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  • : le vent qui souffle
  • le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 00:04

 

Le tiers livre et Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de « vases communicants » : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement…  Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.

 

La liste complète des participants est établie grâce à Brigitte Célérier.


Aujourd’hui, j’ai le grand plaisir d’accueillir ici Dominique Hasselmann tandis qu’il me reçoit sur son blog Métronomiques.  

 

________________________________  

 

 

 

    Tu te souviens quand nous étions partis jusqu’en Irlande du Nord, à Belfast, en 1970 ? Tu étais prof d’anglais à Dole (Jura), en plus ça pouvait servir là-bas, et j’aimais l’accent sortant de ta bouche maquillée.

 

    Je conduisais ma Coccinelle rouge – « Keep left ! » indiquait le papillon que l’on m’avait collé sur le pare-brise, juste à la sortie du ferry – et je faisais surtout attention aux carrefours, drôles de sensations au début.

 

     La traversée de la mer d’Irlande avait été horrible : une véritable tempête, je fus malade comme un chien alors que toi, tu tenais à peu près le choc, et avec le sourire. Dans les coursives, ça sentait le vomi, tout basculait sans cesse d’un bord à l’autre, j’aurais voulu mourir ou dormir, ne plus être trimballé comme un fétu de paille sur des vagues impitoyables.

 

     Puis nous sommes arrivés, le « conflit » durait toujours : dans Belfast, les jeeps militaires fonçaient à toute allure, vitres grillagées, et les patrouilles à pied des soldats se faisaient avec certains d’eux marchant à reculons pour se protéger d’attaques dans le dos. Des murs séparaient la ville, comme à Berlin. Il y avait déjà de grands portraits peints sur les murs de briques, mais ce n’était pas encore ceux des morts du « Bloody Sunday » de 1972 (Paul Greengrass, le bien-nommé, en fit plus tard un film en 2002).

 

     En 1992 sortait sur les écrans The Crying Game, de Neil Jordan (1992), un film très fort sur l’engagement dans l’IRA. Quelques années passaient et Sorj Chalandon publiait Mon Traître  (Grasset, 2008) et je retrouvais dans ce livre Belfast telle quelle – mais j’avais perdu depuis longtemps ma prof d’anglais.

 

     Alors, quand j’ai reçu la photo ci-jointe prise à Derry (ne jamais dire Londonderry !), même si nous n’étions pas allés dans cette ville, haut-lieu de la résistance aux troupes anglaises, j’ai reconnu ce type de paysage, l’herbe verte comme l’une des bandes du drapeau, la couleur indéfinissable du ciel, les maisons alignées comme des corons du Nord de la France, et ces peintures murales représentant des scènes et des figure d’hommes ou de femmes plutôt que des signes parfois cabalistiques.

 

     J’aperçois aussi le Bogside, ce quartier célèbre, et un pub à son nom, puis un mini-market intitulé Little Richard (rock against the bullets), puis, sur la gauche, après ces immenses visages qui nous dévisagent, un bâtiment bleu avec des tuyaux jaunes comme un Centre Pompidou en réduction.

 

     Cette photo ressemble finalement à une peinture : celle de souvenirs approchants ou à l’approche desquels ralentit le moteur du navire avant l’accostage au port.


 

S 5 Estampe

 

      texte : Dominique Hasselmann

      photo : Françoise Gérard

 

 


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Published by Le vent qui souffle - dans vases communicants
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commentaires

François Le Niçois 12/02/2014 12:38


Je n'ai jamais mis les pieds en Irlande mais j'ai vu tous les films cités dans l'article et je viens de voir Mon traître de Sorj Chalandon au théâtre, alors oui, je m'en souviens. Merci

Le vent qui souffle 19/02/2014 13:03



Merci à vous pour cette visite et ces quelques mots semés au passage...



Dominique Hasselmann 08/02/2014 10:22


@ PdB : vaut toujours le déplacement (moins touristique que la Turquie)...

PdB 07/02/2014 17:50


le gris du ciel et le vert de l'herbe, le gris de la pluie comme le vert de l'eau, belle image et beau souvenir (mais la guerre...) (bien un endroit oùj'aimerai aller tiens)

Dominique Hasselmann 07/02/2014 11:09


@ Dom A/ : j'avais oublié de mettre ton nom avant le commentaire donc ma réponse est parue avant celui-ci (sur le plan apparent)... :-)

Dominique Hasselmann 07/02/2014 11:08


@ giovanni : l'Irlande possède un charme puissant, même par temps de guerre heureusement révolu...