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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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         Qui étais-je vraiment? /

Ballet d'oiseaux

          au bord de la mer  

Impossible livre

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     Rose des vents/Prendre le large/

16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 00:04

Je ne suis jamais retournée à B. Ce que je connais de la ville, c'est beaucoup ou c'est peu? Je suis restée une étrangère. Je n'ai pas su comment la voir sauf peut-être une fois, le jour où monsieur Jaffredou, le monsieur J. des Mots mêlés , nous en a fait la visite guidée. "Une visite à ma façon!" avait-il dit. Et sa façon, c'était de nous montrer la ville fantôme, celle d'autrefois ou plus exactement, la faire imaginer en nous la décrivant, au-dessous de la vraie, la vivante, la ville de surface, construite après la guerre sur les gravats de l'autre qui lui font un remblai où elle pousse en plein vent. On commençait devant l'hôtel de ville. Il y avait deux anciens: Edmond et Marguerite, quatre jeunes, une bibliothécaire, un appelé et moi. Nous avons fait semblant d'ouvrir la vieille porte barrée par une forte grille. Passée la porte, quel changement! La rue de Siam a perdu sa courbe, la rue Pasteur sa pente, entre les deux plus d'escaliers ni de relief. La première ville est dessous, son tracé, ses talus, dix ou vingt mètres sous nos pieds, tous débris confondus, arasés, surmontés d'une vaste plateforme sur laquelle l'architecte a posé une ville neuve aux rues plates, alignées qui sont chacune pour le vent d'ouest un couloir et un porte-voix. Nous arrivons dans l'ancien coeur, près de l'eau, près du bras de mer qui entre dans les terres, confisqué à présent, dans ses abords, par l'arsenal qui se taille depuis toujours, ici, la part du lion, interdit aux civils et trop en contrebas, trente mètres, inaccessible, sauf tous les deux ans, les vieux gréements des affiches, qu'on laisse entrer pour la fête. Nous avons regardé les bateaux gris depuis le pont de Recouvrance, nous avons marché jusqu'au château, longé le cours Dajot qui surmonte le port de commerce que la ville ne regarde plus. Que regarde-t-elle alors? Le large? Le vide? Rien? Ce qui est perdu? Elle meurt, elle est en vie? Laquelle des deux villes? La morte en-dessous, bien morte sous les remblais? La vive, par-dessus, qui usurpe son nom? Laquelle des deux est le fantôme de l'autre? 

 

Danielle Auby, Les corbeaux volent sur le dos, éditions La Chambre d'échos.    

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Published by Le vent qui souffle - dans extraits Chambre d'échos
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