bizarre de ne plus être soi-même, d'avoir mis le pied dans une espèce d'enfer qui allait durer toute la vie, cette coupure, cette rupture insoupçonnable entre le monde d'avant, celui de l'enfance, celui des jeux et de l'école, même si les problèmes des grandes personnes atteignaient souvent les petits, et cette atmosphère de travaux forcés à perpétuité qui avait subitement fermé d'une chape de plomb l'horizon de tous les possibles, en quelques jours, dominant vertige et souffrances, soutenu par la fierté de recevoir sa première paye qu'il déposerait devant les parents du même geste assuré que ses frères, Lucien était devenu un homme...

Partager cet article

Repost 0
Published by Le vent qui souffle - dans in memoriam
commenter cet article

commentaires